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 On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥

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Evalyn P. Walker
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MessageSujet: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Dim 18 Jan - 18:31


Vendredi matin. Je prépare le petit déjeuner, en attendant que mon fils se lève. Aujourd’hui, j’ai pris un jour de congé parce que les locataires doivent me rendre les clés dans la matinée. Ça fait un moment que je ne suis pas allée dans cette maison. Je n’avais pas pu la vendre, j’avais préféré la louer. Peut-être que j’aurais dû la vendre. Après tout, s’était qu’une maison. Mais j’avais trop d’attache pour faire ça. S’était ma maison. Notre maison. Celle dans laquelle on aurait dû être heureux tous les trois. Celle dans laquelle Freddie aurait dû grandir. Tout simplement, celle dans laquelle on aurait vivre heureux. Mais c’est comme ça, la vie ne fait pas de cadeaux. Et malheureusement, il est impossible de revenir en arrière. Les pas de Freddie me sorte de ma rêverie. Je lui souris et le serre dans mes bras, avant de lui préparer ses tartines. J’ai toujours gardé le sourire pour lui. C’est ma force. C’est lui qui me donne l’envie de me battre jour après jour. Je le laisse manger tranquillement devant son dessin animé préféré, et je pars me préparer. Une fois que je fus habillée, je débarrasse la table tandis que Freddie part se préparer pour l’école. Quelques minutes plus tard, on part en direction de l’école. Pour la énième fois, il me demande de monter à l’avant mais je refuse. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

Je le dépose devant l’école. Il me fait un bisou. C’est mignon, il n’a pas encore honte de moi. Je le regarde partir en direction de l’école, puis redémarre la voiture en direction de mon ancienne maison. Les heures de pointent se font sentir puisque des bouchons surgissent les uns, après les autres. Je mets un peu plus d’une vingtaine de minutes pour arriver devant. Je me gare juste devant l’allée. Ça fait bizarre de revenir. Je me décide enfin à ouvrir la portière de ma voiture. D’ailleurs, cette voiture avait bien une dizaine d’année puisque je n’avais jamais changé. J’aurais pu en prendre une autre. Plus récente. Plus jolie. Plus sécurisée. Mais je n’avais pas eu l’envie de faire le tour des concessionnaires automobiles. Je me dirigeais donc vers la porte, appuya sur la sonnette. Une minute même pas plus tard, j’étais face à mes locataires. Je leur fis signer les derniers papiers administratifs et ils me rendirent ensuite les clés. Je refermai la porte et resta quelques minutes dans cette maison. Je pris place sur les marches d’escaliers et regarda en face de moi. Il ne fallait surtout pas que je pleure. Ma sœur avait raison sur un truc : il fallait que j’arrive à surmonter tout ça. Mais bien que cela fasse huit ans qu’il n’était plus là, je n’arrivais pas à passer au-dessus. S’était beaucoup trop dur.

Après une bonne quinzaine de minute, assise sur les escaliers, dans le silence le plus total, je trouvais enfin la force de me lever. Je me dirigeais vers la porte d’entrée. De toute façon, je reviendrais sûrement pour donner les clés aux nouveaux colocataires. Je sortis donc et referma la porte derrière moi. Laissant tous les souvenirs enfermé dans cette maison.
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Brooks J. Keating
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Lun 19 Jan - 15:27

Evalyn & Brooks
On oublie jamais rien, on vit avec

J’avais beau avoir travaillé toute la journée et même une partie de la nuit de la veille, je n’avais pas réussi à trouver le sommeil malgré tout, étant beaucoup trop fébrile pour fermer l’œil. Ce n’était pas pour rien, après tout, et j’avais toutes les raisons de l’être; j’avais pris la décision que c’était en ce vendredi, en cette journée bien précise, que j’allais retourner à cette maison qu’Evalyn et moi avions acheté ensemble, dans cette maison où notre fils avait vu le jour et avait grandi au moins deux ans de sa vie. Pourquoi cette journée exactement ? Non seulement parce que je sentais que j’avais finalement le courage et la stabilité pour me présenter à ma femme et mon fils après huit années d’absence, mais également parce qu’aujourd’hui, cela faisait douze ans que j’avais déclaré ma flemme à Evalyn pour la première fois, et même si c’était une date futile, beaucoup plus que le jour de notre mariage, je ne l’avais pas oublié, d’autant plus que me connaissant, jamais je n’aurais su attendre au jour de notre anniversaire pour la revoir. C’était aujourd’hui ou jamais que je me devais de le faire.

Sachant pertinemment que peu importe combien de temps j’essayais, je ne trouverais pas le sommeil, je m’étais finalement résigné à me lever. Je pris une douche, me rasai minutieusement et même plus encore, je m’assurai que je n’avais pas une mèche de cheveux de travers alors que normalement, je me moquais que trop peu de mon apparence, tant que je ne paraissais pas pouilleux et sale comme je l’avais déjà été. Après un petit déjeuner qui se résuma à un café noir bien serré puisque je n’aurais pas été capable d’avaler quoi que ce soit d’autre, je m’étais rendu dans ma chambre afin d’y enfiler la seule chemise que je possédais, ainsi qu’un jean foncé, ce qui lui donnait quand même une allure propre. J’attrapai le cadeau que j’avais emballé pour Freddie, notre fils, en espérant sincèrement que cela lui plairait, même si, à mon grand désespoir, je ne connaissais pas ses goûts, et sans attendre plus longtemps, je pris mes affaires, je sortis, et j’enfourchai ma moto. Avant de me rendre à la fameuse maison, je fis un arrêt chez un fleuriste, histoire d’y trouver un bouquet de fleurs pour Evalyn, et finalement, je me rendis là où je souhaitais être en cet instant précis, le cœur battant la chamade et les mains tremblantes.

Au moment où je retirai mon casque pour le mettre dans le coffre de ma moto et que je m’approchai lentement, mais sûrement, je vis soudainement une silhouette familière qui fit en sorte que je sentis mes jambes faiblir momentanément sous mon poids. Même après huit ans, je saurais la reconnaître entre mille, puisqu’à mes yeux, elle était restée et resterait toujours la plus belle femme du monde; Evalyn. Celle-ci venait tout juste de sortir de la demeure, à croire qu’elle partait pour aller travailler ou quelque chose du genre, mais Freddie n’était pas là. Avait-il congé ? Était-il déjà à l’école, je n’en savais rien, et ce n’était pas la question à me poser en ce moment. Me ressaisissant une bonne fois pour toutes, je m’approchai on ne peut plus nerveusement de cette femme, ma femme, et d’une voix rauque, je dis : « Ev… Evalyn. », ne sachant que dire d’autre, guettant sa réaction avec une nervosité si énorme que je ne savais même plus quoi en faire.
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Evalyn P. Walker
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Ven 23 Jan - 22:43


Parfois, on a l’impression que le sort s’acharne sur nous. Il a décidé qu’on n’aurait pas une vie heureuse et il met tout en œuvre pour y arriver. Je ne dis pas que depuis le départ de Brooks, j’étais malheureuse. J’avais un fils génial qui faisait tout pour que je garde le sourire. Mais je n’arrivais pas vraiment à aller de l’avant. Lorsqu’un homme m’approchait, je fuyais presque automatiquement. J’avais l’impression de tromper Brooks en allant voir ailleurs. Au final, ce n’était pas totalement puisque vue d’un point de vue légale, nous étions encore mariés. Bref, il fallait que je me fasse une raison. Il ne reviendrait sûrement pas. Freddie grandirait sans son père et Brooks aura que très peu connu son fils. C’est la triste réalité. Pourtant, j’aurais donné n’importe quoi pour revenir quelques années en arrière. Juste pour le retenir ou tout simplement lui dire un dernier au revoir. Je finissais de fermer la porte à clé lorsque j’entendis une voix masculine. Une voix que je connaissais que trop bien. Je restai quelques secondes bloquées face à la porte. Je devais certainement être en train de rêver. Je ne voulais pas me retourner. J’avais peur que ce ne soit qu’une hallucination. J’enlevais les clés de la serrure, puis me retourna et fit face à… Brooks. J’avais l’impression de rêver, d’être entrée dans la quatrième dimension. Tant et si bien que les clés me glissèrent des mains pour tomber au sol. Je mis quelques secondes à percuté que ce n’était pas un rêve.

« Brooks… »

Je me dirigeais ensuite vers lui d’un pas rapide, laissant les clés que je n’avais pas ramassé par terre. Je finis par le prendre dans mes bras, juste pour sentir qu’il était bien réel et que ce n’était pas qu’un rêve. Je m’écartais ensuite et le regardait, comme si s’était la première fois que je le voyais. J’essayais au maximum de cacher l’émotion. Il ne fallait pas que je pleure. Pas devant lui en tous cas. Après quelques minutes, j’ajoutais :

« Je… J’pensais pas que je te reverrais un jour. » Je marquais une brève pause et ajouta : « Tu... Tu m’as tellement… Manqué. »

Je détournais les yeux qui devaient sûrement être plein d’eau. Et je ne voulais pas craquer devant lui. J’avais toujours voulu paraître forte aux yeux des autres et ce n’est certainement pas maintenant que j’allais commencer. J’essuyais rapidement une larme qui coulait sur mon visage, avant de regarder de nouveau Brooks. Je lui souris. Tout le monde m’avait dit d’arrêter de croire qu’il était encore en vie. En réalité, je crois que lorsqu’on est amoureux on peut sentir si la personne est encore vivante ou non. Néanmoins, j’étais heureuse. Même plus que ça. S’était un sentiment tellement positif qu’il n’y avait aucun adjectif qui pouvais le qualifier. On n’allait pas rattraper huit ans comme ça, mais il était hors de question que je le laisse repartir, à présent.
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Brooks J. Keating
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Ven 30 Jan - 15:10

Evalyn & Brooks
On oublie jamais rien, on vit avec

Attendre la réaction d’Evalyn me parut tout simplement interminable. Je ne savais pas quoi faire, sauf demeurer impassible tandis que je remblais de tous mes membres. Alors que je la voyais se retourner, puis me regarder sans boucher, apparemment aussi bouche-bée que je pouvais l’être en ce moment, je sentais mon cœur battre toujours plus fort, comme si celui-ci allait bondir de ma poitrine. Quelle ne fut pas mon envie de me précipiter sur elle, la prendre dans mes bras, l’embrasser comme jamais je ne l’ai fait ? Et pourtant, je ne fis rien de tout cela, puisque je ne savais pas ce qu’elle pourrait croire, ce qui avait pu se passer ces huit dernières années. Après tout, elle aurait très bien pu passer à autre chose, ou pire encore, peut-être allait-elle m’en vouloir d’être parti comme ça, même si je ne pouvais rien n’y faire, et revenir comme une fleur, comme si rien ne s’était passé. Elle aurait le droit, après tout, puisqu’il était vrai que je n’avais jamais eu l’occasion de lui expliquer quoi que ce soit, et que j’aurais pu revenir vers elle bien avant aujourd’hui, même si mon amour-propre ainsi que mon amour pour elle me l’avaient interdit jusqu’à ce jour bien précis.

Quoiqu’il en soit, puisque tous les scénarios étaient plausibles dans ma tête, je ne sus pas, dans un premier temps, ce qu’elle ferait au moment où elle prononça mon nom et s’avança dans ma direction tandis que pour ma part, je n’arrivais pas à bouger un pouce. Puis, à ma grande surprise, et surtout à mon grand soulagement, je sentis ses bras passer autour de moi, ce qui eut pour effet de me détendre immédiatement. Je me rendis compte à ce moment à quel point son contact avait pu me manquer, à quel point j’avais besoin d’elle, j’avais besoin de la sentir vivante, contre moi. Sans me faire prier, j’imitai son geste, et sitôt que j’eus passé mes bras autour d’elle, je la serrai dans mes bras avec bonheur, en profitant au passage pour me délecter du contact de sa peau, du parfum magnifique qu’elle dégageait, celui dont je n’aurais jamais pu oublier l’odeur. J’aurais voulu que cette étreinte dure encore longtemps, une éternité même. Je ne voulais plus qu’elle quitte mes bras, je ne voulais plus jamais la quitter, plus jamais. Toutefois, il fallut mettre fin à cette étreinte, et ce fut Evalyn qui le fit au moment où elle me dit que je lui avais manqué. Cela me fit chaud au cœur et me fit de la peine en même temps, puisque j’aurais aimé ne jamais lui faire une telle frousse, m’éloigner de ma famille ainsi, la laisser élever notre fils seule… Si elle me laissait revenir dans leur vie, plus jamais je ne ferais cette erreur, plus jamais. Pour le moment, puisque je n’étais sûr de rien, la seule chose que je sus lui dire, ce fut : « Tu m’as terriblement manqué toi aussi… Vous m’avez manqué… » Par mes mots, je sous-entendais également que notre fils m’avait également manqué comme pas possible, mais probablement jamais autant qu’elle, ou du moins, pas de la même façon. Puis, d’une main toujours un peu incertaine, je passai mon doigt sous son menton afin que je puisse la regarder dans les yeux, puis il poursuivit sa course sur sa joue tandis que je lui murmurais doucement : « Tu es si belle… » comme si je la voyais pour la première fois. En fait, c’était un peu comme tel, mais là, je me rendais comme que jamais rien ni personne ne pourrait contredire ce que j’avais toujours su; elle était la plus belle femme du monde, l’était restée, et le resterait toujours.
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Evalyn P. Walker
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Mer 18 Fév - 18:14


Vous avez déjà ressentis un amour comme celui-là ? Le genre d’amour où on a l’impression que rien n’est impossible ? Ce même genre d’amour qui peut durer des années sans jamais s’essouffler. Depuis que je suis petite, je n’ai jamais cru au grand amour. C’est vrai, les histoires qui durent longtemps et qui ressemblent à des contes de fée, ce n’était pas vraiment ma tasse de thé. Bien sûr que j’enviais Cendrillon ou Blanche Neige mais j’avais aussi ce côté terre-à-terre qui me disait de ne pas trop rêvé. Brooks et moi, s’était un peu comme un conte de fée. On s’était rencontré. On avait commencé à sortir ensemble. On s’était marié. On avait eu un fils. Une histoire d’amour comme dans les séries américaines. Mais il avait disparu. Et oui, j’avoue avoir abandonné l’idée de le revoir un jour. Mais je n’ai jamais perdu espoir. Je ne voulais pas croire qu’il était mort pour la simple et bonne raison que j’ai toujours cru que ce que je voyais. Huit longues années. Huit ans où mon fils m’avait demandé où était son papa. Huit ans où j’avais l’impression de ne pas réussir à sortir la tête de l’eau. Mais il était là. S’était comme dans un rêve. Je l’avais serré contre moi juste pour me faire comprendre que ce n’était pas un rêve. J’avais peur de me réveiller et me rendre compte que ce n’était qu’une réalité illusoire. Il me serra aussi dans ses bras. J’aurais voulu que cet instant dure des heures et des heures. Comme la première fois qu’il m’avait prise dans ses bras. Je le regardais. Il n’avait pas changé. Je répondis sur un ton doux :

« Tu as beaucoup manqué à ton fils, tu sais ? » Parce que oui, s’était la vérité. Freddie me parlait souvent de son père. Lui aussi il rêvait de voir son père franchir le pas de la porte. J’imaginais déjà sa réaction le soir-même quand je viendrais le chercher avec Brooks à l’école. Je sentis ensuite sa main sur mon mentor puis sur ma joue. Je fermai les yeux quelques secondes, juste pour savourer cet instant. On devait avoir l’air de deux adolescents qui sont à leur premier rendez-vous. Je répondis : « Merci… Toi aussi t’es beau. T’as pas changé. »

C’est vrai qu’en presque dix ans certaines personnes peuvent prendre de l’âge, mais lui n’avait pas pris une ride. S’était comme s’il n’était jamais partie. Je continuais de le regarder. J’avais tellement de question à lui poser. Où était-il ? Qu’avait-il fait ? Est-ce qu’il avait pensé à moi ces derniers temps ? Mais d’un autre côté, je ne voulais pas le saouler avec mes questions alors que ça faisait même pas deux minutes qu’on s’était retrouvé. J’attrapais alors sa main pour entrelacer mes doigts dans les siens. C’est à ce moment-là que je sentis son alliance. Il l’avait gardé. J’eus un sourire en coin et comme une gamine, je lui demandais :

« Tu l’as gardé ?... »

Question de pure rhétorique, s’était juste pour qu’il le confirme. Juste pour l’entendre dire qu’il n’avait pas refait sa vie. Je l’aimais toujours autant, si ce n’est plus.
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Brooks J. Keating
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥ Lun 23 Fév - 16:02

Evalyn & Brooks
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Même si je ressentais un profond pincement au cœur à l’idée d’avoir manqué à mon fils, puisque cela me signifiait qu’il se souvenait peut-être de moi, même s’il n’avait que deux ans lors de mon départ, je pus quand même laisser échapper un petit rire nerveux de ma bouche au moment où Evalyn me rendit ce compliment que je lui avais fait, mentionnant au passage que je n’avais pas changé au fil des années. Ce rire, aux premiers abords, pouvait sembler une réponse toute simple à ce qu’elle venait de dire, mais au fond de moi, je me disais que si elle m’avait vue il y a de cela un an, elle n’aurait probablement pas dit cela. En effet, je commençais tout juste à reprendre mes couleurs d’avant, regarder mes cicatrices disparaître, et finalement, c’était tout récent que j’avais retrouvé un poids normal et que je paraissais relativement propre, présentable. Mais ça, elle ne le saurait pas, pas dans l’immédiat en tout cas, et c’était beaucoup mieux ainsi. En effet, j’avais pris la décision de ne pas revenir vers elle avant aujourd’hui puisque je voulais éviter qu’elle prenne peur, puisqu’elle n’avait pas à souffrir de mes propres erreurs, de mes propres souffrances. Maintenant, je pouvais les lui éviter autant que possible, même si à un certain point, il faudrait que je lui explique ce qui s’était passé. Cependant, je ne pouvais pas faire cela ici et maintenant, et peut-être cela prendrait du temps avant que je lui avoue la vérité, mais je m’en moquais. Maintenant, je l’avais retrouvée, je l’avais tenue dans mes bras, et ça, ça venait de faire mon bonheur. L’avoir près de moi, entendre sa voix, savoir que celle-ci ne me repoussait pas pour le moment, c’était assez pour faire battre mon cœur à la chamade. En revanche, ce n’était rien comparativement à ce que je ressentis au moment où elle remarqua mon anneau de mariage. Lorsqu’elle me demanda de lui confirmer que je l’avais bel et bien gardée, j’eus l’impression que ma poitrine allait exploser. Par réflexe, je baissai le regard vers ma main gauche, et puisque je n’avais aucune raison d’hésiter, je lui dis, dans un souffle : « Oui… Je ne l’ai jamais enlevée. » J’avais cru bon lui préciser que je ne l’avais pas mise simplement pour venir la voir, ce qui aurait été un mensonge de toute façon. J’avais beau avoir perdu toutes mes possessions dans mon enlèvement, mais jamais personne n’avais su me retirer mon anneau de mariage, pas une seule fois. Et je m’étais accrochée à celle-ci comme ma seule marque d’espoir, ce signe comme quoi peut-être je pourrais revoir Evalyn. J’avais bien fait, puisque maintenant, elle était là, devant moi, plus magnifique que jamais. Puis, sans vraiment y réfléchir au préalable, je regardai sa main également, en particulier son annulaire gauche, là où je lui avais passé moi aussi une bague il y a de cela presque dix ans. Je fus légèrement déconcerté de me rendre compte qu’elle n’y portait rien. Je me doutais bien que cela arriverait à un certain point, surtout après huit ans, mais malgré tout, je ne pus m’empêcher de balbutier : « Et…. Et toi alors ? », la regardant timidement comme un enfant pris en faute par la suite. Je me sentais un peu mal de réagir comme cela, mais d’une certaine façon, j’avais besoin de savoir si elle était passée à autre chose, histoire de ne pas créer de malaise quelconque plus tard si jamais c’était le cas.
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MessageSujet: Re: On oublie jamais rien, on vit avec |ft. Brooks ♥

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