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 Dansons sur les mots. [Saphir]

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Jane Sawers
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◊ moving in to Buffalo : 02/01/2015


MessageSujet: Dansons sur les mots. [Saphir] Mar 6 Jan - 12:04

J’aimerais comprendre. Que ces entrelacs de lettres ne soient plus pour moi qu’un mystère d’encre oublié sur du papier fumé. Qu’elles prennent un sens, une raison d’être et m’ouvrent une porte nouvelle, ouverte sur des aventures fantastiques ou jailliraient des éclats de couleurs changeantes, livrés au règne de mon imagination.
Lorsque j’étais enfant, ma mère me contait souvent des histoires. Pour aider le sommeil à me conquérir, pour nourrir des rêves de plaines enchantés et de monstres à combattre. Sous l’impulsion de son phrasé, je devenais tour à tour magicienne, princesse ou solide guerrière. Ma mère me mettait en scène, utilisait ce qu’elle savait des mots, des livres et des légendes de nos contrées pour me livrer aux merveilles de l’ailleurs. Je me souviens de cette douceur, de ce savoir merveilleux auquel je n’eus, hélas, jamais accès. Les mots étaient menteur disait-elle. Capables du meilleur mais également du pire et qu’ils dépendaient de la main tenant la plume.
Une main tenant une plume… Image délicieuse qui peuplait mes rêves d’enfant alors que je m’imaginais à mon tour écrivaine ou conteuse. J’aurais aimée pouvoir distribuer quelques graines de poussière et offrir aux enfants du monde entier la possibilité de s’enfuir de leur monde, de leur réalité, trouver un peu de réconfort dans un ailleurs venant nourrir l’esprit et la réflexion.
Hélas, je n’étais qu’une fermière. Une enfant vivant en marge de la civilisation qui n’avait pas besoin des mots pour grandir. Tous ce que je savais, tout ce qui me construisait appartenait au savoir qu’avait bien voulu m’apporter ma mère. Ou avait-elle apprit à lire ? A écrire ? Comment connaissait-elle toutes ces histoires merveilleuses ? Pourquoi s’entêtait-elle à me laisser dans l’ignorance d’un monde regorgeant de trésors et de mystères ?

Des questions, une infinité de questions qui gagnèrent en puissance lorsqu’elle s’éteignit dans un dernier souffle emportant avec elle ses secrets, sa patience, sa force. Et, dénudée de sa présence, de sa protection, je me retrouvais livrée aux griffes des incertitudes, de ce besoin ardent de savoir, de comprendre, de connaître. Je voulais me donner la chance d’être autre chose qu’une petite fermière au savoir limitée, rognée. Je me sentais incomplète aussi, avais-je prit le pas d’apprendre à lire. Seule au début, chose impossible tant ces lettres demeuraient un mystère. Et puis, il y avait lui.
David, homme délicat, dont la douceur apaisait mon âme et me permettait de construire une relation vraie, unique. Il m’apprenait à lire et moi je l’aidais comme je pouvais hélas, mon niveau demeurait bien faible et j’étais bien loin de l’image de l’érudit qui me tenait debout, m’offrait la force nécessaire pour continuer de me battre. Selon lui, j’apprenais vite mais cela ne me contentait guère. Impuissante, voilà comment je me sentais.
Mais, qu’importe. J’étais déterminée et, quand bien même j’avais l’impression de désobéir à ma mère je ne pouvais m’empêcher de ressentir une excitation brulante lorsque je mettais dans mon sac « le Petit Prince » et que je prenais la route pour Buffalo. Certes, il me fallait parcourir trois heures de route, route enneigée, glissante mais pour rien au monde je n’aurais loupée ma séance de lecture de la semaine à la bibliothèque.

J’aimais cet endroit, pour ces richesses, pour son silence, pour son parquet usé par les années, hurlant sous mes pas légers, discrets, comme si j’eus peur d’éveiller des fantômes endormit. Peut-être y’en avait-il. Par centaines peut-être, tous renfermés dans ces livres dont je caressais la couverture, envieuse, déchiffrant avec peine les titres des ouvrages.
Il n’y avait personne aujourd’hui. Seule demeurait le vieux Folls qui, à moitié assoupi sur un vieux livre de Zola, luttait péniblement contre son envie de fermer boutique plus tôt que prévue.
Malheureusement pour lui, je ne comptais pas partir tout de suite et, c’est l’esprit serein que je m’installais à la table centrale, sortais mon livre de mon sac que je déposais religieusement face à moi. Prenant mon souffle, je jetais un dernier regard autour de moi, m’assurant de ma solitude avant de reprendre ma lecture.
« Lorsque j’avais six ans j’ai vu, une fois, une magnifique
image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s’appelait « Histoires
Vécues ». Ça représentait un serpent boa qui avalait un
fauve. Voilà la copie du dessin. »

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Douce sauvagerie
Le véritable amour, il est sauvage, ce n'est pas un jardin qu'on cultive.× by lizzou.
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Saphir L. Keegan
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◊ moving in to Buffalo : 01/09/2014


MessageSujet: Re: Dansons sur les mots. [Saphir] Jeu 8 Jan - 20:16


’Dansons dans les mots ft Jane

   
Ce lieu est pour moi comme le contenu d’un coffre au trésor, mes yeux s’illuminent de mille feu, un petit paradis dans cette ville en ce lieu-dit. L’odeur du papier vieilli, le contour des pages jaunis, cette sensation si agréable quand mes doigts parcours l’ouvrage … J’ai entendu dire qu’il existe des versions numériques maintenant comme si on lisait sur un ordinateur, mais je dois dire que je n’en comprends pas vraiment l’intérêt . Il faut dire que lorsque je me suis enfuie il y avait énormément de livres dans ma valise peut-être plus au final que les vêtements , chaque fois que je parcours un de ces ouvrages des souvenirs intactes malgré les années passées me reviennent , un sentiment qui m’envahit comme-ci on m’enveloppait dans quelque chose de si doux que c’est réconfortant, l’odeur de ma mère me revient alors , c’est ma madeleine de Proust à moi tout simplement .
Il faut dire que j’ai appris à lire dans des circonstances qui ne sont pas vraiment conventionnels traditionnellement on apprend cela à l’école, cependant ce ne fut pas mon cas mon père était paix à son âme le genre d’homme qui pensait que savoir lire pour une femme ce n’était pas une chose disons prioritaire . Non pour lui tant qu’une femme sait exécuter des tâches ménagères et aider son mari, dans le travail à la ferme ainsi elle est bonne à mariée donc cela suffit vous suivez ?!Eh oui parfois vous l’oubliez mais malgré mon âge je n’ai pas vécu au vingt et unième siècle, je connais ce siècle et sa modernisation il y a un peu plus de dix ans alors imaginez le choc !
Dans chaque ville que j’ai traversée, ma première priorité était de trouver la bibliothèque mon refuge à moi, après tout c’est mieux qu’un squat ! Des que j’ai un ouvrage dans les mains je me rappelle de moi et Elliot le soir , nous descendions en tentant de faire le moins de bruit possible éclairer à la bougie, et la pendant une partie de la nuit il m’apprenait à lire, certes je savais un petit peu à force de lire les recettes de cuisine de mes mamans en les aidant, mais ce n’était pas pareil. La lecture en elle-même était beaucoup plus complexe ;  il me  fallut beaucoup de patience et de douceur à mon grand-frère pour que j’apprenne.
Evidement le premier livre que nous avons appris c’est le livre sacré La bible enfin je n’avais pas à faire semblant de les savoirs à la Messe enfin papa tenait à ce que je connaisse des versés, mais comprendre le sens des mots, c’est autre chose , je ne serais expliqué mais il y a une différence entre lire, parce qu’on vous le dit et comprendre ce que vous lisez. Les lettres assemblées ainsi forme des mots qui suivant leur place ont une signification différentes et cela m’a fasciné dès le plus jeune âge.
Heureusement qu’Elliot était là pour m’apprendre, l’aîné de notre famille nombreuse qui lui ne pensais pas comme papa, il se disait que la lecture était la première forme de liberté à laquelle nous avions accès, nous les enfants .
Les autres femmes de mon père se rendirent compte bien vite que je savais lire mais jamais elles ne le dirent à mon père, par la suite tout comme Elliot j’appris à nos sœurs à lire en secret, quand vint l’adolescence je me découvris une vraie passion pour les livres . Bien-sûr j’ai commencé par des livres peu compliqués surtout de la poésie en fait, et petit à petit Elliot me passait les siens . C’était pour moi les cadeaux les plus précieux du monde sans exagération , de grand auteur des siècles passés des classiques en sommes de la littérature, ou encore les contes de noël, petit à petit mes goûts ont évolués. J’ai toujours dans mon portefeuille se papier plié en quatre sur lequel mon frère m’avait noté les ouvrages incontournables ; aussi bien dans la littérature Anglaise qu’Américaine.
Là je m’en éloigne vraiment en lisant un livre qui avait un tombe un , en effet je lis « La vengeance du Diable » suite du « Diable s’habille en Prada ». Ouvrage humoristique et satirique sur le mode de la mode dans les coulisses d’un magazine de mode, le rôle principal étant tiré d’une vraie directrice d’agence basée à New York. Un livre pour nana comme certain dise mais ça aide à se vider la tête !
Je profite de la pause déjeuner, pour aller à mon refuge, l’odeur du parquet ciré m’apaise il faut dire , que je suis frigorifié vu que je travaille en permanence dehors alors le confort du chauffage ici aide, et puis le silence qui règne loin d’être stressant voir oppressant non tout sauf cela .   Ici je pense à ma famille sans en souffrir et cela me fait un bien fou …. Elliot et Ruby sont les deux êtres qui me manquent le plus, deux parties de moi, comme la face d’une pièce de monnaie.
Une fois que j’ai trouvé le livre je cherche une table où m’installer je cherche toujours là où c’est assez loin des rayons pour ne pas être dérangé et surtout pour éviter les petites remarques cinglantes des gens quand ils peuvent lire le titre de l’ouvrage que vous lisez avec suffisance , comme-ci le tire d’un livre vous définissez n’importe quoi ! Je finis par apercevoir une jeune femme brune très joli mais qui d’apparence n’est pas très sûre d’elle vu la position dans laquelle elle se trouve en lisant : voûtée la tête dans les épaules , je m’approches silencieuse et me permets de poser ma main sur son épaule en douceur pour ne pas la faire sursauter et je dis ne chuchotant, pour éviter une horde de « chutes » de personnes énervée.
«Puis-je m’assoir à votre table ? Promis je vous dérangerez pas (lui montrant la couverture de mon livre en souriant) Je voudrais juste profiter de ma pause pour lire un peu…» 
code par kusumitagraph'

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Dansons sur les mots. [Saphir]

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