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 Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn]

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Carrey Burtley

Carrey Burtley
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Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] _
MessageSujet: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptySam 3 Jan - 20:38

Elwyn & Carrey
Carrey & Elwyn

Si c’était une blague, elle n’était vraiment pas à son goût. C’était même loin d’être drôle, quoiqu’elle avait bien sourit mais la couleur un peu jaune de ce rictus sur ses lèvres en disait long sur ce qu’elle pensait de la situation. Certains l’aurait trouvé cocasse, d’autres auraient pris ça pour un signe du destin qu’ils n’auraient plus qu’à aller examiner en farfouillant dans les feuilles de thé, compactes et humides, au fond de leur tasse chez la cousine d’Irma. Carrey, elle, trouvait ça cruel bien que cela la confortait assez dans cette idée que finalement le monde était petit, ce qui n’arrangeait en rien sa situation plutôt désagréable. De toute manière la journée n’avait pas commencé sous les meilleurs hospices, mais de là à imaginer qu’en tournant innocemment la poignée de la porte d’entrée, des parents Daniels, elle tomberait nez à nez avec Theodore. Il eut fallut être devin. Ou regarder par le judas avant d’ouvrir, ce qu’elle aurait surement mieux fait de faire, afin de prendre de l’avance et de quitter la baraque en se jetant par une fenêtre, et tant pis pour la perte et le fracas. Grand seigneur il aurait du tourner les talons, lui aussi, et la laisser là, après tout c’était elle qui se trouvait dans la maison en premier, non ? Au lieu de ça il s’était invité, et au bras d’une des soeurs - dont elle avait oublié le prénom parce que réussir à différencier les filles Daniels dans tout ce merdier, c’était à peu près aussi facile que retrouver une aiguille dans une botte de foin, et croyez en l’expert, c’était pas facile. « Bonjour » qu’il s’était contenté de lui jeter au visage, en même temps que sa veste, comme si elle n’était plus qu’une tâche minuscule à son tableau ou alors une simple domestique. L’enragée n’avait pas perdu une seconde pour déposer ledit manteau sur un dossier de fauteuil et prendre la tangente. A quoi s’attendait-elle après tout? C’était elle qui avait exigé le divorce, puisqu’elle ne lui avait même pas laissé le choix. Devait-il lui dérouler le tapis rouge et se pâmer devant elle ? Ca revenait à se prendre pour bien plus qu’elle n’était en réalité et le simple fait d’être aussi agacée, par le peu d’intérêt qu’il lui avait porté en la retrouvant, la rendait maladroite et totalement incohérente dans ses propos, forçant le pauvre bougre qu’elle avait interpellé dans la rue, en s’échappant de la demeure, à se concentrer pour comprendre qu’elle lui demandait l’adresse de l’auberge la plus proche et non le marché aux aubergines. Oh elle aurait certainement trouvé quoi lui faire, à cet idiot, avec ses aubergines.

La déception lui déformait les traits, simplement parce qu’elle en revenait toujours à cette sale vieille habitude de prendre la fuite dès qu’un obstacle se présentait. Ca en devenait presque drôle de la voir virer au rouge écrevisse, bafouiller à peu près toutes les onomatopées qu’elle connaissait et s’élancer sur le chemin en de grandes enjambées raides. Il fallut à son cerveau une bonne demi-heure pour réussir à aligner deux pensées avec un minimum de logique, lui permettant d’avoir des gestes un tant soit peu calculés dans l’optique de poser les avant-bras sur le comptoir de l’hôtel et d’attendre qu’un type décide de lui prêter attention. L’ennui c’était que la blonde sulfureuse à ses côtés semblait attirer tout le petit personnel, et les habitués en prime, avec son décolleté plongeant et son vernis, le tout tranchant complètement avec l’allure de bûcheron de la moitié des gens présents. Quitter le beau monde de Boston pour se retrouver avec des dindes dans le trou paumé du Wyoming, bravo. « Il vous reste une chambre? Ou même un placard de libre? Je suis aussi preneuse des trous de souris et des tombes fraîches mais comme les pompes funèbres ont l’air fermé je trouve plus judicieux de venir vous demandez à vous.. Une pierre avec le tout c’est possible ? Gravé d’un merveilleux ‘je suis absente, essayez plus tard’ ? » Essoufflée, souffle court, et la mine clairement blafarde lui permirent d’attirer la compassion du pauvre bougre condamné à s’occuper de la pauvre timbrée échevelée qu’elle devait être à cet instant. De sa vie, il lui semblait n’avoir jamais ressenti pareille honte, sauf peut être la première fois où elle s’était retrouvé avec un caleçon d’elwin dans son linge propre et qu’elle n’avait pas osé le lui ramener, de peur de se faire traiter de fétichiste, pour finalement le jeter dans les poubelles en bas de l’immeuble. « Chambre 22 ? Comme mon âge.. y a sept ans. Vous n’auriez pas un peu de morphine sur vous, par hasard? Pas de cyanure non plus je suppose.. Tant pis, je vais faire avec. »

Il lui fallait monter au premier étage pour atteindre sa chambre, ce qui ne lui parut pas suffisant pour l’éloigner le plus possible du sol dans l’optique de se jeter par sa fenêtre. Des fois que l’envie lui prenne. L’hôtel ne payait pas de mine, ce n’était pas du luxe - quoique de toute manière Carrey n’y connaissait rien à tout ce qui touchait au luxe -, mais ça avait son charme. Et surement que l’endroit aurait été parfait si elle n’avait pas réalise que ses valises trainaient encore quelque part dans une pièce de la demeure des Daniels et que pour les récupérer il lui faudrait surement refaire un face à face avec la fratrie, les parents et l’autre emmerdeur. Il aurait quand même pu lui dire autre chose que bonjour, et puis ça voulait dire quoi ? Que c’était un bon jour, qu’il était dans un bon jour, que la température était agréable et que les chameaux vivaient heureux? Non, ça c’était quelque chose qu’aurait surement précisé Elwin s’il avait été celui qui la saluait. Si ça avait été lui derrière la porte. Dieu que ça aurait été préférable, au moins pour lui épargner de ressembler à une pauvre quiche assise sur un lit à la couette fleurie et à l’odeur de frebeze dans toute la pièce. Même le petit chocolat posé sur l’oreiller ne parvint pas à la réconforter. C’était qui l’espèce de décérébré qui lui avait suggéré que ce serait l’endroit idéal pour se reposer et potasser tranquillement ses examens ? Il allait l’entendre celui-là.
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Elwyn F. Daniels

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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptySam 3 Jan - 22:56

Elwyn & Carrey

Il était calé en abeilles du Wisconsin, dans le développement génétique des embryons de crocodiles voire même dans la recette de concoction du beurre indien mais s'il y avait un domaine dans lequel Elwyn manquait cruellement de savoir, c'était bien sa vie sentimentale, oui la sienne, le comble. Il fallait dire qu'il n'avait jamais vraiment su faire dans la simplicité, il avait démarré en choisissant une femme mariée avant d'enchaîner une présentatrice de la météo qui était accro à Versace, c'était donc probablement normal qu'il ait fini par s'enticher de sa colocataire, sa fameuse colocataire qu'il avait passé un tas de mois à rendre dingue à coup de post it dissimulés partout dans l'appartement, entre autres délires que lui seul pouvait comprendre... Et mini Miel Pops, le neveu de ladite colocataire, bien entendu. Quand on était un gamin, il y avait deux choix: soit on prenait ses responsabilités et on acceptait de grandir, soit on s'enfermait dans sa flagrante connerie pour toujours... A vous de voir dans quelle catégorie Elwyn terminait toujours sa course. Pourtant, ces derniers mois, il avait fait pas mal d'efforts, il avait appris à se servir de la machine à laver, tout seul en lisant la notice d'utilisation, bon à l'envers d'accord mais il l'avait lu et il avait presque réussi à s'en sortir jusqu'à ce qu'un tas de bulle s'échappe de la chère machine. S'en était suivi une bataille de savon avec le morveux... Il s'améliorait, ouais, clairement. Ce n'était pas si étonnant alors que Carrey ait parfois bien du mal à supporter sa gueule d'ange plus de deux minutes d'affilée, Elwyn le savait bien qu'il était énervant, des années qu'on lui répétait plus ou moins subtilement mais s'il était censé changer, comment ferait-il pour survivre? Daniels avait besoin de dire tout ce qui lui passait par la tête, il avait l'obligation quasi divine d'exposer tout le savoir inutile qu'il avait accumulé au fil de ces périples dans ses bouquins à l'intitulé tous plus ou moins étranges. Il fallait dire que quand le premier livre de sa bibliothèque évoquait la manière de calculer les distances entre les planètes et que le second évoquait bizarrement la place de l'hindouisme dans les théories bibliques, on pouvait difficilement lui demander de garder les faits pour sa pomme. Elwyn avait peut être deux jours sans balancer des posts it aux quatre coins de la salle de bains et Carrey lui avait fait prendre sa température au bout du compte alors, il avait recommencé, c'était moins inquiétant, moins perturbant. Et dans son crâne, il y avait une chose qu'il s'était promis, c'était de ne pas bousiller l'équilibre de Carrey. Il tentait dans la mesure du possible de rester à sa place, de ne pas chercher à accélérer les choses même si clairement, il n'avait aucune idée de ce qu'ils étaient. Colocataires, ensemble? Rien n'était réellement clarifié, ce qui ne l'avait pas empêché de lui proposer de le suivre jusqu'à Buffalo, se laissant emporter par cette peur aveugle de la perdre alors qu'il ne l'avait même pas encore eu.

Et il se retrouvait là à tenter d'engager une conversation avec ses parents qu'il n'avait pas vues depuis... Peut être même avant l'invention du bras robotique au cinéma, il n'était plus très certain. Pourtant, Elwyn se sentait bien, il était content d'être là même si clairement, le manque d'ordinateurs de la région le rendait étrangement hagard. Comment cela personne ne savait ce qu'était un langage binaire? Il y avait du boulot au final, qui l'aurait cru? Il ne manquait plus qu'Aurora lui renverse sa sauce tartare sur la chemise et la journée serait faite... Oups, cela aussi, c'était déjà fait. Elwyn n'avait pas vu sa soeur depuis un paquet de temps alors forcément, il fut étonné lorsqu'elle se trimbala au bras d'un dandy bien incapable de faire un regard allié au rôle attribué surtout alors qu'on était jeudi, pour Elwyn, c'était purement inacceptable. Il avait toisé le type deux petites minutes avant de terminer sa route dans la toute nouvelle chambre attribué à sa soeur adorée après l'avoir entraîné là pour lui dire deux mots. Voire trois... Ou plus, il n'avait pas encore décidé. "Quand est ce que ton fiancé a fait une opération de chirurgie esthétique là? J'sais que t'es fana de Gosling mais à ce stade, c'est carrément un attentat contre l'humanité... Dis moi pas qu'il a suivi la mode en Alaska en plus qui prodigue qu'il est légal de tuer les ours, mais il est illégal de les réveiller pour les photographier. Ce serait le pompon!" Elwyn put apprendre qu'Aurora avait rompu avec son fiancé pour se mettre avec ce Théodore qu'elle ne connaissait qu'à peine, le pire, c'était qu'elle avait réussi à le calmer à coup de El'Dorado comme s'il était une étoile de mer en manque d'oursins. Quel sale frère aîné faisait-il, clairement. "Et elle est où ma... Coloc' là? Elle loupe le repas ou j'deviens albinos? Si ça peut me permettre d'inventer le 7Up cela dit..." Il avait eu du mal à sortir le mot magique, le pauvre Elwyn était totalement paumé et surtout vraiment inquiet et Aurora qui lui indiquait tout bêtement qu'elle s'était tirée à l'hôtel... QUOI?! Il avait dû louper une saison entière ou alors il avait encore tout foiré... Peut être qu'il aurait dû lui demander si elle voulait plus de coussins la veille avant qu'il n'aille dormir dans le salon ou alors, il aurait certainement dû lui passer un peu de ses Miel Pops ce matin là. Ah bordel, où il avait foiré encore?

Et les mains dans les poches, Elwyn avait débarqué à l'hôtel de Buffalo, à peine paumé, comme souvent. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'il y avait un manque de respect des consignes de sécurité et si un incendie se déclarait et intentait à la vie de sa Carrey, il les frapperait à coup d'annuaire. Parole de dandy du jeudi. Après un bon quart d'heure de conversation avec le concierge sur un sujet bien obscur qu'était l'extermination des cafards, Elwyn réussit à obtenir le numéro de la chambre. Comme il se croyait encore dans leur taudis à Boston, il ne prit même pas la peine de frapper et entra, un sourire timide aux lèvres. Pourquoi avait-il la sensation que cela n'allait pas arranger son cas? "Pouahah, Carrey, tu m'as obligé à courir le cent mètres sans m'être échauffé avant, t'es franchement mesquine... J'aurais pu être tachycarde et y passer... Surtout que j'ai bouffé un tas de Mars & Murries avant de venir... Tu peux m'dire ce que tu fous là au lieu d'être à la maison? On m'a demandé quinze fois où était ma coloc'... J'ai eu l'air con quand j'ai dû dire que j't'avais perdu..." Les bras croisés, il fit semblant d'être vexé. Son manège ne dura même pas deux minutes puisque ses yeux de chiot sortirent sans lui demander d'abord. "J'ai foiré quelque chose? Dis moi parce que j'peux arranger ça, j'suis sûr... Après tout, Lavoisier aura bien réussi à révolutionner la chimie, j'peux certainement réparer le truc que j'ai foiré..." Il se sentait con, très con et pourtant, il s'approcha du bord du lit et sortit de sa poche un petit papier jaune, tant attendu. "T'as pas lu ton post it du jour en plus... J'te l'ai amené... Au cas où." Et il lui tendit ladite connaissance inutile "Le gallium est un métal ayant un point de fusion si bas qu'il peut fondre dans votre main" avant de baisser la tête et d'attendre la sentence. Il n'avait probablement jamais eu aussi peur de toute sa vie, le comble quand on connaissait Elwyn.
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Carrey Burtley

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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyDim 4 Jan - 11:26

Elwyn & Carrey
Carrey & Elwyn

Elle ne parvenait pas à s'en remettre quand bien même cela faisait des années qu'il n'était plus dans sa vie, qu'elle était passée à autre chose, et que son soleil brillait de nouveau entre ces quelques nuages gris qu'elle se coltinait continuellement au-dessus de la tronche. Pourtant le simple fait de se ronger les ongles, en tournant en rond de surcroît, et de s'empourprer à la seule pensée qu'il était là, sous son nez, avec un sourire de dandy du jeudi - chose tout à fait offensante quand on savait que c'était le jour d'Elwyn pour ses airs de dandy, quand c'était pas le dimanche - et un costard qu'elle ne pouvait que soupçonner de sans doute coûter un bras pour n'importe quel bouseux du petit peuple s'essayant à l'allure bourgeoise. Quel effronté. Quelle idiote. Cette simple présence, et tout ce qu'elle déclenchait chez elle, n'était que la preuve irréfutable que malgré toutes ces années sans un signe de vie de l'un envers l'autre, il continuait d'exercer une certaine forme d'influence sur elle et que tout ses efforts pour tenter de lui échapper étaient vains. Quoiqu'il semblait avoir trouvé une nouvelle proie. Mais comment s'étaient-ils rencontrés ces deux-là ? Ce foutu hasard continuait de lui mettre des bâtons dans les roues et Carrey était loin d'apprécier la chose, même si pour l'heure c'était plutôt ses lacets qui se mettaient en travers de ses pieds et menaçaient de la faire chuter à chaque mouvement qu'elle faisait, tournant en rond à la manière de ces personnages de cartoons lorsqu'ils cherchaient un plan de génie, s'avérant complètement loufoque, afin de régler un problème. L'idée d'utiliser de l'acide lui effleura l'esprit mais en regardant l'état de la baignoire de la salle de bain, adjacente, lui coupa tout espoir. Même fondu le corps ne tiendrait jamais là-dedans.

Ses jambes ne semblèrent plus capable de la porter et elle se retrouva assise sur le bord du lit sans même comprendre comment, accablée par l'idée, clairement stupide au vu de la situation, qu'Elwyn était seul dans la maison avec ses affaires et que ça serait certainement l'occasion pour lui de fouiller ou alors d'y fourrer des post-it. Elle allait le tuer... Une fois que le petit pincement au coeur, à la seule pensée de le savoir là-bas sans elle, serait passé. Merde, voilà qu'elle redevenait sentimentale, cet espèce de créature étrange qui vivait à l'intérieur d'elle depuis quelques temps, depuis que son regard avait changé sur lui, et qui lui chauffait l'intérieur des entrailles. Elle allait le tuer, c'était certain. Une fois que son sourire complètement niais se serait effacé de ses lèvres tremblantes et abîmées, à force d'avoir été mâchouillées. Et à nouveau son cerveau se mettait à travailler, triant les informations, secouant ses certitudes pour les ébranler, lui faisant tourner la tête et l'obligeant à se lever pour recommencer à faire les cent pas; quitte à avoir le tournis, autant que ce soit pour une bonne raison. Merde. Re merde. Triple merde. C'était pas prévu comme ça, même si au final elle n'était pas bien sûr que quelque chose était à prévoir dans toute cette situation absurde, l'ennui c'était que faire face à Theodore de cette manière, sans y avoir été préparé à l'avance, ça l'obligeait à se souvenir de nombre de choses qu'elle aurait préféré garder enfoui au fin fond de sa boite à souvenir mentale. Et si les Daniels discutaient avec lui, s'ils l'interrogeaient sur la raison qui avait poussé Carrey à s'enfuir dès qu'elle l'avait vu ? Miséricorde et s'il leur parlait des antécédents d'alcoolique de la jeune femme ? Elle était foutue. Tant pis pour sa valise, elle n'aurait qu'à se racheter des fringues en rentrant à Boston et changer d'adresse, peut être même d'identité. Paraissait que l'Alaska c'était pas si mal, elle avait toujours eu envie d'essayer, ce serait l'occasion rêvée pour tenter l'expérience après tout, elle qui était si aventurière par le passé. L'ennui c'était que le froid c'était pas forcément fait pour elle, une chance que l'ambiance se réchauffa un brin quand la porte s'ouvrit.

Elle sursauta, malgré sa vaine tentative de paraître statique. C'était peine perdue de toute manière, Carrey s'était faite à l'idée que feindre un état devant Elwyn c'était chose quasi impossible, à moins de profiter qu'il soit trop occupé sur un jeu vidéo pour réellement vous prêter attention. Mademoiselle crevait d'envie de faire un esclandre, d'agiter l'index sous son nez d'un air fortement agacé, à la manière de ces actrices dans les séries B qu'ils mataient souvent à la télé pour essayer de s'endormir.. Sauf que l'effet fut tout à fait inverse à celui qu'elle voulait provoquer; son doigt tremblait, comme tout son bras d'ailleurs, ses sourcils froncés lui donnait plus l'air de Caliméro que d'Hadès s'enflammant pour une histoire de plan de vengeance raté et le sourire timide qu'affichait Elwyn lui donnait plus envie de lui faire un câlin que de le baffer. Quel emmerdeur celui-la. Elle allait le tuer. Une fois qu'elle aurait fini de se fasciner pour ses fossettes et la courbure de son menton. "T'auras qu'à te tartiner de pommade, ou faire un hammam pour détendre tes muscles. Elle se stoppa, mains sur les hanches. C'est toi qu'a bouffé tout les M&M's ?! Je le savais, p'tit enfoiré. Selon à quelle heure t'es parti de chez toi, ça expliquerait le temps que tu as mis à arriver ici, d'ailleurs je crois que tu commences à prendre du bide." Ca se voulait méchant, voir vexant, mais au final c'était plus pathétique qu'autre chose. Il n'y était pour rien dans cette affaire, fallait bien l'admettre, quoiqu'il semblait plus facile de le juger coupable, afin d'avoir quelqu'un d'autre sur qui rejeter la faute. C'était cruel, oui, mais toute la situation l'était et dans ces cas-là Carrey n'était plus vraiment ni raisonnable ni fairplay. Le matelas sous ses fesses ne lui fut d'aucun secours, bien qu'elle songea l'espace d'une micro-seconde à se faire disparaître sous la couette et mourir étouffée. Ca servirait peut être à l'hôtel, on pourrait utiliser la sombre histoire de cette cliente morte dans son lit pour raconter des histoires de chambre hantée, de fantôme affamé et autre débilité dont on pouvait se servir pour attirer la clientèle. "T'as bouffé tout les m&m's... Vaine tentative d'humour. Le ton n'y était pas. Si tu me trouve de quoi faire disparaître un corps, on peut s'arranger Lavoisier. Mains jointes, coincées entre ses genoux, elle baissa le regard sur la main d'Elwyn et lu le papier en ravalant un sourire compulsif. "T'es con." Dans la bouche d'un autre ce constat aurait pu sonner agressif ou juste blessant, mais là il ressemblait peut être plus à un compliment.. Jusqu'à ce que Carrey se souvienne de la raison de leur présence dans cette chambre et ne se coller les mains sur le visage pour se faire basculer en arrière sur le matelas et geindre en plantant ses dents, de rage, dans ses paumes.
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Elwyn F. Daniels

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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyLun 5 Jan - 1:09

Elwyn & Carrey

Dire qu'il était perdu au beau milieu d'une masse de molécules dont il ne connaissait même pas le nom, le comble pour un passionnée de sciences en tous genres comme lui, ce serait clairement sous estimer la situation. Elwyn avait peut être lu la moitié des lèvres de cette planète mais il y en avait un qu'il était temps qu'il trouve: "Le Manuel de compréhension des femmes" et il fallait qu'il le trouve, vite. Non seulement, il ne captait pas un traître mot de ce qui se passait dans la vie de sa soeur mais en plus, du jour au lendemain, Carrey se tirait sans même lui signifier qu'il avait dépassé les bornes de la ligne Maginot, ou quelque chose qui pouvait s'approcher de ce pan désastreux d'histoire. Le pire, c'était qu'il avait bien envie de se la jouer ignorant vis à vis du problème, sauf qu'Elwyn n'arrivait plus très bien à être le type détaché qu'il avait pu être auparavant. Dire qu'il y avait un an de cela, il ne pensait qu'à installer des fibres optiques en parlant de Caligula à sa vieille voisine Francine, une immigrée française qui lui apprenait à faire des claquettes au milieu de son salon. C'était un autre temps et aujourd'hui, Elwyn n'était pas plus malheureux, c'était même plutôt l'inverse s'il y pensait réellement. Il avait enfin quelqu'un à qui se rattacher après des années à attendre un signe désespérément invisible de ses parents et ce n'était pas si mal que cela d'avoir quelqu'un vers qui rentrer chaque soir, lui qui n'avait connu que la route et l'instabilité. Clairement, Elwyn n'était toujours pas un modèle de responsabilités à l'heure d'aujourd'hui mais il tendait à devenir presque de confiance. Oui presque parce qu'arrivait toujours un moment où sa prépondérante connerie reprenait le dessus et l'obligeait à bourrer les soutifs de Carrey de confettis avant de passer son fond de teint dans le micro-ondes, juste pour voir si le tout allait exploser ou juste devenir liquide. C'tait son besoin viscéral d'expériences scientifiques qui l'y obligeaient, il n'avait pas vraiment d'autres excuses que celle là, à vrai dire. Et si d'habitude, Elwyn ne pouvait s'empêcher d'agir comme un attardé mental, sur ce coup là, il restait bien à sa place. Il avait tellement redouté ce jour là, celui où Carrey le laisserait tomber sans même un mot parce qu'il était trop con, trop lourd, trop tout. C'était finalement arrivé et mine de rien, il avait une sacrée boule au ventre à l'arrivée. Que devait-il faire désormais? Oublier ce qui s'était presque passé entre eux parce que c'était plus simple ou se battre pour ce que cela pourrait encore être? Bordel, il n'y avait pas un seul bouquin où on répondait à cette fichue questions et pourtant, il était calé en livres philosophiques et magazines féminins à cause de ses petites soeurs. Et le mythe ne l'aidait pas vraiment d'ailleurs: qui avait dit qu'en lisant ce genre de magazines, on comprenait mieux l'univers féminin? Non, parce qu'aux dernières nouvelles, il n'était toujours pas fichu de faire la différence entre un mascara et un fond de teint. Alors, lui demander comment on se faisait pardonner pour une action inconnue, c'était encore plus complexe pour son quotient intellectuel pourtant supérieure à la moyenne.

Rien qu'à cause de tout cela, Elwyn senblait beaucoup moins volubile qu'à l'accoutumée, il était loin le temps où il pouvait se comparer à Candy la petite infirmière ou Casimir de l'île aux enfants, il était juste le misérable Daniels, l'informaticien paumé dans un village tout aussi cinglé que sa petite personne. Non, il ne faisait clairement pas le malin en croisant le regard de Carrey à l'autre bout de la pièce. Il avait tenté une entrée des plus coutumières mais à en juger par l'accueil général, Elwyn n'était plus très certain qu'il avait géré la situation avec brio. Misérabilisme et consternation. Et pourtant, un sourire brillant aux lèvres, Daniels répliquait. "Tu l'as vu où ton hammam dans la région? Non parce qu'au cas où t'aurais pas remarqué, ils ont déjà bien du mal à se débarrasser du nid de cafards au rez-de-chaussée, je leur ai pourtant dit qu'il fallait pas laisser traîner le pot de Bledina de leur gamin à côté du nid quoi... Ca les attire mais eux non, ils font quoi? Ils continuent et même qu'ils laissent leurs canettes de bières vides par dessus le marché. Ils ont pas dû suivre les dernières nouvelles environnementales, j'ai eu beau leur préciser que la fin du calendrier était pas loin selon les dires des communautés tribales d'antan, rien à faire, j'ai l'impression d'avoir parlé avec Georges Bush après une nuit corsée à l'absinthe, bordel... Je parle trop et tu t'en fous là non?" Et il regarda le plancher deux petites minutes, se raclant la gorge parce que soudainement, il manquait cruellement de salive l'idiot. Peut être qu'il aurait dû accepter la proposition d'Aurora de l'accompagner, il aurait peut être eu l'air moins con, au moins durant son introduction parce que pour le coup, il l'avait clairement plombé, de A à Z en ne passant même pas par Y à ce stade. "J'ai calculé mon IMC avant de venir et tu l'croirais jamais mais j'ai un corps d'athlète, au cas où ça t'intéresse. Enfin, j'suis sûr que ça t'intéresse un peu plus que de savoir que le briquet a été inventé avant l'allumette m'enfin..." Il n'allait jamais donc arrêter cela? C'était clairement la spirale de la mauvaise fortune... Et pourtant, il n'avait jamais vraiment regardé une émission de la roue de la fortune en entier, mais là n'était pas le sujet, en réalité. Elwyn laissa son sourire s'évanouir lorsqu'il écouta la suite des dires de Carrey, pourquoi avait-il si mal soudainement? Ah oui, peut être parce qu'il avait la sensation que son histoire de corps impliquait d'abord une tentative de meurtre sur sa personne et dire qu'il n'aimait pas trop l'idée ne serait que la stricte vérité. "Un corps? Quel corps? Promis, j'ai fait la lessive et j'ai tenté d'occulter le fait qu'en Nouvelle Zélande, y a un rapport de douze moutons par habitant... Ah merde, je l'ai dit, je l'avais presque retenu celui là pourtant." Et il tenta de rire, peut être que cela la dériderait un peu mais il ne gagna qu'un faible rictus grâce au post it du jour. Finalement, il la regarda se laisser tomber sur le matelas avant de s'asseoir au bord du lit, atteignant le pendentif au bout de son cou. La tête baissée vers le cadeau vénérée, celui que Carrey ne savait même pas qu'il portait là certainement, il finit par le sortir de sous sa chemise. Le pendentif que Carrey lui avait donné. Le caressant d'une main, son regard s'assombrit alors qu'il tournait la tête vers sa colocataire et puis doucement, sa voix se fit entendre à nouveau. "J'sais vraiment pas à quel point j'ai foiré mais... Si tu veux le récupérer, dis le moi." Et Elwyn s'accrochait au collier autant qu'à sa propre vie parce qu'il ne voulait pas le perdre. Il ne voulait pas perdre Carrey, cela lui bousillerait le coeur qu'il n'avait jamais soupçonné avoir avant elle. En tout cas, pas depuis un bon moment. Elwyn tenta un maigre sourire pendant deux petites secondes avant de se retourner vers le sol, c'était peut être encore plus dur qu'il ne l'aurait cru d'être rejeté par quelqu'un qu'on aimait.
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Carrey Burtley

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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyMar 13 Jan - 0:52

Elwyn & Carrey
Carrey & Elwyn

Il était là. Juste là. Et pendant quelques minutes cela parut suffisant de le savoir présent, dans la même pièce qu’elle, à respirer le même air, à écouter le même silence alors qu’ils se regardaient sans vraiment savoir quoi se dire. C’était stupéfiant à quel point les choses avaient pu évoluer, sans tellement savoir s’il s’agissait d’une avancée ou d’un bond en arrière, au point que de conversation vide de sens et d’intérêts, ils en étaient arrivés à ces minutes, rares malgré tout mais de plus en plus présentes, d’absence totale de bruit. Juste deux êtres coincés dans une situation qu’aucun des deux ne maîtrisait, à s’observer de la manière la plus délicieuse. Si Carrey avait été comme ces femmes qui croisaient sa route rougissant, à en devenir phosphorescente, au moindre coup d’oeil intéressé de la gente féminine, elle se serait déjà empourprée en surprenant les yeux océan d’Elwyn rivaient dans sa direction. Au lieu de ça il lui semblait que lorsque ce contact se faisait, il lui fallait éviter de le perdre, pour être certaine qu’il était bien réel, pour savourer l’image qu’il lui renvoyait d’elle. De sa vie elle ne s’était jamais sentie aussi belle, admirable et intéressante qu’en surprenant son reflet dans les pupilles brillantes de son informaticien déconnecté du monde. Pourtant cette vision d’elle, avenante, semblait en péril depuis qu’elle s’était aperçue, quelques heures plus tôt, dans le regard de Theodore. Absurde. Toutes ces années loin de lui à reconstruire ce qu’il avait mis à sac par l’humiliation, le vol de ces petits bouts invisibles qui la constituait, la mascarade qu’était leur vie, venaient de voler en éclat face à la réalité des faits; elle ne s’en était pas remise. Carrey avait lutté pour parvenir à oublier cette carcasse vidée de tout, de son essence même, mais quand elle croyait y être enfin parvenu voilà qu’elle réalisait que tout ceci n’était qu’un terrible échec. Ce petit tas mis de côtés, reléguant les événements désagréables de son existence au statut de petit grain de sable, s’était amplifié pour devenir un désert aride dans lequel elle piétinait, son corps tout entier englouti lentement entre les couches granuleuses, irritantes. Elle n’était pas guérie, elle avait seulement feinté tout ce temps. En cherchant à tromper tout le monde, l’inconsciente avait fini par se leurrer elle-même.

En ouvrant la porte ce matin, pour tomber nez-à-nez avec ce fantôme d’un passé douloureux et détestable, elle aurait pu rire de la situation; seulement elle avait des accents plus tragiques que comiques. Mais il était là et bien que sa présence lui offrait un effet d’apaisement, cela n’empêchait pas de rendre la situation un peu plus pathétique, si cela était possible. Parce que depuis qu’elle savait avec certitude que l’univers était en expansion constante, la comparaison avec l’importance qu’Elwyn prenait dans sa vie ne se faisait que plus imposante. Cela aurait du suffire à son apaisement, à son bonheur, mais l’ombre au tableau ne faisait que prendre plus de place alors qu’elle réalisait le danger de sa situation - qu’elle s’inventait surement, poussée par un sentiment de persécution remontant à son enfance. Theodore était là, lui aussi. Et avec lui il traînait toutes ses erreurs, celles qu’elle s’efforçait d’oublier, de piétiner pour continuer d’avancer. Elle faisait du surplace. Elle ne stagnait même plus, elle était sur arrêt, assise sur ce matelas trop moelleux, avec cet espoir absolument idiot qu’il allait pouvoir la sortir de là en la retenant prisonnière entre ses draps tièdes et parfumés. Lui rappelant les bras de Daniels.
Pincement au coeur, déclaration d’amour au bord des lèvres, Carrey ne parvenait pas à se raisonner et plus la situation lui semblait complètement hallucinante par son absurdité, plus elle se sentait mal de capter l’incompréhension d’Elwyn comme si elle avait été sienne. Il était là, pourtant il ne lui avait jamais semblé aussi loin d’elle, à croire qu’en tendant le bras elle ne parviendrait même pas à l’effleurer.

Son silence plus lourd que tranquillisant, coupé par le monologue du jeune homme, signe qu’elle essayait de s’enfermer dans cette petite pièce au fond de son crâne lui parut inefficace. Nombre de fois, par le passé, elle avait usé de ce stratagème pour se réfugier dans les confins d’une réflexion intense, ou hasardeuse, dans le but d’éviter les confrontations et jusqu’ici il fonctionnait très bien.. Jusqu’à lui. Il mettait à mal ces années d’endurcissement, à se barricader derrière des portes qu’il abattait une à une avec une aisance presque insolente. Carrey lui aurait bien jeté un « merde » au visage si elle n’avait pas trouvé cette sensation d’être découverte, petit à petit, si agréable et libératrice. Il la poussait à l’échange, quand bien même il s’y prenait par des moyens qui auraient paru purement stupide pour les moins observateurs, mais particulièrement malin aux yeux de Carrey. « Ils se disent, peut être, que comme le calendrier touche à sa fin, y a plus besoin de s’ennuyer du ménage, l’univers s’en chargera pour eux au bon moment. Il baissait les yeux au plancher, elle levait les siens vers lui. Je ne m’en fous pas. Jamais. » Et elle aurait souhaité que ces quelques mots sonnent comme un aveu, une confession d’un sentiment bien plus fort que ce qu’elle croyait, ou voulait faire croire. Au lieu de ça il lui sembla que son ton était aussi plat que si elle avait annoncé la pluie ou le beau temps. Si concentrée qu’elle l’était sur l’observation des tâches au plafond, elle en oublia le contenu de ce qui s’échappait d’Elwyn, finalement trop concentrée par cette envie qui la démangeait au creux de l’estomac d’être dans ses bras à cet instant. Peu démonstrative, clairement à côté de la plaque quand il s’agissait des sentiments, elle ne parut pourtant pas plus surprise que ça de cette pensée. On ne luttait pas contre ce genre de besoin oppressant. Il était là, il parlait, mais ce qui l’intéressait le plus c’était de savoir si en se lovant dans ses bras, à ne plus écouter que les battements de son coeur plutôt que les inepties qui s’échappaient de ses lèvres enivrantes, elle parviendrait à ne plus songer au reste du monde. Juste à lui. À eux. Eux ? Est-ce qu’elle plus lui voulait signifier un pluriel ? L’incertitude, couplé au sentiment de honte de songer à ça à pareil moment, finit de l’achever et elle cacha à nouveau son visage dans ses mains avant que les réflexions d’Elwyn ne se fraient un chemin jusqu’au traitement d’informations de son cerveau et qu’elle comprenne. Elle allait balayer son inquiétude d’une réponse simple quand ses mots la frappèrent de plein fouet. Sonnée, Carrey resta un moment immobile, à fixer le plafond avec des yeux ronds pour finalement se redresser, à genoux sur le matelas et se glisser dans le dos de son idiot, enroulant ses bras autour de ses épaules pour cacher son visage au creux de son cou. « Je suis une idiote. Et tu l’es tout autant si tu as cru une seule seconde que j’en avais après toi. » Elle avait raison. Etre contre lui, respirer son odeur et ensuite son sang circuler dans tout son corps par quelques tressaillements de sa peau, c’était l’extase et le paradis.

C’eut été parfait s’ils avaient été eux aussi d’une perfection irréprochable, mais parce qu’ils étaient aussi peu doué l’un que l’autre tout ceci dépassait l’excellence, l’idéal, de ce qu’ils représentaient ensemble. « Ne bouge pas, » elle se le murmurait plus à elle qu’à lui au final, reprenant confiance et apaisant sa folie passagère par ce simple contact. Ce tendre moment dont elle avait rêvé, au final, depuis qu’ils étaient arrivés. C’était ce qu’elle cherchait. Il était ce qu’elle voulait.
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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyMar 13 Jan - 3:16

Elwyn & Carrey

Il ne s'en souvenait plus, non, Elwyn n'arrivait plus à se rappeler comment était sa vie avant qu'il tombe sur une annonce idiote pour un appartement. Il ne se remémorait qu'à peine l'diot qu'il avait pu être dans ce train où il avait joué avec ses crayons feutre pour faire chier Carrey, la première fois d'une longue lignée où il avait trouvé toujours plus d'idées farfelues pour la rendre dingue. Elwyn n'avait jamais eu l'intention d'en arriver là avec elle, il n'avait jamais voulu changer son regard envers elle. Un jour, il la regardait comme cette femme sur qui il passait toute sa créativité et son énergie en détruisant la moindre de ses affaires et le lendemain, il s'était réveillé avec cette envie irrépressible de la prendre dans ses bras, respirer son odeur, s'enivrer de son parfum et il avait eu envie de la faire sourire... Pas parce qu'il l'avait énervé pour une raison obscure ou fait rire à cause d'un de ses nombreux post it, non, Elwyn avait voulu qu'elle lui sourit de tendresse, de fierté... D'amour. Tout avait changé ce jour là, en lui, le volcan s'était ranimé et s'il avait continué à faire de sa vie un enfer de bêtises, Elwyn ne pouvait pas cacher que quand il la regardait, il y avait bien plus qu'une simple histoire d'obligation morale dû aux alignements de Jupiter avec Saturne le jour du solstice d'hiver ou quelque chose du genre, c'était parce qu'elle était belle. Carrey était belle, d'une beauté qu'elle ne soupçonnait sûrement qu'à peine elle même. Et pourtant, tout en elle respirait la sensualité: ses yeux mystérieux qui lui avaient envoyé maintes fois des éclairs de mépris, son visage doux et ses traits mélancoliques. Non, elle ne devait pas réaliser l'effet qu'elle pouvait faire aux pauvres informaticiens comme lui qui se complaisaient de satisfaction en apprenant qu'Erasme appelait des parenthèses des petites lunes. Non, elle ne pouvait pas savoir qu'il en oubliait que Spirou voulait dire écureuil en wallon lorsqu'elle était dans les parages, qu'il entendait son rire ou captait son sourire. Elle avait façonné son empire entier, son château de savoirs inutiles ne valait plus rien si Elwyn ne pouvait pas les déverser à Carrey, c'était une vérité que le jeune homme n'avait jamais affronté auparavant. Il avait connu des femmes pourtant, jamais trop longtemps vu son caractère, mais aucune n'avait eu cette influence sur lui. Daniels ne savait clairement pas où il en serait demain mais il avait tout de même bien du mal à s'imaginer ailleurs que loin de Carrey Burtley. Oui, il avait certainement subi un sortilège, peut être  qu'il avait foutu des horcruxes ici ou là dans l'espoir qu'Harry Potter découvre le pot aux roses pour le ramener au néant mais le problème, c'était qu'il avait trouvé le moyen d'en offrir un, le dernier, à Carrey. Elle pouvait le détruire, juste d'un claquement de doigts, juste parce qu'elle avait eu ce pouvoir là dès lors que les parties de strip Mario avaient été un prétexte au rapprochement dans la tête d'Elwyn plus qu'autre chose. Et s'il la désirait plus qu'il ne s'en fallait, Elwyn n'en oubliait pas que c'était son âme qu'il voulait gagner avant tout le reste et pour cela, il était bel et bien prêt à attendre pas mal d'années et courir après le diable pour obtenir gain de cause.

Finalement, il n'était que peu de chose, juste un nom sur un livret de famille, un frère déluré et loin d'être un modèle, un informaticien des plus doués mais pas ambitieux, non il n'était rien dans ce monde et pourtant, Elwyn avait la sensation d'être bien à sa place, il avait beau avoir trois fois moins de muscles qu'une chenille, il ne demandait rien de plus que ce qu'il avait toujours eu ces derniers mois, juste la présence de Carrey non loin de lui même si le pourquoi du comment était totalement incompréhensible pour son esprit cartésien. Il y avait une raison à tout dans ce monde: au choix du nom de la Mercedes Benz jusqu'au choix du logo Nike, rien n'était laissé au hasard, tout avait commencé par une hypothèse et la logique en avait découlé jusqu'à la conclusion la plus simple. C'était ainsi qu'Elwyn fonctionnait d'habitude, il émettait une hypothèse, la confrontait avec sa réalité et apportait la conclusion nécessaire. Il avait bien essayé avec Carrey mais le chemin n'avait fait que le mener dans le mur. Il y avait beaucoup pensé, quasi chaque nuit. Pourquoi ne dormait-il pas? Il était obsédé par la présence de Carrey dans la chambre voisine. En découlait qu'il passait son temps à écouter le silence juste dans l'espoir le lit grincer, juste un signe qu'elle put être réveillée elle aussi. La conclusion était positive, clairement. Pourquoi était-il attiré par Carrey, irrémédiablement, alors? Elle était belle. Le dénominatif n'était pas suffisant, proposition rejetée. Elle le rendait meilleure oui mais cela ne justifiait pas pourquoi elle et pas une autre, au hasard. Il la voulait tout simplement pour tout ce qu'elle était, ce qu'elle représentait à ses yeux et il n'y avait aucune hypothèse à prouver pour en conclure cela, c'était de l'ordre du scientifiquement impossible. Ce qui voulait aussi dire que ce n'était pas du champ de compétence d'Elwyn, du moins son cerveau d'hyperactive toujours en avance sur ce qui devait se savoir. Tout cela, il ne connaissait pas, ne comprenait pas et pourtant, il le ressentait. Oui, il le ressentait autant qu'un autre, peut être plus parce qu'Elwyn avait toujours été trop passionné et que lorsqu'il aimait quelque chose ou quelqu'un, il en oubliait les limites et avec Carrey, il n'en avait plus aucune. Déjà. Oh oui, déjà. C'était peut être pour cela qu'il se perdait encore plus que d'habitude dans ses paroles sans queue ni tête ou qu'il la regardait avec une admiration qu'il ne pouvait pas contrôler.

Il n'y avait pas de sarcasme, pas de jeux, c'était un Elwyn inquiet qui se trouvait là, dans cette chambre d'hôtel à attendre que son monde s'effondre comme il tentait toujours de comprendre l'expression idiote d'attendre le Messie. Peut être qu'il arrivait à capter le sens finalement en la regardant s'étaler sur le matelas, évitant son regard, évitant tout ce qu'il avait envie de lui dire mais s'en trouvant bien incapable. Au lieu de cela, il déblatérait, se perdait, oubliait pourquoi il était là... Pour elle, il était là pour elle. "Le ménage, c'est quand même mieux pour voir notre dernier jour mais va leur dire ça toi... Ca fait comme si j'avouais à la face du monde qu'en trois mille cinq cent ans, la civilisation avait vécu que deux cent trente ans de paix, ce serait horrible." Si seulement il était en mesure de se taire. Vraiment. Elwyn semblait tout timide comme bloqué là sur son coin de lit, à regarder ses chaussures comme s'il cherchait à se rappeler le jour où il les avait achetés, autant dire qu'il s'en fichait pas mal de cela, tout comme du fait que manger était une pomme était bien plus efficace pour rester éveillé que boire un café... Une première d'ailleurs, d'habitude, ce fait lui aurait hérissé le poil mais là, rien. Elwyn était éteint, annihilé, angoissé même si les paroles de Carrey atteignirent son cerveau lui faisant relever ses yeux verts sur elle. "Carrey, t'es pas obligée de me dire ça pour pas me vexer. J'ai conscience qu'un nombre infime de personnes est intéressé par le fait qu'y ait cinq cent vingt six espèces de requins dans le monde et c'est pas gênant si tu t'en fous, j'aime bien le regard que tu me lances quand tu t'en fous de ce que j'dis ou que t'en as marre de moi de manière générale... Rien que d'te faire réagir, ça m'suffit." C'était peut être une parole déguisée ce coup ci. Peut être qu'il voulait lui dire que même si elle ne voulait pas de lui, il vivrait avec, il pourrait le faire, il se suffirait d'un rien parce qu'il avait toujours été ainsi Elwyn et il put lui sourire après cela. Sourire les doigts collés sur le métal du pendentif, sourire dans un silence qu'il détestait particulièrement mais sourire tout de même... Jusqu'à ce qu'il sente la présence de Carrey dans son dos, ses bras entourant ses épaules, son souffle se perdant dans son cou. Elwyn ferma les yeux, respirant tant bien que mal en humant son parfum. Oui, sa proximité lui avait manqué, cette distance l'avait rendu fou, peut être autant que la fois où elle avait voulu jouer avec ses nerfs en venant l'aguicher avant qu'il n'ose faire le premier pas un peu plus tard dans la soirée. Sa main rejoignit la main de Carrey et il la caressa, yeux toujours clos, le silence s'imprimant dans ses neurones. Pour la première fois, il n'avait pas les mots, il n'avait plus rien que son corps pour s'exprimer, la pression de ses doigts montrant son affection bien plus que de mots... Jusqu'à un certain point."Tu sais que techniquement et scientifiquement c'impossible, pas vrai? Non parce que si j'arrête de bouger, faudrait que j'arrête de respirer sinon ma cage thoracique va forcément s'soulever à un moment et ça fera foirer ce que tu me demandes... Et j'ai pas envie de foirer ça." A défaut du reste. Il tourna finalement son visage vers le sien, ses yeux verts lumineux s'imposant à la vue du beau visage de Carrey, il sourit instantanément, l'air un peu gêné. "Car'... Tu réalises que si je t'ai demandé de venir ici, c'pas pour que tu sois ma coloc' ou celle qui devrait subir mes éparpillements de post it, hein?" Il était tellement idiot qu'il n'était même pas capable de lui dire clairement qu'il était déjà amoureux d'elle, peut être que ses yeux parleraient pour lui vu qu'il ne la lâchait pas du regard en se tournant finalement vers elle, genoux contre genoux, main dans la main. T'es idiot, Elwyn, c'est évident, regarde là. "Et j'sais pas ce qui t'arrive ou ce qui tourne pas rond mais s'tu veux parler, tu sais que j'suis là, même si j'suis pas digne de ta confiance certainement... Et si tu veux qu'on rentre à Boston, j'peux aussi le faire." Il sourit, baissant le regard vers le dessus de lit quelques secondes. C'était dur d'oser dépasser la limite, il ne voulait pas l'effrayer, il n'était même pas certain de comprendre lui même alors Elwyn se contenta de regarder Carrey, ses yeux verts brillants du reflet du soleil, dans l'attente d'une suite, d'un résultat. D'une conclusion d'hypothèse, peu importait laquelle.
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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyJeu 22 Jan - 19:39

Elwyn & Carrey
Carrey & Elwyn

Elle s'était fourvoyée bien trop longtemps, une chance qu'il ne soit jamais trop tard pour réaliser ses erreurs, du moins d'après ce qu'on disait. Parce qu'elle avait grandit dans des conditions particulières, avec l'ombre d'une soeur disparue qui n'avait jamais été aussi imposante que par son absence, Carrey avait cru que devenir adulte c'était réussir à affronter le monde, ainsi que ses détracteurs, tout seul. Par la seule force de sa volonté et de ses objectifs qu'elle avait pris l'habitude de noter sur une grande feuille à accrocher sur le mur au-dessus de son bureau. Ses échecs elle en tenait le monde entier responsable, parce que si elle ratait ce qu'elle entreprenait c'était uniquement à cause de l'univers entier qui venait mettre le nez dans ses affaires; elle n'avait rien compris. Il avait fallu une simple annonce dans le journal, une rencontre un peu foireuse et des retrouvailles toutes aussi burlesques pour qu'elle comprenne qu'elle s'était méprise sur le fonctionnement du monde. Il lui avait fallu Elwyn et ses post-it collés un peu partout, toujours bourrés d'éléments historiques inutiles - parce qu'elle avait beau essayé de les replacer dans une conversation, elle faisait toujours un flop - pour que Carrey réalise que grandir, devenir un adulte responsable, c'était admettre avoir besoin des autres. Mais avant lui, elle n'avait jamais réalisé qu'elle avait un tel besoin de l'autre, de lui principalement. A quel moment avait-il pris une telle importance dans son évolution ? Elle n'en savait rien, tout ce qu'elle retenait c'était que depuis qu'elle lui avait donné le double des clés de l'appartement, ainsi que de sa vie, il lui semblait important d'obtenir toujours quelques instants à ses côtés.. A défaut de la vie entière. Et il était là le trick; depuis qu'elle avait pris conscience de l'existence du jeune homme, Carrey se laissait aller à imaginer des plans à long terme, des "pour toujours" qui jusqu'ici ne l'avait jamais fait rêver et qui la tétanisait; après tout c'était absurde de telles pensées, alors qu'elle ignorait encore ce qu'ils pouvaient être l'un pour l'autre.
Elwyn lui était important, elle tenait à lui sans doute plus qu'elle n'avait jamais tenu à quelqu'un, pas même à son neveu qu'elle avait pourtant fini par adorer, mais était-ce suffisant ? Est-ce que se dire que l'autre avait une valeur indéfinie à ses yeux, suffisait pour exprimer ce désir profond de l'avoir toujours à porté de main, enfin à ses côtés. N'allait pas croire qu'elle se voyait déjà vieillir avec, parce que Carrey n'était pas capable d'imaginer sa vie aussi longue, mais l'idée de faire un bout de chemin avec lui lui semblait tout à fait agréable. Bien qu'effrayant parce que l'incertitude continuait de régner. Ses habitudes tordues, sa manie agaçante de coller du papier jaune partout - quand il n'en achetait pas de toutes les couleurs - et de mettre le bazar dans chaque tiroir, étaient adorables pour le moment.. Mais ne se lasserait-elle pas un jour ? A cet instant elle prit conscience que non, bien qu'elle dut admettre qu'être aussi certaine d'elle avait quelque chose de fou.

D'ordinaire elle passait à autre chose avec une rapidité qui aurait donné le tournis à n'importe qui, pourtant elle ne parvenait plus à le sortir de sa tête, encore moins depuis ce baiser échangé qui, il fallait l'admettre, lui avait fait tourner la tête. Carrey s'était toujours félicitée d'être capable de réfléchir avec son cerveau et non son coeur, même si d'après elle c'était idiot puisque l'un ne fonctionnait que grâce à l'autre et que par extension, cela revenait au même.. L'ennui c'était que sa situation était bien pire que ça; elle ne fonctionnait plus que parce qu'Elwyn était là, dans la pièce à côté.. Aussi cela avait été difficile de s'enfuir à l'hôtel, même si sur l'instant cela paraissait une idée de génie. Elle avait mis de la distance, et rien que pour ça elle ne se pardonnait pas, la sensation qu'il tentait de combler le silence par un ramassis d'idioties accentuant la culpabilité. "Ca dépend.. Imagine le temps que tu perds à nettoyer quelque chose, temps que tu pourrais user pour vivre tes derniers instants de manière plus .. chouette.." Elle se serait baffée d'être aussi incapable de lui dire clairement ce qui n'allait pas, au lieu de le faire tourner en bourrique, elle avec par la même occasion. Aussi elle ignora volontairement sa réflexion suivante, enroulant ses bras autour de lui pour se coller contre son dos, respirant son odeur et savourant le contact, plus tard, de ses doigts sur sa main. Ce simple contact eu l'effet qu'elle escomptait; ses soucis, même les plus dérisoires, s'envolaient dans un endroit dont elle ignorait l'existence et qu'elle ne chercherait pas à découvrir non plus. "Je t'autorise à respirer alors.. Mais seulement ça.." Elle sourit avant de relever légèrement le nez pour croiser son regard, perdant pied. Ce qu'il était beau. Ce qu'il la perturbait. Elle cessa de respirer l'espace de quelques secondes, l'observant en plissant les yeux comme si elle cherchait à comprendre le sens caché de sa réflexion. "C'est pour que je sois quoi alors ? Enfin je veux dire.. C'est pas que je m'étais mise en tête de venir avec un statut particulier, parce que je ne sais pas quel statut je peux avoir mais .. Enfin.. Ca veut dire quoi.." pour nous. Elle réalisait à peine que la question la taraudait quand même; qu'était elle pour lui et qu'était il pour elle. Se reculant un peu sur son morceau du lit, elle baissa le regard vers sa main dans la sienne, puis releva ses yeux sur lui. "Arrête de dire n'importe quoi Elwyn. Bien sûr que je te fais confiance, la preuve.. Sa main libre caressa l'endroit où trônait le pendentif qu'il portait. J'ai pas envie de rentrer.. Enfin sauf si toi t'as envie de rentrer.. Mais ça te fait tellement plaisir de voir tes parents, ça serait égoïste de te faire rentrer puis c'est sympa comme coin.. Bizarre mais sympa. Non c'est juste que.. Je n'aime pas trop m'imposer chez les gens.. Je suis un peu l'étrangère qui débarque et euh.." Comment lui dire.. Comment lui avouer qu'elle aurait aimé lui demander si elle était là comme une simple invitée ou comme autre chose.. Quelqu'un de plus important. Misère, elle avait du sauter ce chapitre sur les relations humaines.
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Elwyn F. Daniels

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MessageSujet: Re: Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] Blue Hotel, I was waiting only. [Carrwyn] EmptyMar 27 Jan - 1:04

Elwyn & Carrey

Elwyn avait arrêté les promesses depuis bien longtemps, il ne les avait jamais tenus. Ce n'était pas si surprenant quand on était nés dans une famille d'itinérants entouré de frangines prêts à se servir de leur frère comme d'une poupée pour leur atelier coiffure. Il y avait dès le départ quelque chose qui n'avait pas tourné rond dans l'histoire et rien qu'à cause de cet environnement pour le moins en foutoir constant, Elwyn avait toujours été instable, du genre à dire quelque chose pour l'oublier deux minutes après. Dans le fond, c'était pratique pour lui parce qu'il déversait un flot de savoirs inutiles à la minute sans savoir si ce qu'il avait dans la caboche était inédit pour la personne en présence. Forcément, Daniels redécouvrait tout sans cesse, un peu comme un poisson rouge enfermé dans son bocal et contrairement à d'autres, il adorait la sensation. C'était un gamin, Elwyn, il s'émerveillait de rien, pour sûr que si on l'invitait à Disneyland, il serait le premier quasi trentenaire à chercher Mickey dans la foule pour prendre un selfie en sa compagnie. Chaque domaine l'intéressait, il voulait tout comprendre, toujours avec un brin d'impatience qui le rendait nerveux et sur les nerfs même dans son travail. Il pestait souvent sur les machines de malheur qu'il était censé réparer et le voir parler tout seul était un phénomène régulier. Il fallait le prendre comme il était, relativement immature mais tout de même attachant malgré sa peur tenace de l'abandon. Elwyn n'avait jamais rien eu sur la longue durée: ses parents avaient toujours promis monts et merveilles à leur fratrie mais rien ne se concluait au bout du compte, pas même une visite du musée ce qu'Elwyn adorait plus que tout, bien entendu. Il avait connu des déceptions et pourtant, malgré les statistiques affligeants de l'humanité qu'il avait gardé en tête, Elwyn y croyait encore. Il avait peut être deux pour cent de chances de rendre heureux quelqu'un avec son caractère de malheur, sa manière irritante de raconter l'histoire des mouches tse-tse ou du loukoum de son feu voisin. C'était faible comme probabilité, même dans le langage d'Elwyn qui voyait le bonheur dans un brin d'herbe ou le fond d'une tasse de thé Lipton. Faible mais pas inimaginable... Après tout, même s'il était un scientifique un peu ringard et paumé, il avait vu ses parents s'aimer sans discontinuer pendant plusieurs décennies, c'était bien qu'il y avait quelque chose quelque part qui pouvait expliquer ce genre de phénomènes... L'amour, qu'on appelait cela parait-il. Elwyn avait bien essayé de regarder N'oublie Jamais avec Carrey mais comme le tout manquait cruellement de représentation animale ou scientifique, il avait fini par compter les carreaux sur la chemise de Ryan Gosling pendant la deuxième moitié du film. C'était Elwyn tout craché, si on voulait capter son attention, il fallait mentionner l'espérance de vie des orang-outans qui vivaient à l'autre bout du continent ou bien lui apprendre quelque chose sur la personne qui avait inventé le thermomètre. Autant dire que ce n'était pas évident quand on vivait sur la terre ferme et qu'on avait un âge mental décent... Et pourtant, Carrey avait capté toute son attention et Elwyn n'arrivait pas à décrocher. Il avait bien tenté au début de ne pas faire grand cas de ce qui se tramait dans son coeur et dans ses artères mais s'il avait appliqué toutes les théories possibles et imaginables sur lui, rien n'avait véritablement fonctionné. Il n'y avait rien de logique dans ses sentiments, c'était juste là, c'était né d'un rien, d'un hormone qui avait pété sa pile là haut et depuis, il n'y avait pas moins de le calmer de sa crise d'adolescence retardée.

Et puis, les mois avaient passé. La population d'orang outans et de loukoums avaient probablement pas mal baissé récemment mais Elwyn avait oublié d'aller vérifier, lui qui tenait un carnet de tout ce sur quoi il devait s'informer de manière régulière. Il avait juste oublié et c'était probablement impardonnable dans son monde de marginal mais dans cette réalité, qu'il commençait à intégrer, ce n'était pas important. Daniels voulait juste être auprès de Carrey et dès lors que la proximité disparaissait, il se sentait morose, comme un chiot perdu loin de son refuge. C'était idiot comme sensation, peut être oui, qui était-il pour le savoir? Il n'y connaissait rien dans la science de l'amour, tout juste que ce que les bouquins avaient bien voulu lui révéler au cours de ses lectures désespérées. Et au bout du compte, il avait tout oublié de cela aussi. Peut être que ce n'était pas des conneries quand on disait que les gens avec une capacité de mémorisation gigantesque finissaient avec Alzheimer plus facilement. C'était peut être la tragédie de sa vie, choper une maladie dégénérative à vingt huit piges sauf qu'il ne brillerait pas de son génie après cela, non. Elwyn dérivait, il crevait à l'intérieur, clairement, parce que la situation le rendait dingue depuis un sacré moment. Non seulement, les frontières de la colocation avaient été dépassées mais en plus, il n'y avait aucune idée de savoir comment gérer ce changement de statut des plus flous. Et voilà que Carrey disparaissait de la circulation pour se cacher dans un motel miteux où les voisins les plus honorables étaient les cafards et leurs progénitures. Autant dire que c'était un suicide, purement et simplement et pourtant, Elwyn ne faisait jamais le ménage et la lessive ou presque. Le comble de donner des leçons de jetée de serpillière au tenancier pour le coup mais c'était Daniels, il ne fallait plus s'en soucier. D'ailleurs, il avait tout oublié des cinq minutes précédentes, se concentrant largement sur le visage de Carrey. Sa beauté le tétanisait littéralement, dès qu'il la regardait, Elwyn perdait pied. Il ne valait pas grand chose à côté d'une femme pareille, il en avait toujours eu conscience, lui l'idiot qui bousillait son équilibre bien souvent mental. Pourtant, elle était là à le toucher, à le laisser la toucher surtout, même si ce n'était qu'une main ou la sensation de sentir sa respiration dans son cou, c'était mieux que tout ce qu'il avait pu connaître. "Seulement ça? T'es dure, Carrey... Imagine, je veux me gratter le nez et cligner de l'oeil... Parce que tu sais que scientifiquement, t'es obligé de cligner de l'oeil plusieurs fois par minute hein... Et voilà, tu vois la, je parle donc je bouge donc c'raté... Mission impossible, voilà." Il ne pouvait pas se taire, il avait la boule au ventre, il n'aimait pas le silence. Celui-ci le tuait, Elwyn avait toujours comblé les blancs, colmaté le vide parce qu'il n'aimait pas que quelque chose soit déséquilibré quand tout sur cette Terre avait été créé en symétrie avec un autre objet. Un vrai scientifique, en somme. Et puis, il se retrouva face à Carrey, à l'écouter en souriant avec pudeur. C'était un moment important, Elwyn le sentait au creux de ses entrailles. C'était le moment ou jamais, celui ou il foirerait ou réussirait, pas de milieu à peine potable. Elwyn avait envie de parler jusqu'à ne plus s'arrêter, d'angoisse, de peur, de tout ce qu'il n'était pas capable de gérer parce que c’était tout nouveau mais il attendit simplement que Carrey conclut en se présentant comme l'étrangère du lot et Elwyn s'approcha d'elle, posant délicatement sa main sur sa joue, comme effrayé de faire tout de travers. Il devait lui dire, au moins lui faire comprendre, sans partir loin, sans la comparer à la nana de N'oublie Jamais, sans lui exposer les théories de maîtres mystiques. Juste lui dire. "C'pas parce que t'étais dans la chambre d'amie de la toute nouvelle maison de mes parents que t'es une étrangère... T'es tellement plus que ça pour moi. C'vrai que j'ai toujours été énervant à t'bousiller tes affaires, te torturer de post it mais j'ai juste... Toujours voulu attirer ton attention, si ça a un peu de sens ce que j'dis. J'ai rien trouvé de mieux apparemment et aujourd'hui, j'suis dos au mur..." Il lui sourit d'un air charmeur parce que le Elwyn habituel n'était jamais très loin, juste au détour d'un rire ou d'une phrase. "C'est comme manger un paquet de chips par jour tu vois, ça équivaut a boire 5 litres d'huile par an et crois moi, c'est la mort assurée au bout du chemin." Il baissa le regard quelques secondes pour étouffer un rire avant de se reprendre. "Enfin le truc, c'que t'as arrêté d'être ma coloc' le jour où j'ai commencé à avoir envie d't'embrasser... Et l'envie, elle est jamais partie, Carrey. Elle est encore là, pire que la première fois sur notre divan. " Et Elwyn ne riait plus, les yeux la perçant avec un sérieux qu'on ne lui aurait probablement pas soupçonné. "Certes j'ai besoin de toi, Carrey mais ce qu'est le plus prenant, c'plutôt que j'ai envie d'être avec toi. Tout le temps, maintenant." C'était maladroit, un peu trop Elwyn sur les bords mais il en resta là pour le moment, juste à la regarder en se mordillant la lèvre pour passer l'appréhension. Comme si cela allait marcher.
code par kusumitagraph'

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