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 Someone like you. + Rileen [OVER]

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E. Riley Howing
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MessageSujet: Someone like you. + Rileen [OVER] Sam 15 Nov - 2:08

Riley & Eileen

C'était comme si c'était hier. C'était comme si le temps s'était arrêté depuis. Mais depuis quoi? La fin du monde. Son monde. Sans son frère, Riley divaguait complètement. C'était bien la promesse que son frère lui avait fait: eux deux jusqu'au bout et pourtant, il ne l'avait pas vu depuis des années. Le manque était là: profond, pas prêt de cicatriser. Dieu seul savait où Stanley passait ses jours. Riley était plus ou moins certain qu'il était riche, sur une île, avec une femme à chaque bras, parce que c'était sa façon d'être. Stanley ne savait pas se poser, il était instable et voulait tout et surtout tout de suite, un vrai gamin capricieux comme on n'en faisait plus... Sauf que ce gamin là avait dépassé la trentaine et qu'il n'y avait personne pour lui dire que sa manière de vivre était puérile et qu'un jour ou l'autre, il finirait seul. Atrocement seul. Cela n'arriverait probablement pas d'ailleurs parce que lorsque Stanley appelait, Riley appliquait quasi instantanément, ce qui semblait totalement cruel et masochiste de sa part. Comment aimer quelqu'un qui vous avait tout volé? Comment continuer de le chérir quand il avait fait de votre vie un enfer pendant des décennies? C'était étrange que Riley puisse encore ressortir un amour incommensurable pour son frère jumeau mais justement le problème était dans l'intitulé, Stanley était son frère jumeau et la force de ce lien était incompréhensible du monde autour d'eux. S'il abandonnait Stanley, Riley s'abandonnait lui même et il n'était pas suicidaire à ce point là, même si bon nombre de signes indiquaient le contraire... Notamment où il se retrouvait depuis quelques temps, au fin fond du Wyoming, à prétendre être l'élu du coeur de l'ex femme de son frère. Et ce n'était pas le pire, non, le pire, c'était que Riley l'avait aimé avant son frère et malgré le concours de circonstances, les litres d'eau qui étaient passés sous les ponts et les changements de vie des uns et des autres, ce simple fait semblait être une constante dans sa vie. Oh, bien sûr, c'était un phénomène clairement inconscient auquel il ne faisait plus attention depuis de nombreux mois mais on ne pouvait tout de même pas nier le fait que c'était là, quelque part, toujours en lui, comme si Eileen l'avait marqué au fer rouge à travers l'encre bleu de son stylo plume. En attendant, Riley vivait le moment comme il le devait, en étant totalement décontracté et oubliant même qu'il n'était pas Stanley le moins du monde; Tout ce qu'il retenait, c'était qu'il était l'ami d'Eileen et si elle avait besoin que le monde entier la croie encore mariée à Stanley Howing, Riley faisait en sorte qu'elle le soit et ses parents semblaient le croire avec une aisance particulière. Il fallait dire que Riley était excessivement doué pour copier les mimiques et expressions de son frère, ils avaient le même sang, les mêmes gènes, le même visage et le partage de nombreux souvenirs. C'était si simple de devenir quelqu'un d'autre, de devenir cet homme qui avait tous les droits d'aimer cette femme là. Naturel, spontané mais aussi tuant et hypocrite. Ce que Riley n'avait jamais vraiment été puisqu'il n'avait jamais été Stanley et ne le serait probablement jamais. Là où son frère jumeau était impitoyable, Riley prenait tout trop à coeur et finissait toujours par se noyer dans son désespoir mais le plus silencieusement du monde, en souriant à qui voulait bien le voir. Des années qu'il avait mal, des années que tous les gens autour de lui le croyaient l'homme le plu heureux du monde. Comment être heureux quand on était bien incapable de garder une femme entre ses bras plus d'une semaine sans devenir le pire des monstres d'indifférence? C'était lui, c'était ce qu'il était au plus profond de lui étant donné qu'il avait perdu la part la plus sensible et romantique de sa personne le jour où il avait écrit cette lettre d'adieu qui n'avait jamais atteint sa destinataire véritable.

Les lettres hantaient sa vie, ses rêves mais aussi ses peurs. Même lorsqu'il pensait ne pas les avoir en tête, ces souvenirs restaient la première chose qui le réveillait au petit matin et l'endormait le soir venu. Lui et elles étaient liées, tout comme Eileen était irrémédiablement lié à Stanley malgré le temps qui passait depuis leur divorce. Après tout, il était là à dîner chez les parents d'Eileen en racontant son bonheur le jour où il avait rencontré Eileen dans un café de Paris alors que c'était Stanley qui l'avait vu là bas. Le pire fut lorsqu'il décrivit la sensation qu'il avait eu lorsqu'il avait vu la jeune femme s'avancer vers lui dans l'allée de cette église. C'était effectivement ce qu'il avait ressenti mais à aucun mot, les regard d'Eileen ne lui étaient dirigés et avouer qu'il n'avait jamais eu la vision d'une beauté aussi pure en sachant qu'il n'avait jamais été acteur du spectacle le rendait nauséeux. Mentir le rendait malade, mais pourtant, il continuait, encore et encore. "Oh vous savez, votre fille, c'est tout à fait le genre de personnes qu'on n'oublie pas. Lorsque je l'ai rencontré, j'ai tout de suite su. Comme je vous disais, la voir me sourire, danser avec elle, prononcer des voeux éternels, c'est ce qui me fait dire que ce genre d'amour est possible. Et l'aimer, c'est si facile, si... Naturel pour moi. Ca partira jamais, je pense, quoiqu'il arrive." Masochiste, il était tellement masochiste qu'il osa même se tourner vers Eileen avec un sourire avant de regarder ses mains devant lui, sur ses genoux. Il tremblait, il fallait qu'il reprenne le contrôle de la situation. Alors, il annonça qu'il devait prendre le chemin des toilettes avant de s'éclipser en sifflotant, comme Stanley le faisait tout le temps. Il se dirigea au hasard et s'enferma dans la première pièce qu'il trouva sur son chemin. Les yeux fermés, Riley reprit sa respiration avant de rouvrir ses yeux sombres pour constater qu'il se trouvait dans la vieille chambre d'Eileen. Il s'avança et un léger sourire traversa ses lèvres lorsque sa main caressa le bureau où il l'imaginait écrire pour lui à l'époque. Il osa même s'asseoir devant le bureau pour humer l'air, totalement hagard, ses pieds battant au sol au rythme de sa respiration. Il se calmait... Jusqu'à ce qu'il tenta de se relever et fit tomber une boîte par terre, son contenu se renversa sur le sol et rapidement il se baissa pour ramasser les papiers. Son cerveau revint à lui lorsqu'il repéra sa propre écriture. Mes lettres. Il lut quelques lignes, nostalgique et heureux à la fois qu'elles soient toujours là, sans une éraflure puis lorsqu'il entendit des pas se rapprocher avec cadence, il rangea le tout rapidement et se releva, les mains dans le dos juste quand Eileen entrait. Bien entendu, Riley remit son masque de Stanley bien heureux et assuré dès cet instant là, souriant largement en la regardant. "Il semblerait que j'ai confondu la gauche de ma droite et au lieu des toilettes, j'ai trouvé ton ancienne chambre. Oups." Ce pauvre idiot avait toujours une lettre cachée dans son dos, il venait de réaliser la chose et dans tous les cas, il n'avait aucune idée de la manière dont la jeune femme réagirait. Tout ce qu'il savait à l'heure actuelle, c'était que le Riley en lui était plein d'espoir de sa trouvaille et c'était ridicule et inconscient, encore une fois. Il la regarda, probablement même qu'il la dévorait des yeux mais c'était le genre de détails qui ne choquaient jamais avec Riley. Il avait un regard perçant et il en disait bien plu avec ses yeux qu'avec des mots, probablement la raison pour laquelle il osa poser son regard sur Eileen puis le reste de la chambre, feignant l'ignorance totale de ce qu'il venait de vivre. C'était en lui, quelque part, caché. Toujours caché, de lui et des autres autour.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Sam 15 Nov - 4:23

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Rileen


J’avais l’impression d’avoir raté ma vie. C’était un peu désespérant. Je me sentais mal. je me sentais vraiment mal parce que je me demandais ce que j’allais bien pouvoir faire maintenant. J’avais trente ans déjà. Et j’étais de retour chez mes parents. J’étais une personne qui aimait se dépasser, qui aimait sa vie. Mais j’étais aussi quelqu’un qui ne montrerai jamais l’échec. Et pourtant l’échec était désespérément ce qui pouvait caractériser ma vie. Un échec cuisant. J’étais en plein doute. J’étais en proie au chaos. Comme si tous les éléments étaient réunis contre moi. Je n’étais pas une personne fataliste , mais je n’étais plus la personne joyeuse que j’aurai pu être. Je n’étais plus aussi heureuse et décontractée qu’avant. Et pourtant je ne pouvais pas le montrer. Je ne pouvais en rien expliquer réellement mon retour à la maison.  J’étais perdue. J’étais tellement déprimée en définitive, mais je ne pouvais pas le montrer. Et peut être que ce n’était pas plus mal d’ailleurs. Parce que je ne pouvais pas me laisser aller aux larmes. Je ne pouvais pas faire ma Bridget Jones à chanter All by myself devant un film romantique a deux balles en pleurant à chaudes larmes ! Et puis bon, je n’étais pas ce genre de personne. Le seul souci c’est que j’aurai en général réussi à me remettre de cet échec sentimental en me plongeant dans le boulot. Ca aurait été possible si je n’avais pas eu du tout la possibilité de le faire puisque même au travail rien n’allait. Je me demandais encore comment j’avais pu être assez idiote pour accepter cette imbécillité. Faire des photos de nus. Heureusement que ici, à Buffalo, personne ne le savait. Ce n’était pas plus mal. Je ne vous dit pas la honte qui s’abattrait sur moi. J’imaginais déjà les regards indignés de mes parents. Le haussement d’épaules de mon frère. Et puis probablement l’incompréhension de Riley. Et c’était peut être ce qui me peinerait le plus. Parce que mon père et ma mère me reviendraient bien sûr. Et que mon frère m’aimerait toujours. Mais Riley. Non pas parce qu’il jouait le rôle de Stanley auprès de ma famille, mais je l’aurai déçu. Je l’aurai probablement déçue et quelque part, ça me faisait un petit quelque chose. Oui, c’était étrange, il était mon beau-frère ; mais en cinq ans, nous nous étions assez rapprochés quand même. Et il avait été un grand soutien. J’avais peur qu’il me rejette lui aussi. Et qu’au final … je me retrouve toute seule encore. « Foutus Jumeaux Howing …  » avais-je l’habitude de dire depuis que j’étais allée à Paris. Et il faut dire qu’ils m’avaient donné matière à le faire …

C’était étrange comme sentiment. Mais je ne comprenais pas vraiment ce que Riley était en train de faire. Il était un beau frère très agréable, peut être même le meilleur beau-frère que l’on puisse avoir. Et il me rendait un très grand service je dois bien l’avouer. Mais lui, il avait quoi comme bénéfice là dedans. Il était parti de la France pour venir s’enterrer ici ? Dans le fin fond du Wyoming. Un grand chef comme lui ? Je ne comprenais vraiment pas ce qu’il pouvait y trouver. Mais j’étais dans un sens très heureuse qu’il soit là. Parce que dans un sens ça me faisait un allié, et j’avais bien besoin de ça. Il était, au jour d’aujourd’hui, probablement la personne qui me connaissait le plus ! Et oui c’était étonnant de le dire quand on savait que j’avais correspondu pendant des années avec son frère. Mais maintenant, il avait définitivement une place importante dans ma vie. Mais c’était assez troublant quand même. Regardez ce soir au repas. Il était … troublant oui, je crois que c’était bel et bien le mot. Parce qu’on s’y méprendrais. Oui je sais que c’est lui, Riley. Mais il était tellement … convaincant ! C’était dingue. Et mes parents semblaient beaucoup l’aimer. Je le savais parce que ma mère l’avait dit. Mon frère avait un avis un peu plus réservé là dessus. Mais c’était parce qu’il jouait son vieil ours avec moi, que voulez vous. On ne le refera pas ! Il me regardait, et continuait à mentir. Il avait l’air tellement sincère dans tout ce qu’il disait que j’en avais une boule dans la gorge. "Oh vous savez, votre fille, c'est tout à fait le genre de personnes qu'on n'oublie pas. Lorsque je l'ai rencontré, j'ai tout de suite su. Comme je vous disais, la voir me sourire, danser avec elle, prononcer des voeux éternels, c'est ce qui me fait dire que ce genre d'amour est possible. Et l'aimer, c'est si facile, si... Naturel pour moi. Ca partira jamais, je pense, quoiqu'il arrive." comment pouvait il faire ça. Comment pouvait il faire ça pour moi en sachant que j’étais mariée, enfin divorcée, de son frère ? Jumeau de surcroit ! Les jumeaux Howing ne cesseront jamais de me surprendre. Pourquoi, comment ? Je soupirais intérieurement, il me bluffait, il était tout simplement bluffant. C’était tellement convaincant. J’avais l’impression de réellement voir Stanley. Et en même temps, c’était douloureux, parce qu’à chaque fois que je posais les yeux sur lui je me souvenais pourquoi j’étais amoureuse de mon ex-mari. Et pourtant à chaque fois que je posais les yeux sur lui, je me souvenais de tout le mal qu’il m’avait fait. C’était douloureux. C’était … pourtant ce avec quoi je devais composer tous les jours. Nous vivions dans la grande chambre de Max qui n’était plus à la maison tout simplement parce qu’il y avait un grand lit. Oh bien sûr je dormais dans le lit et lui par terre, mais … Bon sang … c’était pas une vie. Combien de temps est ce qu’on allait faire ça !? Distraite je l’écoutais en jouant le rôle de l’épouse amoureuse de son mari. « Ne l’écoutez pas, Stanley est un beau parleur, il enjolive tout ! » dis-je doucement pour plaisanter. Il me mettait réellement mal à l’aise puisque e me posais de plus en plus de questions.  Mais voilà qu’il déclarait aller aux toilettes. Je souriais doucement et eut la sensation que je pouvais à nouveau respirer. Je souriais à mes parents qui étaient à nouveau en train de me complimenter sur mon époux. « Oui, Stanley est adorable, c’est un très bon mari » mentis-je. Il était plus vrai de dire que Riley était le parfait époux que Stanley aurait du être. Mais c’était pas le cas, et c’était Riley qui se retrouvais à jouer mon époux. En parlant de Riley, il était parti depuis un moment déjà, non ? « Je vais voir s’il ne s’est pas perdu. Je reviens » dis-je à mes parents avant de sortir de table.

Il n’était pas aux toilettes. « R-Stanley ? » appelais-je. J’avais encore un peu du mal à l’appeler ainsi tout le temps. Mais la porte de mon ancienne chambre était entrouverte. Ecarquillant les yeux je me demandais ce qu’l pouvait bien y faire. Et il savait bien qu’il n’avait rien à y faire au vu de l’air qu’il avait pris et sa surprise. "Il semblerait que j'ai confondu la gauche de ma droite et au lieu des toilettes, j'ai trouvé ton ancienne chambre. Oups." je le regardais et penchais la tête sur le côté « Je vois … » dis-je un peu nostalgique en retrouvant ma chambre. Je fermais la porte derrière moi. « Ca me fait bizarre de revenir ici après tous ce temps.  » je me dirigeais vers la fenêtre. « Oh tiens, je l’avais pas rangée celle la ! » dis-je doucement en désignant la lettre qu’il avait dans les mains. Je souris un peu et allais m’asseoir sur le lit près de lui. « On s’est envoyé un nombre incalculable de lettres avant que je vienne à Paris.  » J’étais nostalgique, et pourtant si je haïssais ce que « Paris » était devenu, j’aimais toujours ce lien qui nous avait unis. « Attends regarde » Je souris doucement et le forçais à se décaler pour prendre une des boites sous mon lit ignorant qu’il l’avait déjà trouvée. A genoux je posais la boite sur le dessus du lit et l’ouvrais. L’odeur de l’ancien, et du bonheur envahit l’air et mes narines me donnant les joues toutes roses. « Je suis désolée. Je … je suis un peu idiote d’être encore attachée à ça, hein ? » dis-je en prenant la lettre qu’il avait pour la ranger religieusement avec les autres avant de le regarder espérant qu’il ne me trouve pas trop sentimentale.


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E. Riley Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Lun 17 Nov - 19:27

Riley & Eileen

Stanley était parti depuis longtemps maintenant et pourtant, personne n'était véritablement passé à une autre page de son histoire. Son ombre était partout autour de Riley alors qu'il était à plus de mille kilomètres de ses souvenirs d'antan. C'était comme s'il n'avait plus de frère, plus de famille... Il était seul. Si seul que Riley n'arrivait même plus à imaginer faites de rires et d'instants partagés avec des gens qu'il connaissait depuis plusieurs décennies. Il ne savait pas réellement ce qui l'avait poussé à agir sur un coup de tête et choisir de se diriger vers l'aéroport le plus proche. Quelques jours plus tard, il était perdu au fin fond des broussailles américaines et aussi incroyable que cela pouvait paraître, il ne s'était jamais senti aussi lui même et surtout libre. Peut être qu'ici plus qu'ailleurs, Riley pourrait oublier qu'il n'était que le substitut de son frère jumeau. Du moins, c'était ce qu'il croyait mais était-ce une réalité? Jusqu'à preuve du contraire, absolument pas. Depuis qu'il avait posé le pied dans ce village, tous les bonjour auxquels il avait droit ne lui étaient pas vraiment destinés... Ils étaient tous pour Stanley, pour cet homme qui avait quitté leur vie depuis si longtemps. Pour sûr que de là où il était, il ne pensait clairement pas à son frère, ni à son ex femme et encore moins au reste de leur famille respective. Il était fort bien chez lui, dans les Caraïbes à vivre d'amour et d'eau fraîche pendant que les figures de son passé tentaient tant bien que mal d'entretenir son image. Et pourquoi hein? Pour Eileen. Tout ce que Riley faisait, même de travers, c'était pour son bien être à elle alors que la jeune blonde n'avait jamais pensé à lui que comme le beau frère généreux et toujours présent dont elle avait eu besoin après la brutale séparation avec Stanley. Et à chaque pas, chaque douleur et chaque moment, Riley avait été là, dans son ombre, à attendre qu'elle daigne lui adresser la parole. Cela faisait déjà bien longtemps que le jeune cuisiner avait laissé tomber même l'idée d'être ce qu'il avait été pour elle, Paris, ou n'importe qui d'autre qu'elle semblait avoir apprécié, autrefois. Tous ces souvenirs là avaient le même visage que lui et pourtant, pas le même nom... C'était Stanley, encore et toujours Stanley. Même les moments qu'il n'avait pas vécus à la place de Riley, il avait quand même trouvé le moyen de les lui subtiliser avec une facilité déconcertante. Riley n'avait plus rien eu auquel se rattacher depuis bon nombre d'années maintenant mais il était encore là, pour elle. Pour Eileen. Et même si chaque mot qu'il prononçait se devait être un des mensonges les plus exquis de sa vie, c'était probablement loin d'être le cas. Riley jouait le jeu, c'était ce qu'il s'était promis le jour où il avait appelé son frère. Il continuait de protéger Eileen malgré tout, malgré le fait qu'il retournait dans les tréfonds de son enfance dès qu'on l'appelait Stanley, dès qu'on omettait le fait qu'il était le jumeau oublié... Il oubliait qu'il était Riley alors que tout au long de sa vie, tout ce qu'il avait simplement voulu, c'était enfin être lui même, se libérer du fardeau de l'existence de Stanley et même s'il n'était plus dans les parages pour le hanter, son fantôme n'en partait pas pour autant. Après tout, il avait la même voix et le même visage que son frère et lorsque Riley regardait Eileen, il ne lisait dans ses yeux que le mépris qu'elle pouvait encore avoir pour Stanley, en dépit de l'amour qui continuait de percer dans ses prunelles. C'était dur à vivre, il avait le vague à l'âme à chaque fois mais, impassible, Riley avançait tout de même dans l'inconnu, annihilant toute peur qui arrivait jusqu'à son esprit.

Il était entré dans la chambre en oubliant même la raison qui l'avait obligé à pousser cette porte. Riley ne s'attendait à rien derrière celle-ci et pourtant, lorsque son regard était tombé sur ses lettres, quelque chose s'était passé au fond de lui... C'était comme s'il renaissait avant que l'arrivée d'Eileen n'interrompe le flot ininterrompu de ses pensées. Cette situation le rendait complètement dingue: comment était-il censé fonctionner correctement alors qu'il savait qu'elle avait gardé ses écrits? Comment était-il censé vivre alors qu'ils partageaient la même pièce quasiment vingt quatre heures sur vingt quatre. Il en venait à se demander s'il n'aurait pas mieux fallu que ce fut Stanley à sa place, même si sa présence aurait probablement blessé Eileen plus que leur divorce des années auparavant. Riley tenait le coup, tant bien que mal, et la surface neutre et impassible qu'il posait devant elle était étonnante. Il avait toujours eu un sang froid hors pair, personne n'arrivait jamais à définir ce qu'il ressentait derrière son visage qui ne trahissait aucune émotion. Riley était au contraire bien trop sensible mais tout cela, personne n'avait jamais été assez proche de lui pour s'en rendre compte, c'était autant sa plus grande qualité qu'un de ses pires défauts. Riley ne laissait personne l'approcher, par peur de souffrir, par peur de ne pas être assez, par peur de ne pas être Stanley, envers et contre tout. Il continua de sourire à Eileen malgré tout, ne sachant pas franchement comment réagir étant donné qu'elle l'avait presque prise en flagrant délit alors qu'il fouillait dans ses affaires. Il ne put que prétexter qu'il avait un manque d'orientation certain, ce qui était probablement le fait le plus faux sur lui comme il ne s'était jamais perdu dans Paris, pas même lors des premiers jours de son arrivée à dix huit ans à peine. Mais Eileen ne sembla pas réfléchir à la question et Riley la laissa prendre la lettre et ressortir la boîte qu'il venait juste de faire tomber. Pendant deux bonnes minutes, il l'écouta parler, son regard concentré sur le sien... Elle était nostalgique. Quelque chose en elle aimait Paris, aimait ce que cette homonyme lui avait conté dans ces lettres et pourtant, dans son esprit, Paris était Stanley et non Riley. Celui-ci tâcha de rester sans bouger, sans rien faire du tout mais en lui, l'affaire était différente. Il avait peur de ce qu'il pourrait confesser. Après tout, les années avaient passé, que gagnerait Eileen à savoir que Stanley n'avait jamais été cet homme là et que Riley l'avait empêché d'ouvrir les yeux? Il n'avait rien dit, pas après le début de leur histoire, pas avant leur mariage et clairement pas après l'annonce de leur divorce. Il avait laissé faire et il refusait de briser les rêves d'Eileen, de rendre ses plus beaux souvenirs avec son frère malheureux même s'ils n'existaient pas réellement. La regarder, en silence, oui, se taire. Souffrir au lointain mais ne rien dire pour autant. S'asseoir au bord du lit et finir par regarder ses mains, c'était tout ce que Riley était en mesure de faire alors qu'Eileen lui demandait si elle était vraiment stupide d'avoir gardé les reliques de cette relation... Si seulement elle savait que c'était de la leur dont il s'agissait. Depuis le premier jour, c'était eux. Et le reste du monde. Mais Riley releva les yeux vers elle avec un demi sourire, impassible en apparence comme toujours. "Tu l'aimais vraiment l'auteur de ces trucs, hein?" C'était con comme question, c'était tout à fait ce qu'il ne voulait pas demander parce qu'Eileen lui parlerait de Stanley, comme toujours et lui devrait encore une fois s'excuser pour l'attitude de ce jumeau qu'il tâchait d'oublier. Cercle vicieux, cercle d'adieu, en quelque sorte. "Non, c'pas ridicule, c'est... Humain. Et si je pouvais t'offrir ce que tu voulais, si je pouvais te le rendre lui, il est probable que je le ferais parce que mine de rien, c'est dur de te voir souffrir à cause de lui... A cause d'une personne qu'il n'a probablement jamais été." Aucune idée de ce qui le poussait à dire cela mais inconsciemment, Riley attrapa une autre lettre et s'amusa à en lire quelques lignes, manière comme une autre d'éviter de regarder Eileen pendant quelques instants. Ils avaient tout perdu des années auparavant et Riley continuait de tout perdre pour protéger quelqu'un qui n'était plus. C'était héroïque... Ou bien pathétique.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Lun 17 Nov - 20:12

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Rileen


J’étais désespérée. Etait il schizophrène ? Ou bipolaire, ou quelque chose comme ça ? Stanley hein, pas Riley. Non Riley était juste la personne la plus généreuse que j’avais jamais rencontré. Comment pouvait il faire ça, avec une facilité déconcertante ? Parce que Stanley m’avait abandonnée moi, certes, mais il l’avait abandonné lui aussi. Abandonner son frère est probablement une chose difficile, même si c’en était pas un je sais que mon départ pour Paris à beaucoup touché Max, mais comment est ce qu’on pouvait se remettre, et même faire ça, au départ d’un jumeau. Il y a un lien qu’on ne peut pas comprendre quand on n’est pas jumeau, pas vrai ? Et Stanley et Riley avaient toujours eu ce lien. Comment Stanley avait pu l’abandonner. Comment Riley pouvait il continuer alors qu’il voyait probablement en moi l’épouse de son jumeau, enfin la divorcée de son jumeau. Est ce qu’il m’en voulait ? Parce que quand on y réfléchit, il est parti çà cause de moi. Quelque part, non ? Sans moi il ne serait pas parti ? Il n’aurait pas quitté son frère ni sa ville ? Il … c’était à cause de moi je le savais bien. Et je me sentais coupable, terriblement coupable. C’était pour ça probablement que je le laissais être proche de moi. Peut être qu’il pensait se rapprocher de son jumeau en étant proche de moi ? J’en savais rien, je ne pouvais pas comprendre leur relation. Il n’en avait jamais parlé. Et Stanley non plus. Pas une seule fois Riley c’était exprimé sur le départ de Stanley. Et pas une seule fois Stanley n’avait exprimé sa relation avec Stanley. Je ne les comprenais pas. Et peut être que je n’avais pas à les comprendre … parce qu’il était probable que ça ne me regardait pas. Ce n’était pas mes affaires. Et pourtant voilà qu’il était là. Riley. A m’aider. A me conforter dans ce mensonge que je servais à mes parents. Et s’il n’avait pas été aussi convaincant, il est probable que j’aurai du, et pu, dire la vérité avant. Parce que ça me faisait mal de leur mentir sciemment. Mais maintenant qu’il était là. Et qu’il jouait Stanley. Je ne pouvais pas dire. « oh bah non, en fait c’est pas à Stanley que vous parlez depuis une semaine, c’est son frère jumeau. Riley. Parce que oui Stanley m’a quittée il y a six ans, d’ailleurs on est déjà divorcés. Oui papa, maman, j’ai raté ma vie, et je reviens vivre chez vous parce que je ne sais pas quoi foutre de mes dix doigts. Je suis perdue et dévastée et heureusement que Riley est encore là, lui ! » Non bien sûr que non. C’était égoïste pourtant. Riley avait probablement des choses plus importantes, et intéressantes d’ailleurs, à faire que me soutenir. Qu’être ici. Que faisait il ici ? C’était la première question que je me posais le matin en le voyant dormir par terre. Et la dernière question que je me posais le soit en le voyant dormir par terre. Dans quoi est ce qu’on s’était embarqués. Pourquoi faisait il ça ? Pour honorer la mémoire de son frère ? Ou pour me « sauver » de me parents et de la honte qui me tomberait dessus ? J’en savais rien du tout j’étais perdue et je ne comprenais absolument pas. Comment s’en sortir. Que faire ?

Dans la chambre, nous pouvions être Riley et Eileen. Heureusement. Enfin je le pensais, il pouvait avec moi être Riley, je savais qui il était, il n’avait pas à se cacher derrière son jumeau absent. Il restait immobile. Ma chambre me rendait en effet nostalgique. C’était grisant tout autant que déprimant. C’était … inexplicable en fait. J’étais perdue. Je ne savais pas ce que j’allais finir de ma vie. Je ne savais pas ce qu’on allait finir par faire. Parce que la supercherie ne pourrait pas tenir longtemps hein ? Et puis … je vis qu’il avait une lettre entre les mains. Les lettres de Paris, ces lettres qui m’avaient toujours réchauffées le cœur et que je comptais bien garder jusqu’au restant de mes jours. Je lui montrais les autres. Sagement rangées avec méthode sous mon lit. C’était des souvenirs heureux. Doucement je caressais le dessus de ces enveloppes. "Tu l'aimais vraiment l'auteur de ces trucs, hein?" je relevais les yeux sur lui et hochais de la tête positivement. « Bien sûr. Paris a été mon seul véritable ami. J’ai passé tellement de temps à lui répondre. J’ai tellement attendu ses lettres. Tous les jours. Tous les soirs. C’était grisant de ne pas connaître son prénom. De ne pas savoir. C’était plus simple de me confier à lui. T’as pas idée ce qu’il a pu être pour moi. Et je crois que je suis tombée amoureuse de lui. » je m’asseyais en tailleur sur le sol et baissais les yeux, un peu honteuse. « C’est idiot hein de tomber amoureux de mots, mais, il a toujours eu les mots juste, il a toujours su comment me parler, comment me faire rire ou sourire. » je haussais des épaules pour me remettre les idées en place. « Enfin … » je soupirais et le regardais. "Non, c'pas ridicule, c'est... Humain. Et si je pouvais t'offrir ce que tu voulais, si je pouvais te le rendre lui, il est probable que je le ferais parce que mine de rien, c'est dur de te voir souffrir à cause de lui... A cause d'une personne qu'il n'a probablement jamais été." je ne le regardais pas mais pris une des lettres sans l’ouvrir. « Mais c’est pas ce que je veux. Je veux plus le voir. Il m’a détruit. Stanley m’a détruite et je suis bien mieux sans lui. » dis-je un peu triste. Puis je réalisais ce que je voulais dire. « Enfin excuse moi … je … je sais que c’est ton frère. » je baissais les yeux et sortit la lettre de son enveloppe. « Tu as raison. Il y a un monde entre Paris et Stanley. Je ne comprends pas comment il a pu changer aussi radicalement. Je vois pas l’auteur de ces lettres m’av- » je me repris un peu, ma gorge s’était nouée « enfin je veux dire, nous avoir abandonné comme ça … » pourtant les choses étaient sous mes yeux, j’aurai du pouvoir comprendre que Paris n’était pas du tout Stanley, mais c’était ainsi qu’il s’était présenté. Je pouvais croire quoi d’autre ? Et je relisais ses mots. « Tu crois qu’il les a gardées lui, ou qu’il les a bazardées comme il a fait avec notre mariage ? » demandais-je en relevant les yeux plein de larmes vers lui.

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E. Riley Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mar 18 Nov - 2:30

Riley & Eileen

Paris était à conjuguer au passé et pourtant, toutes les pensées de Riley étaient dirigées vers ce simple mot de deux syllabes. Paris. Une ville. Un pseudonyme. Sa vie entière. On ne pouvait pas oublier toutes les consonances qu'un mot tel que celui-ci pouvait avoir sur une personne. Riley n'avait rien oublié de cet endroit, il avait encore moins oublié le moindre mot qu'il avait glissé dans ses lettres à l'intention de Buffalo. Pendant des années, cette correspondance était tout ce qui avait compté à ses yeux. Riley en avait oublié de vivre: il avait mainte fois sauter des rendez-vous avec des camarades de classe au féminin juste pour écrire à l'inconnue de l'autre côté de la plume. Pour beaucoup, cela semblait complètement insensé alors qu'aux yeux de Riley, c'était la meilleure décision qu'il ait jamais prise. Encore aujourd'hui, alors qu'il n'avait plus ce lien avec Eileen, il ne regrettait pas une phrase, rien du tout. Elle avait cette place spéciale dans son esprit et même si la vie avait repris, chacun de leur côté respectif, Riley ne pouvait pas laisser tomber la sensation qui l'attaquait lorsque sa mémoire lui ramenait Eileen au fond du crâne. Son frère avait eu beau la séduire, l'épouser avant de la détruire, Riley la voyait encore comme la jeune femme innocente qui était arrivé à Paris pour le rencontrer lui. Son romantisme le perdrait probablement mais Riley avait toujours été un peu à part: il n'était pas très bavard, les sentiments n'étaient pas ce qu'il maîtrisait le plus mais écrire, lui écrire, cela, il avait toujours su faire. C'était dommage qu'il n'était pas aussi bon avec l'oral qu'avec l'écrit d'ailleurs. Si cela avait été le cas, il aurait pu avouer tant de choses à Eileen. Riley aurait certainement pu lui dire qu'il avait toujours été le Paris derrière une plume délicate et sensible pendant que son frère brisait le coeur de toutes les parisiennes qui osaient le regarder discrètement. Il aurait pu lui dire qu'en six ans, plusieurs petites amies et des tas d'espoirs déchus, il n'avait jamais oublié le moindre mot qu'il avait lu d'elle. Il aurait pu lui dire qu'à un moment donné des plus sacrés de sa vie, il l'avait aimé avec une telle volonté qu'il s'en était perdu lui même... S'il voulait être totalement honnête, une bonne partie de Paris continuait de retracer les traits fins de Buffalo. Il les avait imaginés maintes fois, Riley en avait rêvé et puis, il avait abandonné. Être un substitut de Stanley, voilà ce que ses rêves d'antan laissaient encore suggérer. Riley avait accepté que cette situation resterait toujours sienne mais, intérieurement, il nourrissait une autre ambition. Il voulait être aimé pour lui, ce qu'il était, pas pour ce que son frère aurait dû être. C'était une situation des plus complexes à comprendre pour les gens de l'extérieur mais personne ne réalisait ce que ce pouvait être d'avoir un jumeau tout puissant lorsqu'on était un moins que rien, ou presque. Si Riley aimait Stanley plus qu'à sa propre vie, il l'exécrait tout autant pour tout ce que son existence lui rappelait en permanence. Et il n'y avait pas pire culpabilité pour quelqu'un comme Riley que celle de ressentir ce genre de sentiments pour sa moitié. Il en finissait par se haïr lui même, tout comme il se détestait d'être encore accroché à ses souvenirs de Pari et Buffalo quand plus rien n'était encore tangible. Des années qu'il avait raccroché la plume, des années qu'Eileen était devenue une autre et Riley était encore là à se rappeler d'elle comme la Eileen des lettres. Il lisait dans ses yeux, à vrai dire, Riley vivait encore pour eux, pour ce bleu céruléen, cette douleur qu'il pouvait entrevoir et qu'il voulait panser de sa douceur enveloppante.

Il y pensait sans arrêt. C'était devenu l'obsession de sa vie, qu'Eileen aille bien, qu'elle soit protégé en tout instant. C'était étrange de vouloir être là pour elle à chaque étape lorsqu'on était l'ex beau frère de trop dans toute l'histoire, mais Riley n'avait pas suffisamment confiance en lui pour se choisir une autre place. Il se voyait toujours comme le vilain de la bande, celui qui était capable de sombrer à tout instant dans les pires peines, celui qui faisait du mal à toutes les femmes qui étaient trop intrépides et s'accrochaient à lui quand il était incapable de s'attarder sur elles plus d'une semaine. Riley ne se voyait pas comme une bonne personne, tout juste comme quelqu'un de respectable et encore, c'était lors de ses meilleurs jours. Il se détestait depuis l'enfance, parce qu'il se pensait coupable des élans d'amour qu'il n'avait jamais eus. Son frère avait tout récolté, cela devait vouloir dire quelque chose, qu'il n'était pas quelqu'un d'important, qu'il ne méritait pas la tendresse ou l'affection d'une âme autre que la sienne. C'était quelque chose qu'il ne pouvait pas confesser et un phénomène qui était relativement inconscient d'ailleurs. Riley subsistait, c'était déjà pas mal, lui qui avait perdu la seconde partie de son être le jour où il avait commencé à détester Stanley plus qu'à l'aimer. Le drame de sa vie, sans aucun doute, la honte suprême. Le chef tentait de ne pas y penser, surtout pas depuis qu'il était tombé sur ses lettres et qu'il tentait de rester concentré sur les paroles d'Eileen. Il avait mal, Riley, il avait toujours mal au fond de lui. Il avait mal d'aimer sa voix, son sourire, sa gêne, ses yeux quand Stanley l'avait bien plus touché que lui n'avait pu l'effleurer de sa main. "Tomber amoureux des mots, c'est ce qu'il y a de plus beau dans une relation pareille... C'est quelque chose qu'on ne peut pas oublier, jamais, et c'est loin d'être stupide... C'est ce qui te rend si... Touchante." Eileen l'avait touché en plein coeur, cela oui, même si Riley était bien incapable de le dire. Il pouvait tout juste le laisser percer dans ce regard renfermé pour cause de la douleur qui ne guérirait jamais. c'était atroce pour lui de l'entendre confesser qu'elle était amoureuse de Paris, de ce Paris qu'il avait été sans qu'elle ne comprenne que c'était bien lui et personne d'autre mais Riley acceptait son tortueux destin. Il souriait malgré tout, étrangement, en écoutant la suite. "Il t'a pas détruite... Stanley t'a prouvé que tu valais mieux que ça. Comme il m'a prouvé que j'avais pas à rester dans son ombre pour l'éternité si je voulais véritablement vivre." Elle était si forte, lui était si minable. Il était encore l'ombre de Stanley... Ne jouait-il pas le mari parfait que son frère n'avait jamais été? Ne devenait-il pas ce qu'il avait toujours voulu être... Stanley. Oui, Stanley. Il en rêvait encore, intérieurement. "Parce que Paris n'est pas Stanley, tout simplement. Ce que Stanley aime, c'est la chasse. Il n'aime pas, il dévore. Et puis se lasse. Paris aime intensément et sur la durée... Clairement un problème de double personnalité. Après tout, les écrivains ne sont jamais identiques lorsqu'ils utilisent leur plume et lorsqu'ils ouvrent la bouche. C'est comme ça." Surtout parce que Riley et Paris existaient encore alors que Stanley n'était qu'un âcre souvenir. Mais le cuisinier n'osa rien de plus, se contentant de lire les mots sous ses yeux. Il était si à l'aise avec ces écrits avant le désastre, il était si prévenant et si heureux de l'avoir, elle. Aujourd'hui, Riley n'avait que son fantôme et son sourire se fana légèrement lorsqu'il reposa la lettre dans la boîte, le jeune homme osant regarder Eileen en face. Cette question n'en était pas une parce que lui avait la réponse. Il savait très bien où étaient les lettres, il n'avait jamais égaré l'une d'entre elles. Jamais, ô grand jamais et en la regardant, sa voix s'élança d'elle même. "Les lettres existent encore... Même si le mariage l'a tué intérieurement, les lettres sont encore dans son coeur, elles le seront pour toujours. Crois moi." C'était de lui dont il parlait, c'était lui qui regardait Eileen. Riley. Oui, Riley, qui, les coudes sur les genoux, la regardait. Jusqu'à se perdre dans ses yeux, jusqu'à s'oublier. Ce qu'il aimait faire plus que tout.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mar 18 Nov - 3:41

 someone like you
Rileen


Quelle était cette situation mortelle. J’étais perdue entre deux eaux. J’étais perdue dans ma vie, dans ce qui faisait qui j’étais. Qui j’ai été. Et qui je serai. Je ne savais pas, je ne savais plus. Je n’étais plus sûre de rien et je ne savais même pas ce que j’étais en train de faire là. Est ce que j’avais raison d’être revenue à la maison. D’avoir fui Paris qui n’avait plus rien à m’offrir à présent qu’une honte douloureuse à la vue de ces photos dénudées que je m’en voulais d’avoir fait. J’étais stupide. J’étais terriblement stupide. Je n’aurai jamais du avoir l’envie de venir à Paris. Je n’aurai jamais du quitter Buffalo. J’aurai probablement fait un bon mariage, je serai heureuse et mère de trois enfants probablement, et ma vie ne serait pas compliquée. On dit qu’il faut vivre son rêve. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que le rêve peut se transformer en cauchemar. Ou alors je serai restée à Buffalo. J’aurai été bibliothécaire, j’aurai passé ma vie à échanger des lettres avec cet inconnu qui aurait bien fini par se lasser de moi et qui m’aurait probablement abandonnée un jour. J’étais désabusée. Je ne savais pas quoi faire. J’étais en proie au doute. J’étais une débile profonde. Et je le savais bien. J’étais une fille de la campagne qui s’est prise pour la reine du monde. C’est pas parce qu’on sait un peu dessiner qu’on mérite Paris. Et je n’avais jamais mérité Paris. Celui des lettres ou la ville. Je n’étais qu’une campagnarde qui s’était brûlé les ailes en s’approchant trop près du soleil. Tout se paie un jour. J’ai payé mon affront de quitter le berceau familial de la manière la plus chère. Divorce. Honte professionnelle. Et j’étais à présent de retour à la case départ. Et je donnerai tout pour pouvoir revenir des années en arrières. Ne pas aller à Paris. Ne jamais le rencontrer. Continuer cette relation épistolaire sensible et heureuse. J’étais dans le flou le plus total. Je ne savais pas comment avancer. Je ne voyais pas non plus comment reculer. J’étais …

Et lui. Il était là. Il était encore et toujours là et je ne comprenais pas pourquoi. Dans chacun de ses traits je voyais Stanley, et pourtant ses gestes étaient plus tendres. Ses intentions étaient différentes. Et au contraire, lui ne me laissait pas. Il me collait, peut être plus que je ne l’aurais voulu. Mais paradoxalement ça me plaisait tout comme ça me révulsait. Et je m’en voulais. Je pourrai l’aimer. Lui. Mais est ce que c’était bien ? Il était Stanley physiquement, mais il était tout à fait différent. Est ce que tomber amoureuse de lui serait mal ? Cela serait bien plus simple de jouer la comédie. Qu’il soit Stanley aux yeux de tous. Mais je savais. MOI, je savais que c’était pas Stanley, que c’était Riley. Et je raconte et pense n’importe quoi. Je devenais folle. C’était le sentiment que j’avais. L’impression que j’avais. Mais sa présence était troublante. Je sentais qu’il n’était pas Stanley, et heureusement car à vrai dire je ne pourrai pas du tout supporter d’avoir Stanley à mes côtés. Je n’ai jamais été une personne violente ou foncièrement méchante. Mais je crois qu’avec lui … oui ça pourrait arriver. Il y a une telle haine en moi. Mêlée à la douleur et à des relents d’amour. Il m’avait plu. Immédiatement, et pourtant … Et Riley. Comment pouvait il faire !? Comment pouvait il jouer le rôle de Stanley ? Ca devait être aussi dur pour lui que ça l’était pour moi je le supposais facilement. J’étais désemparée, et je me jurais un jour de lui demander ce qu’i préférait faire. Peut être devrions nous simuler une dispute ? Peut être que ça serait plus simple ? Mais je n’étais pas capable de ne plus l’avoir dans ma vie. Je le disais. Je le disais haut et fort, j’avais besoin de Riley dans ma vie. Oh pas Stanley ou bien Stanley joué par Riley. Mais bel et bien Riley. Lui et personne d’autre. Sa présence. Son attention. Son écoute. Sa gentillesse. Mon incompréhension face à sa présence à mes côtés n’avait d’égal que ma reconnaissance qu’il le soit. Et dans un sens oui, je l’aimais.

Ces lettres étaient mon passé, elles étaient nostalgiques et me ramenaient à des souvenirs qui n’appartenaient qu’à moi. Que personne pas même Stanley ne me volera. Je le regardais, il observait les lettres. Son visage était calme et tranquille, comme toujours. Il était ainsi Riley, on ne pouvait pas lire ce qu’il pensait sur son visage. Non. Ca aurait été plus simple hein ? Mais c’était pas le cas. Et je me demandais ce qu’il pensait des lettres. Certainement qu’il pensait que c’était débile, et puéril. Comme mon frère l’aurait pensé. Mais pourtant … ses paroles ne le semblaient pas. J’étais émue. J’en avais les larmes aux yeux et quelque part je m’en voulais qu’il me voit ainsi. J’étais perdue et je ne parvenais pas à me reprendre. Ces lettres avaient ouvert des vannes que je ne parvenais plus à fermer. Un bref regard vers le passé. "Tomber amoureux des mots, c'est ce qu'il y a de plus beau dans une relation pareille... C'est quelque chose qu'on ne peut pas oublier, jamais, et c'est loin d'être stupide... C'est ce qui te rend si... Touchante." je le regardais. Il me surprit. Touchante ? C’était ce que j’étais pour lui. Touchante. « Touchante … » je rougissais un peu et haussais les épaules. J’étais toujours perdue. Pourquoi est ce qu’il semblait me comprendre. « Tu ne lui ressembles pas du tout tu sais … » soupirais-je. « Et je dis ça de manière positive. C’est bien. C’est une bonne chose. » Je ne voyais pas Stanley écrire ces lettres … et pourtant ça avait été le cas. "Il t'a pas détruite... Stanley t'a prouvé que tu valais mieux que ça. Comme il m'a prouvé que j'avais pas à rester dans son ombre pour l'éternité si je voulais véritablement vivre." je soupirais un peu et ramenais mes genoux sous mon menton. « Tu as raison. Je crois que c’est moi qui l’ai détruit. C’est à cause de moi qu’il est parti. Je suis désolée Riley … Je sais même pas ce que j’ai fait pour le faire fuir. » j’étais désespérée et je me posais des millions de questions. Les mêmes questions depuis déjà six ans. "Parce que Paris n'est pas Stanley, tout simplement. Ce que Stanley aime, c'est la chasse. Il n'aime pas, il dévore. Et puis se lasse. Paris aime intensément et sur la durée... Clairement un problème de double personnalité. Après tout, les écrivains ne sont jamais identiques lorsqu'ils utilisent leur plume et lorsqu'ils ouvrent la bouche. C'est comme ça." j’arquais un sourcil. Paris n’est pas Stanley. Je soupirais. « J’aurai aimé ne jamais rencontrer Stanley. J’aurai aimé me contenter de Paris. J’ai eu les yeux plus gros que le ventre. » je me mordis la lèvre. « Et j’ai tout gâché. Sans moi tu aurais encore ton frère … j’aurai du rester Buffalo … » je fermais les yeux un peu. J’étais perdue. Je ne l’aimais plus, ou j’aimais plus la personne mais j’aimais encore les mots. Mais c’était fou de dire ça. J’étais probablement folle. Oui … folle. Cela pourrait expliquer plein de choses … "Les lettres existent encore... Même si le mariage l'a tué intérieurement, les lettres sont encore dans son coeur, elles le seront pour toujours. Crois moi." je soupirais complètement perdue et vidée de toute substance. « Je crois que je vais devenir folle … » à moins que je le sois déjà. Puis entendant le parquet craquer dans les escaliers je me relevais rapidement et fondais sur lui sur le lit juste au moment où ma mère ouvrait la porte. Elle avait le chic pour casser les ambiances à couper au couteau. Immédiatement elle s’excusa et nous expliqua qu’elle se demandait ce qu’on fabriquait. « Heu, on va passer le dessert je crois ! » dis-je pour qu’elle ne s’éternise pas. Heureusement elle quittait rapidement la pièce. « Excuse moi » dis-je en réalisant tout d’un coup que j’étais vautrée sur lui. « Attend je me relève pour te laisser respirer »Mais voilà que mon pendentif s’était accroché à son col nous imposant une proximité toute nouvelle. « Merde, je crois que mon collier … » dis-je en baissant les yeux sur son T-Shirt.

OUI JE SUIS SADIQUE ! JE SAIS ! JE ME SUIS TUEE MOI MEME EN L’ECRIVANT ! JE TE DONNE LA PERMISSION DE ME HAIR


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E. Riley Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mer 19 Nov - 0:14

Riley & Eileen

C'en était risible ce que cette situation était devenue. Tout avait dérapé si facilement et désormais, le puzzle était insoluble... Il manquait une pièce, la pièce maîtresse si on pouvait le dire. Sans elle, rien n'avait de sens et le puzzle était à jeter dans sa totalité. Il manquait une partie de son coeur à Riley et l'autre moitié, il ne la maîtrisait pas depuis des années. Un bout était parti avec Stanley, le second ne voyait qu'Eileen. Comment était-il censé subsister en ne possédant plus rien? Il avait encore un corps et des pensées qui lui étaient propres. C'était la seule chose qu'il conservait encore mais cela ne l'aidait pas à fonctionner comme auparavant. Son corps était entièrement relié à son esprit et celui-ci était clairement trop épris des émotions qui taraudaient son coeur, ce coeur qu'il avait perdu en cours de route. Riley ne fonctionnait pas, non, il survivait tout juste dans cette vie qu'il n'avait jamais voulu. Il n'avait jamais eu des rêves fous, clairement pas même, Riley n'avait jamais été le genre d'enfants à rêver d'attraper la lune ou le soleil ou faire le tour du monde en moins de dix jours. Il était plutôt le gamin qui avait su très jeune ce qu'il voulait de la vie... De la simplicité et pouvoir vivre de sa passion. Il n'avait aucun des deux à l'heure actuelle. Si pendant plus de dix ans, Howing pouvait se targuer d'avoir au moins la coupe à moitié pleine, aujourd'hui, ce n'était plus le cas. Riley n'avait même plus la cuisine et pour ce qui était de la simplicité, il ne l'avait jamais vraiment eu. Quand on naissait dans la famille dont il avait hérité, on n'avait pas le droit d'avoir peu d'ambition, de rêver petit. Riley ne l'avait pas compris, il en avait souffert toute sa vie de ce manque d'amour parental et même fraternel. Il était le jumeau de trop, celui qui n'était pas assez bien, celui qui était trop différent des standards familiaux, il n'était que Riley, cela ne pouvait pas compter pour un tout. Rien. Oui, il n'était rien, pas même la pièce d'un micro puzzle, il avait vendu son coeur pour cela, pour s'échapper d'une énigme dont il n'était pas le maître, c'était probablement la pire décision qu'il avait pu prendre au cours de sa jeune vie étant donné que deux vies avaient été détruites, au lieu d'une. Le désastre de sa vie, Riley pouvait vivre avec, il en était habitué, mais pour ce qui était d'Eileen, c'était une autre histoire. Il n'arrivait pas à la voir malheureuse et pourtant, cela faisait d'ores et déjà six ans qu'il était témoin de sa peine. Il avait beau la soutenir, être présent, prendre même la place de Stanley pour que la honte ne la ronge pas, il n'était pas suffisant. C'était bel et bien un nouvel exemple effroyable de ce que Riley était pour les autres. Pas grand chose. Tout juste de la poussière qu'on pouvait décimer au vent lorsqu'on n'en avait plus véritablement besoin.

Riley ne pouvait plus permettre de se laisser attraper, de se laisser mourir à petit feu, même si c'était la facilité de l'histoire. Il ne pouvait plus être aussi altruiste, il s'y perdait, il s'en brûlait les ailes et la douleur était devenu paralysante. Etouffante. Riley étouffait de l'amour qu'il portait encore à un frère qu'il devait sans doute haïr après tous les événements qui les séparaient ainsi que les années. Il étouffait d'autant plus d'aimer cette femme de loin, sans vraiment oser le faire, sans vraiment se l'avouer à lui même de peur que le tout ne devienne trop réel, trop tangible. Sa vie n'était plus que cela, poussière, attente, désespoir mais bafoué. Riley s'en fichait pas mal de souffrir, il y était abonné depuis sa naissance ou pas loin après ce moment là et depuis lors, il n'avait pas eu la sensation d'avoir été heureux plus de deux jours d'affilée. Ce n'était pas si grave ou du moins, pour lui, ce n'était pas important. Vivre dans l'ombre lui avait tout de même permis de se trouver un métier, de devenir quelqu'un de grand dans son domaine même s'il avait tout foutu en l'air parce qu'il avait perdu tout intérêt à sa cuisine le jour où tout s'était effondré sans crier gare. Et il était là, perdu à Buffalo, sans espoir de retrouver sa gloire d'antan, pas même son flegme. Il était là uniquement pour elle, alors qu'elle ne voulait qu'oublier son visage. Riley n'était pas dupe, c'était le problème quand on avait un frère jumeau aussi envahissant que Stanley, on finissait toujours par se prendre les flots de haine qu'il méritait, lui. Le plus jeune des frères s'en sortait bien avec le mépris, il encaissait tout avec une aisance naturelle et personne ne se doutait qu'il lui arrivait de souffrir également du regard des autres. Il ne montrait rien, comme toujours, pas même lorsque Eileen laissa supposer qu'il n'était pas le moins du monde comme son frère. Au moins, quelqu'un le remarquait même si c'était vraisemblablement trop tard et sans intérêt. "Si justement, j'lui ressemble. Tout ce que les gens voient, c'est ça. Notre visage, notre voix... Notre. Tout est nôtre et j'peux pas être Riley sans être Stanley maintenant, c'trop tard. C'p'tet pour ça que j'suis si doué à le jouer, lui. C'trop tard, oui." Et Riley détestait cela. Il ne voulait pas devenir comme Stanley, il ne voulait pas se servir des gens, encore moins leur faire du mal gratuitement mais il était tout de même le premier à se faire passer pour lui... Et pour quoi? Pour elle, toujours pour elle. Si ce n'était même pas évident pour elle, que pouvait-il y faire vraiment? Rien. Plus rien. "Et en quoi tu serais responsable de sa fuite? Il t'a quitté parce que c'un lâche qui n'a même pas été capable de t'aimer. C'impardonnable, ça." Et Riley avait de la colère à laisser sortir mais ce n'était pas pour tout de suite. Il avait réussi à prononcer ces quelques mots de manière très calmes, ils étaient presque susurrés. Riley ne pouvait pas se permettre de déraper, clairement pas. "Tu devrais arrêter de t'en vouloir pour tout et n'importe quoi. T'as suivi ton rêve, t'as rien à regretter, certainement pas d'être venu à Paris... Non, regrette rien. Pense plutôt à la suite, à ce que tu vas faire maintenant, t'as encore toute la vie devant toi et si c'est sans Stanley, c'pas plus mal non?" Parce qu'effectivement, c'était bien Stanley qui ne méritait pas Eileen, pas l'inverse. Et peut être que cela s'appliquait également à Riley. Peut être que c'était Stanley qui ne méritait pas un frère pareil et pas l'inverse. Sur le sujet, Riley n'était pas un expert mais il avait la sensation d'avoir toujours été là pour son jumeau et les seules fois où Riley avait eu besoin de lui en retour, il n'avait eu le droit à rien du tout. Des adieux même pas prononcés. Il lui en voulait tellement pour tout cela, pour ce qu'il avait vécu loin de lui, pour ce qu'il lui avait volé en toute connaissance de cause. C'était atroce d'avoir mal pour deux et c'était ce que Riley faisait. Il souffrait pour Eileen et il culpabilisait à la place de Stanley, quel masochiste. Un masochiste qu'on faisait souffrir inopinément par dessus le marché. Le pauvre Riley n'eut pas le temps de réagir qu'Eileen se retrouvait sur lui, que sa mère entrait puis ressortait en l'espace de deux secondes et le pauvre ne put que regarder Eileen. Elle était proche, trop proche pour son propre bien et au lieu de se détacher de lui, elle trouva le moyen de coincer son collier dans ses fringues. Riley ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais les mots restèrent coincés quelque part sur ses cordes vocales. Silence. Puis, il trouva la main d'Eileen sur son col et l'aida à retirer le bijou de là, respirant lentement mais à l'intérieur, il n'en menait clairement pas large. "Au moins, là, on est sûrs que Stanley & Eileen sont bel et bien mariés aux yeux de toute la famille... Mission accomplie, fausse épouse. Mais rassure toi, là je suis Riley et non Stanley. Lui aurait certainement profité de la situation... Pas le frère dans l'ombre." Et il aida Eileen à se détacher de lui alors qu'il se relevait et allait se promener jusqu'à la fenêtre de la chambre, les yeux teintés d'une douleur certaine pointés vers l'horizon. Il n'aimait pas tout cela, il n'aimait pas ce que cela faisait à son coeur... Cela le bousillait, royalement. Il ne regardait pas Eileen, les mains sur les hanches, les yeux qui se levaient au plafond désormais. "On va faire quoi Eileen, dis moi..." Et il se tourna vers elle. Il l'aimait tellement inconsciemment et rester marié pour de faux avec elle était la plus belle chose qu'il ait pu avoir dans sa vie mais aussi la plus douloureuse. "J'veux dire... T'as un plan pour l'avenir?" C'était con, même cela, il n'était pas capable de lui demander correctement. Cet idiot était clairement capable de rester à dormir sur le plancher pour la vie entière. Pour elle, tout pour elle.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mer 19 Nov - 1:27

 someone like you
Rileen


La folie me guettait, j’en étais proche, j’en étais sûre. C’était inévitable. Indéniable. Et tellement logique. Je me posais des questions. Des millions de questions. Et elles tournaient toutes dans ma tête. J’en pouvais plus, j’savais plus quoi faire. J’savais plus quoi penser. C’était assourdissant. Je ne pouvais plus qu’entendre ce vacarme quand je fermais les yeux. Quand je ne les fermais pas d’ailleurs. Je me sentais nulle. Et idiote. Et débile. Et toute une ribambelle d’adjectifs dépréciatifs encore du même genre. Et pourtant c’était ce que j’étais. Une pauvre p’tite campagnarde. Une fille qui avait vu plus grand qu’elle n’aurait jamais pu atteindre. On ne peut pas et on ne doit pas atteindre ses rêves. Parce que c’est impossible. Et c’est le propre du rêve. C’est imaginé. Fantasmé. Et surtout … totalement irréel. Et j’étais terriblement perdue. J’avais été amoureuse, réellement amoureuse dans ma vie, deux fois. Et il semblerait de deux personnes. C’était étrange. Et pourtant c’était ainsi. J’avais été amoureuse stupidement mais profondément de Paris. Ce confident épistolaire à qui je pouvais tout raconter et qui pouvait tout entendre. Cette oreille qui m’avait confié une myriade de chose plus intimes les unes que les autres. Cette relation personnelle et très privée m’avait ouverte au sentiment réel qu’est l’amour sous sa forme la plus pure et la plus primaire. L’affection et la douceur. La candeur et la joie de se lire. Ce pouvoir était immense. Paris a longtemps été le propriétaire de mon cœur. Comme si ses mots avaient le code, la combinaison pouvant y accéder. Et puis il y avait eu Stanley. Et Stanley n’était tellement pas comme Paris. Ce n’était pas du tout la vision que je me faisais de lui. Ses mots avaient tellement de contradictions avec ses paroles. Mais j’avais été séduite. Immédiatement. C’était comme une attraction. Ca avait été direct. Et je savais bien qu’il n’était pas tout à fait comme sa plume. Stanley était franc là ou Paris était délicat. Stanley était blagueur là ou Paris était fin. Stanley avait un visage là ou Paris avait une plume. Peut être que Paris était mon amour adolescente et que Stanley était mon amour adulte. Et pourtant quand on voit comment ça a tourné … j’aurai du rester uniquement amoureuse de Paris. De ne connaître de Stanley que cette identité épistolaire. Il était incroyable, maintenant avec le recul, que j’ai pu tomber sous son charme. Je ne me souviens pas qu’il ait parlé de nos lettres plus que ça mais j’avais mi ça sur le compte du fait qu’on se voyait à présent, on n’avait plus besoin de ça. Et pourtant c’était à présent bel et bien la seule chose qui me restait.

Et j’étais embarquée dans un truc qui m dépassait complètement. C’était l’esprit totalement perdu que j’avançais chaque jour à présent. Je ne savais pas ce dont était fait l’avenir. Et je ne le comprenais pas. Riley. Pourquoi faisait il ça. J’étais aveugle, n’est ce pas. Ne pas comprendre que le beau frère était tombé amoureux de l’épouse de son frère. Peut être que j’étais aveuglée par le fait qu’il ait l’identique visage de mon mari. Un visage que je connaissais tellement. Et que je ne voulais plus voir. Et pourtant que je voulais voir en la présence de Riley. C’était peut être étrange mais je savais faire la différence entre les deux. Stanley et Riley. Le premier était plus détaché et s’en fichait de tout, son regard n’était jamais posé sur quoi que soit, tout comme son esprit. Alors que le second était bien plus déterminé et sensible. Il avait une tendresse dans les yeux et se préoccupait des autres bien plus que de lui même. Nous étions dangereux l’un pour l’autre. Nous étions un poison et je ne savais pas précisément pourtant à quel point j’en étais un pour lui. J’ignorais ses sentiments, son amour secret pour moi. J’ignorais qu’il était Paris. Qu’il était celui dont j’étais tombée amoureuse en premier. Et pourtant, tout était là, sous mes yeux. Sous mon nez ! Tout aurait du m’interpeller. Jusqu’à ses paroles qui avaient presque toutes un double sens. Mais moi j’étais paumée. Terriblement paumée. Seule dans le noir et la seule chose qui me permettait d’avancer, c’était lui. Sa main à laquelle je m’accrochais de toutes mes forces. Il était mon ancre. Mon phare. Ma lumière au bout du tunnel. Ce qui était assez risible cependant était que cette personne qui avait volé mon soleil n’était autre que son jumeau.

Cette intrusion dans mon passé avait été soudaine et imprévue. Mais ça avait été pour moi une aubaine pour pouvoir lui montrer une autre facette de moi. Il ne savais probablement pas pour les lettres. Ou du moins je le pensais. J’étais toujours aussi perdue, mais face à ces lettres je retrouvais un petit peu l’équilibre. Comme si elles étaient une ancre. Comme si elles avaient le pouvoir de me ramener les pieds sur terre. Il était à côté de moi et je ne pouvais que constater à quel point il était différent de Stanley. Lui était sensible et aimant. Pas que Stanley ne m’ait pas aimé ou soutenue. Mais pas ainsi. Pas aussi … intensément. Je ne comprenais pas comment il pouvait me suivre. Je ne comprenais tout bonnement pas. "Si justement, j'lui ressemble. Tout ce que les gens voient, c'est ça. Notre visage, notre voix... Notre. Tout est nôtre et j'peux pas être Riley sans être Stanley maintenant, c'trop tard. C'p'tet pour ça que j'suis si doué à le jouer, lui. C'trop tard, oui." je fronçais les sourcils. Je haussais les épaules. Ca me faisait mal qu’il pense ça, parce que ce n’était pas vrai. "Et en quoi tu serais responsable de sa fuite? Il t'a quitté parce que c'un lâche qui n'a même pas été capable de t'aimer. C'impardonnable, ça." Je soupirais doucement. Bien sûr que si j’étais responsable de sa fuite. S’il s’était senti bien, il aurait décidé de rester il ne serait pas parti à l’autre bout du monde avec une de mes amies. Si j’avais été celle qu’il fallait. Si j’avais été la femme parfaite. « Arrête de dire ça Riley. Bien sûr que c’est de ma faute. Je n’ai pas su être à la hauteur de la femme qu’il attendait. Qu’il avait besoin. Mais j’ai fait la paix avec ça. Je sais que c’est de ma faute et j’en serai toujours convaincue, mais je ne peux pas te laisser penser que vous êtes semblables. Parce que Riley, Non. Tu ne lui ressembles pas. Physiquement peut être oui. Mais pas mentalement. Riley, n’oublie jamais qui tu es. Tu es RILEY! Et toi aussi tu es important. Pour moi. Comme tu dis, il n’a pas été capable de m’aimer, alors que toi si ! Tu es resté toi. Tu es toujours là pour moi. Toi ! Et c’est ça, Riley, qui fait que tu es toi. Et c’est toi que j’aime pour ça. Tu es peut être son jumeau. Tu es peut être celui qui me le rappelle le plus sur terre. Mais tu es aussi celui qui lui ressemble le moins possible. Tu as ta personnalité propre. Tu as tes pensées propres. Arrête de te cacher derrière lui. » c’était égoïste et irréalisable de ma part de lui demander ça. C’était méchant dans un sens même. Mais c’était quand même vrai. J’avais envie qu’il puisse être lui même. Qu’il arrête de se cacher derrière une personne qu’il n’était pas. Et qu’il ne serait jamais.

"Tu devrais arrêter de t'en vouloir pour tout et n'importe quoi. T'as suivi ton rêve, t'as rien à regretter, certainement pas d'être venu à Paris... Non, regrette rien. Pense plutôt à la suite, à ce que tu vas faire maintenant, t'as encore toute la vie devant toi et si c'est sans Stanley, c'pas plus mal non?" je haussais les épaules. Il avait peut être raison. Ou pas. Moi je m’en voulais. Peut être pour tout ou n’importe quoi, mais je m’en voulais et j’estimais avoir raison. Je ne regrettais pas d’être venue à Paris. Du moins pas réellement. « Je ne sais pas quelle suite il va y avoir. Je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie. Mais une chose est sûre, je n’ai pas besoin de Stanley. » j’avais dit ça abruptement, mais c’était vrai, je n’avais pas besoin de Stanley. Je n’avais plus besoin de lui, ou des regrets. Mais j’avais besoin de lui pour le moment. Et je ne sais pas encore jusqu’à quand.

Et puis ma mère choisit ce moment pour entrer. Elle avait toujours eu un timing de fou. Et aujourd’hui ne semblait pas déroger à la règle. D’un coup je me levais donc pour me jeter sur le lit. Il fallait bien prétendre pour les apparences. Je me dépêchais de renvoyer ma mère a la cuisine et elle partait en lâchant un petit gloussement amusé. Je levais les yeux au ciel et m’excusais auprès de Riley. Mais il fallut qu’on se retrouve plus proche que prévu. Je ne l’avais pas vu d’aussi près, et quelque part ça me troublait un peu. Plus que ça n’aurait du. Je n’avais vu personne d’aussi près depuis … Stanley à vrai dire. Je respirais un peu difficilement, c’était pas habituel. C’était bizarre. Je sentais son souffle chaud sur mon nez et essayais tant bien que mal de me décrocher de lui. Enfin le pendentif de son col. Grace à son aide précieuse nous étions enfin libéré de cette étreinte forcée. "Au moins, là, on est sûrs que Stanley & Eileen sont bel et bien mariés aux yeux de toute la famille... Mission accomplie, fausse épouse. Mais rassure toi, là je suis Riley et non Stanley. Lui aurait certainement profité de la situation... Pas le frère dans l'ombre." je me mis à rire doucement. « Ne t’en fais pas, je t’ai déjà dit, je sais qui tu es Riley. Je sais bien que tu ne profiterais pas de moi. » je m’asseyais sur le lit et le regardais marcher un peu plus loin dans la chambre alors que je remettais mon collier en place. Ça avait été troublant. Pourquoi est ce que j’avais été aussi … perturbée d’en être aussi près. Et il me sortait de mes considérations et de mes questions. "On va faire quoi Eileen, dis moi..." je levais les yeux vers lui, impuissante. Et surtout … sans réponses. Je ne savais pas. Je haussais les épaules d’ignorance. "J'veux dire... T'as un plan pour l'avenir?" je soupirais un peu. « Je ne sais pas. J’ai rien de précis en tête. Une chose est sûre. Je sais juste que … » je me levais pour aller le rejoindre près de la fenêtre. « Je comprends pas comment tu fais. » je regardais mes parents assis dans le jardin en bas en train de siroter un bon thé. « Jouer la comédie. Mettre Riley de côté comme ça. Jouer Stanley auprès de tous. » je posais la tête sur la vitre de la fenêtre. « Pour moi … » je fermais les yeux. « Dis moi sincèrement Riley, pou- » mais une nouvelle fois on était interrompus par des coups à la porte de la chambre. Si c’était pas mes parents c’était Max. Je levais les yeux au ciel et pris instinctivement la main de Riley avant de me pencher vers lui pour lui murmurer. « Max va probablement nous proposer de regarder un film dans le salon avec lui. Mais on pourrait aller faire un tour en ville, on sera que tout les deux. Ca sera plus simple pour parler … On sera juste Eileen et Riley » je le regardais espérant qu’il soit d’accord et dis à mon frère d’entrer. Comme prévu il nous proposait de venir passer un petit moment au salon ou bien chez lui pour regarder un film. Il décrivait même les parents comme des vieux chnoques. Pour rigoler bien sûr. Ma main serrée dans la sienne j’espérais qu’il soit d’accord pour mon idée d’escapade nocturne.

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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Ven 21 Nov - 22:35

Riley & Eileen

Il était devenu aveugle à tout et dans son crâne, c'était invraisemblablement la meilleure idée qu'il ait eu de sa vie. Riley était défaitiste, oui, certainement, mais quand on avait vécu sa vie comme lui avait dû la subir, il était plus ou moins logique de se fermer au monde entier. Passer de visible à invisible était si facile pour lui. Être un homme de l'ombre, c'était toujours ce qui avait réussi à Riley dans la vie. Après tout, n'était-ce pas lui qui avait toujours été l'homme parfait pour trouver des cadeaux mais qui, au dernier moment, laissait toujours son frère prendre le crédit de sa réussite? Si, cela, c'était Riley. Il était celui qui avait décidé d'entrer dans les annales de la cuisine mais de loin, pour ne pas qu'on le voie. C'était tellement plus aisé de réaliser une recette merveilleuse quand c'était le patron du restaurant qui recevait tous les mérites de sa tambouille. Riley ne rêvait pas de gloire, il ne voulait rien gagner, pas même la reconnaissance des gens autour de lui. Non, il était habitué à être le jumeau de trop, celui qui n'était pas assez bien pour se mêler à la foule, celui qui faisait tout de travers alors qu'en coulisses, il avait pensé à tout... Riley savait que sa mère adorait les tulipes et à chaque anniversaire, c'était Stanley qui apportait un bouquin jusqu'à celle-ci avec un mot écrit de la main de son frère jumeau mais signé de son nom. Et jamais Riley ne criait au scandale... Pourquoi faire? Quelle importance cela avait-il? Ne pas être aimé en retour n'était pas quelque chose de grave pour le jeune cuisinier. Il adorait aimer les gens, il était un philanthrope, il se contentait de la sensation d'affection qui le prenait en plein coeur lorsqu'il voyait les yeux des gens s'illuminer grâce à une de ses idées. En contrepartie, il s'en fichait pas mal que ce regard lumineux ne s'adresse pas à lui en retour, Riley souriait tout de même. L'intention comptait plus que tout pour lui, même si pour bon nombre de gens,  Riley devait paraître cinglé. Il fallait dire que la majorité des gens avaient un certain ego et n'appréciaient pas lorsqu'on leur volait la vedette, Riley était quelqu'un de radicalement différent. Il ne voulait pas être remercié, il ne voulait pas non plus qu'on se rappelle de lui bien des années plus tard, il n'avait pas pour ambition d'être un grand homme et que des milliards de personnes pleurent sa mort ou viennent à son enterrement. Il se contentait de peu parce que c'était tout ce qu'il avait eu dans sa vie... Peu. Des miettes. Voire même des grains de poussière et il n'en demandait pas plus que cela. Etait-il pathétique? Ne devait-il pas ouvrir les yeux sur la nécessité de se faire voir, se faire entendre... Se faire aimé? Ce n'était pas si grave pour Riley de vivre caché, il avait même peur que cela change réellement. Il n'y avait rien qu'il faisait de mieux que cela... Jouer la comédie, être quelqu'un d'autre, être Stanley quand on lui demandait d'être lui même. Riley n'avait pas forcément envie de jouer avec les sentiments des gens autour de lui mais s'il était lui même, véritablement lui même, ne perdrait-il pas sa part de mystère? Probablement et si on le détestait lorsqu'il était sans son masque, il ne s'en remettrait pas. Riley était fragile finalement, là où tout le monde le croyait invincible. Faire semblant d'être insensible au monde alentour, c'était quelque chose de quasi impossible à jouer pour la majorité des gens mais si lui ne le faisait pas, il avait surtout la sensation de ne plus rien avoir. Oui, c'était comme se jeter au fond d'un gouffre sans matériel de sécurité en sachant très bien que ce qui attendait en bas n'était ni charmant ni agréable. C'était une question de vie ou de mort, en somme. Et si Riley préférait vivre à demi vivant, dans son esprit, c'était tout de même beaucoup mieux qu'à demi mort... Une logique implacable mais pas apprise de tous, ce qui devait vraisemblablement le rendre antipathique lorsqu'on creusait la masse superficielle qu'il posait au dessus de sa carapace. Après tout, s'il ne voulait pas se révéler, c'était son choix, non? C'était peut être pour cela que ses parents avaient arrêté de prendre de ses nouvelles au bout d'un temps, se contentant de passer des coups de fil à Stanley et l'utilisant comme intermédiaire... Depuis qu'il n'était plus là, ils n'avaient même pas essayé de le joindre, on le détestait pour ce qu'il n'osait pas être. Flamboyant à la surface du monde, aimant devant un public alors qu'il n'admirait que l'ombre, Riley ne respectait que cela.

Il ne pensait pas à tous les moments de partage qu'il devait manquer, par peur qu'on ne lui rende pas son affection, par peur que le tout ne soit qu'éphémère. Riley restait bien à sa place et se taisait. C'était à prendre ou à laisser, semblait il. Sauf qu'il y avait toujours eu une faille dans son armure, une faille qui n'avait fait que s'agrandir depuis le début de sa correspondance avec Eileen. Il s'était attaché à elle en tant que Riley et personne d'autre. Dans ses fichues lettres, il n'avait jamais pensé à dissimuler des faits sur lui, ce qu'il aimait faire ou ce qu'il aimerait être un peu plus tard dans sa vie. Il n'avait jamais été Stanley dans ses écrits et forcément, il y avait des conséquences une décennie plus tard. Lorsqu'il était avec Eileen il ne savait tout bonnement plus sur quel pied danser. Riley jouait Stanley pour sa famille, pour la sauver de cette misère mais dès qu'ils se retrouveraient uniquement eux deux dans une pièce, il n'y avait plus de place pour le mystère ou le mensonge. Quelque part, Riley le savait. Elle était sa faille. Son point faible... Et quelque part, sa force. Il n'en avait peut être pas conscience mais tout ce qu'il avait pu ressentir pour cette femme au fil des années le rendait meilleur... Cela le faisait évoluer. Lorsqu'elle était là, Riley n'essayait pas de se cacher et vu qu'il n'y avait plus Stanley dans les parages pour lui voler des moments d'intimité importants, s'il avait quelque chose à lui dire ou lui offrir, Riley se devait d'agir en main propre et en usant d'aucun stratagème. Eileen le connaissait mieux que quiconque, même si une grande partie de Riley ne lui avait pas été encore dévoilé. La plus importante. Celle qui remuerait ciel et terre pour qu'elle soit heureuse, celle qui donnerait tout simplement tout pour elle. Riley n'était pas capable de dire ce qui importait véritablement, il ne voulait pas être le jumeau de trop encore une fois, celui qui passait après son frère pour séduire une personne vulnérable. Il ne serait jamais ainsi et de toute évidence, il avait bien trop de respect pour Eileen pour oser quoique ce soit de ce genre. Riley était son ami et quelque part, cela semblait lui suffire en vue de son étude de fuite en avant dès qu'elle semblait proche d'atteindre une de ses cordes sensibles. Le discours d'Eileen était sur le point d'y arriver d'ailleurs... L'atteindre. Une tâche si délicate mais qui semblait si simple venant d'elle. Parce qu'elle était la personne que Riley finissait toujours par croire: lorsqu'elle lui disait qu'il était sa propre personne, qu'elle l'aimait pour ce qu'il était justement, Riley se contenta de la regarder, les yeux captivés. Il ne bougea pas... Il allait la croire. Encore une fois. Elle avait toujours la meilleure version, elle était spéciale et cela, Riley le réalisait lors de ces instants là et il ne voulait pas être vulnérable. Il ne voulait pas être celui qui remplacerait Stanley, il voulait qu'elle l'aime, pour lui. Sans qu'il n'y ait une seule mention de Stanley dans une phrase et cela, il ne l'aurait jamais. Riley baissa la tête, un léger sourire nerveux au coin des lèvres. "Je devrais probablement te remercier pour ta vision idéaliste de ma personne mais... C'est ce qu'on me demande, Eileen. C'est ce qu'on m'a toujours demandé... De me cacher derrière lui. Mes parents le voulaient et quelque part, si t'acceptes ma présence aujourd'hui, chez tes parents, c'est qu'une partie de toi le veut aussi. Une partie de toi veut Stanley bien plus que d'avoir ma présence et c'est normal. Absolument normal." Ou alors, cela le tuait à l'intérieur mais Riley n'en montrait rien, comme à son habitude. Des années à faire semblant qu'être l'ombre de Stanley était quelque chose qu'il adorait plus que tout. Oui, certes, il n'aimait pas recevoir la gloire ou les attentions alors Stanley avait été une parfaite excuse pour cela durant un temps mais depuis qu'il était question d'Eileen, il avait un peu plus de mal à faire comme si une partie de lui ne haïssait pas ce petit jeu.

Pourtant, rien ne le rendait plus nauséeux que cette situation, que de se voir dans la glace tous les matins et sentir l'influence que Stanley avait toujours sur lui, même s'il n'était pas là pour le voir. Il devenait peut être malade ou bien fou, peut être que quelque part, il avait toujours rêvé de cela, d'être son frère, d'être celui sous le feu des projecteurs. Stanley, toujours Stanley. Encore Stanley. Même dans cette conversation, il était là à les hanter et les bras croisés, désormais, Riley ne pouvait qu'écouter les propos d'Eileen. Une partie de lui restait sceptique, parce qu'il ne connaissait que trop les conséquences d'aimer Stanley. On ne l'oubliait jamais, personne ne réussissait réellement à tirer un trait sur quelqu'un d'aussi charismatique que lui. Il marquait les esprits là où Riley se faisait oublier plus vite qu'un écho dans un lieu désertique. C'était sa hantise, ce le serait toujours... Qu'on préfère Stanley à lui lorsqu'il était véritablement lui même, à cent pour cent. Il ne pouvait pas oublier le fait qui avait géré toute sa vie: Stanley était aimé, on ne savait pas son prénom. Point. Même s'il avait passé l'âge des jalousies de gamins, le traumatisme était encore quelque part en lui, bien dissimulé entre deux de ses sourires, deux de ses maux d'antan. Entre son coeur et son esprit. "Ca, c'est un fait... Tu n'as jamais eu besoin de lui d'ailleurs." Pas comme moi, qui ne suis absolument rien sans Stanley. Rien sans Toi. Rien du tout. Même pas digne d'être dans ta vie. Aucun mot ne perça ses lèvres, juste un sourire bienveillant, comme toujours. Le paradoxe de Riley résidait dans cette souffrance permanente qu'il n'osait jamais montrer. Avoir mal mais en silence. Mourir mais en vivant. A demi mort, non? Il se contenta d'un sourire un peu amer après cela, s'attendant à ce que les choses ne deviennent étranges... Voire surtout dangereuses. Mais Riley ne cilla pas lorsqu'Eileen parla à nouveau. Il allait ouvrir la bouche encore une fois pour lui répondre lorsque Eileen l'attrapa par la main, son frère arrivant à point nommé, comme toujours. Riley hocha la tête et l'entraîna à sa suite jusque la porte. Il ne put redevenir véritablement calme lorsqu'ils franchirent la porte d'entrée et se retrouver devant chez les parents d'Eileen. Cette situation était toujours douloureuse pour lui, qui avait toujours la main d'Eileen dans la sienne. Il voulait que ce soit Riley qui la tienne par la main et non Stanley et il faisait tout l'inverse, encore une fois. "Voilà ce que tu voulais. On est dehors que tous les deux. Riley et Eileen. Et t'avais envie de parler, moi de t'écouter alors je pense qu'on est sur la même longueur d'ondes, non?" Et cette fois, Riley esquissa un véritable sourire, spontané, en se tournant vers elle. Il y avait toujours ce petit quelque chose en Eileen qui le rendait dingue, comme lorsqu'il lisait ses lettres, comme lorsqu'il se rappelait son visage lorsqu'elle traversa l'allée jusqu'à Stanley lors du mariage, comme maintenant lorsqu'il réalisa qu'il n'avait pas vraiment relâché sa main. Comme toujours, finalement.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Ven 21 Nov - 23:59

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Rileen

J’étais perdue dans l’immensité de la vie. Dans l’injustice qu’est la vie aussi. Dans sa grandeur. C’était déprimant et désespérant. Et pourtant il ne fallait pas se laisser aller ? Non ? IL ne fallait pas céder. Il fallait être fort, comme si c’était évident, comme si c’était facile. Comme si en un claquement de doigt on pouvait tout comprendre et oublier. Ca serait tellement bien cela dit. Pouvoir mettre en mute les mauvaises choses. En avance rapide les choses détestables. Et en ralenti les choses que l’on voudrait ne jamais oublier. Si c’était aussi simple que sur un magnétoscope ça se saurait. Et tout le monde pourrait changer sa vie. Mais le changement n’est pas facile, c’est douloureux, et fastidieux. Et surtout il faut le vouloir. Le bon changement bien sûr. Je ne parle pas de celui que l’on n’a pas le choix que de subir. Celui qui nous tombe dessus sans qu’on le demande comme une maladie, un accident une mort. Moi je parle des changements voulus. Se reprendre en main, vivre ou survivre. Je me demandais ce que j faisais. Je me demandais même en définitive qui j’étais. C’était terriblement difficile. J’étais perdue, sans repères. J’étais chez moi et pourtant je ne reconnaissais presque rien. La vie était passée sur Buffalo et si j’avais toujours à la fois aimé et détesté cette ville, les choses avaient évolué. Les camarades étaient la, ou plus là. Certains avaient déjà des familles, des enfants, des maris … des amants probablement aussi. Les Fenley et les Kelsey étaient toujours en guerre. Des choses changent, d’autres non. Et j’aimerai pouvoir être comme eux, sourire, être sincèrement heureuse. Dire que je n’étais pas une artiste comme ils l’avaient pensé. Que je n’étais pas non plus une épouse comblée comme ils le pensaient. C’était un jeu. Je est un autre disait Rimbaud. Et je me demandais comment est ce que Riley pouvait jouer Stanley, mais moi … je jouais une autre personne. Je n’étais plus l’Eileen qu’ils connaissent. Mais en définitive je ne sais plus vraiment qui est Eileen. Peut être que si j’envisageais de changer de nom ça serait plus clair pour moi. Je n’étais plus personne, je n’étais … rien. C’était triste et pourtant c’était bel et bien ce que je pensais. Ce qui me prenait la gorge. Cette incompréhension. Cette impossibilité de savoir qui je suis, qui j’étais et qui je pourrai bien être maintenant, me paralysait totalement. Comme si je ne pouvais plus bouger. Comme si mon corps était envahi d’une vague de douleur. Parce que …
Je ne suis pas aidée. Et je ne sais pas si j’ai besoin d’aide. Ou alors je suis dans le déni. J’ai probablement oui. Besoin d’aide. On a tous plus ou moins besoin d’aide. Mais il faut reconnaître qu’on en a besoin. Et surtout ne pas oublier qu’on ne peut pas essayer d’aider quelqu’un qui ne veut pas être aidé. C’est ainsi. Et moi je ne dérogeais pas à la règle. J’étais nulle, terriblement nulle et idiote de ne pas pouvoir comprendre qu’il était amoureuse de moi. Mais encore pire, que j’étais moi aussi amoureuse de lui. Qu’il avait été celui dont j’étais tombée amoureuse en premier. Celui qui m’avait comprise, bercée, aimée, aidée … celui qui avait été tout pour moi depuis des années sous couvert d’une plume. Et puis ensuite, sous couvert d’être un beau-frère plus que compatissant. Il aurait pu me détester. Il aurait pu, j’étais coupable, on en revient toujours à ce point. Ma culpabilité. Ma grande culpabilité. J’étais celle qui lui avait retiré son jumeau, et ça je ne pouvais pas ne pas m’en vouloir. Et il pouvait dire ce qu’il voulait, rien ne m’empêcherait de le penser.

Et pourtant oui je l’aime et j’en suis consciente. Mais peut être pas encore avec le bon degré. Peut être pas comme il faudrait même. Mais il a toujours été là, il a toujours été présent avec moi. Car oui j’oublie le début ou il m’en voulait d’accaparer son frère, et c’est bien normal. Depuis il m’a aidé à garder mon job au restaurant. Pendant six années il a été proche de moi, un excellent ami. Un délicat confident. Et un plus dans ma vie de tous les jours, il faut bien le dire. Il était mon appui. La seule personne sur laquelle je savais que je pouvais compter. Parce que lui c’était ce qu’il était. Mon beau frère. Mon ami. Mon confident. Mon … Mon Riley tout simplement, Et oui je savais qui il était, je savais le différencier de Stanley. Déjà première chose toute simple … lui ne m’avait pas trahie, rejetée et brisé le cœur. Lui avait été la colle qui avait ramassé les morceaux de moi et les avait rassemblés pour les aider à retrouver vie. Car il est ça. Il est ma colle. Il est mon liant il est mon sang. Celui qui fait que je tiens debout. Que je ne me fracasse pas au sol. Et il est la seule personne que je veux vraiment avoir à mes côtés. Il est tout pour moi. Il est le seul. Celui que je veux ! Et il ne le comprend pas hein. Il croit que j’ai besoin de lui parce qu’il joue bien le Stanley. Mais non j’ai bel et bien besoin de lui pour lui. Pour qui il est. Pour ses qualités et ses défauts. Our Riley et chacun de ses chromosomes. Chacune de ses cellules. Parce qu’il est lui, Riley, et que j promet qu’un jour je comprendrais qu’il est celui qui me faut, celui que j’aime et avec qui j’ai envie de passer ma vie. Parce que c’est déjà ce que je fais. C’est déjà que je sais. Mais en fait … je sais pas que je le sais. Et je sais pas que je sais que j’ai besoin qu’il soit dans ma vie. Parce que j’ai besoin d’avoir besoin qu’il soit avec moi. Et que sans lui je ressentirai un vide. Parce qu’il me comprend comme personne. Parce que même sans savoir qu’il était réellement Paris il serait aisé de tomber amoureuse de lui. Parce que j’espère que ça arrivera. Et pas tomber amoureuse de lui parce qu’il ressemble à Stanley. Tomber amoureuse delui parce que … qu’et ce qu’il n’y a pas à aimer chez lui ? Je vous le demande bien. Comment ne pas l’aimer. D’ailleurs je pense bien que c’est cette question qui me bloque, m’empêche de le voir comme une personne à qui je pourrais donner entièrement mon amour. Parce que je me demande pourquoi personne ne lui donne pas déjà de l’amour. Pourquoi est ce qu’il me suit. Pourquoi n’a t’il pas quelqu’un. Je suis sûre qu’elle serait heureuse. Qui ne serait pas heureuse avec quelqu’un comme Riley. Pour sûr il était parfait. Mais pourquoi personne ne s’en rendait compte ? Moi j’étais qui ? Non je ne pouvais pas me mettre entre lui et une possibilité d’amour ? Non je n’étais pas en droit de vouloir de l’amour entre nous.

Oui vous pouvez le dire … je deviens folle. Le jeu de la folie est un sport de l’extrême que l’on pratique souvent au bord des précipices. Et ce précipice … y plonger …

"Je devrais probablement te remercier pour ta vision idéaliste de ma personne mais... C'est ce qu'on me demande, Eileen. C'est ce qu'on m'a toujours demandé... De me cacher derrière lui. Mes parents le voulaient et quelque part, si t'acceptes ma présence aujourd'hui, chez tes parents, c'est qu'une partie de toi le veut aussi. Une partie de toi veut Stanley bien plus que d'avoir ma présence et c'est normal. Absolument normal." je le regardais et hochais la tête dépitée. Il ne comprenais rien du tout … je soupirais, c’était pas grave. J’étais là pour lui répéter les choses et j’avais pas peur. Tant pis il l’entendrait de nouveau. Il le saurait au bout d’un moment. Oui c’était obligé. C’était inévitable. « Je ne t’ai jamais DEMANDE d’être Stanley, c’est toi qui m’a mis au pied du mur. Oui ça m’aide. Je ne peux que le reconnaître. Mais Riley, tu es Riley pour moi, et ça ne changera pas. Tu es Riley et pas Stanley. Stanley m’a quittée là ou Riley est resté. Riley est celui qui m’a soutenue. Qui m’aide à avancer chaque jour. Riley est celui dont je veux la présence » je me mord la lèvre. « Non je rectifie … Riley est celui dont j’ai BESOIN la présence. Oui j’ai besoin de toi. Je ne veux pas de lui, je veux plus de lui, c’est toi que je veux Riley. Toi ! Et personne d’autre. Alors arrête … arrête avec moi tu peux être Riley, sois Riley. Je veux pas que tu sois Stanley. » Je soupirais doucement et je le pensait. Oui je l’aimais. Plus que tout. Et j’avais besoin de lui tous les jours. Rien que le voir. Rien que poser mes yeux sur lui me donnaient une force inégalable. Une des ces forces qui te donnent envie de te lever le matin.

"Ca, c'est un fait... Tu n'as jamais eu besoin de lui d'ailleurs." je soupirais doucement et hochais de la tête. Oui je n’avais pas besoin de lui et jamais eu besoin de lui. Peut être qu’il avait raison oui. « Et lui non plus n’a jamais eu besoin de moi. » dis-je avant de rire doucement ne remarquant pas réellement sa gêne. Peut être que j’aurai pu la remarquer, enfin pas réellement une gêne mais comme s’il n’avait pas fini sa pensée. Comme s’il s’était retenu de dire quoi que ce soit.

Mais très rapidement on était encore dérangé. C’était stressant de pouvoir toujours avoir quelqu’un qui peut venir nous embêter et nous interrompre. Surtout quand j’avais tant de questions en moi. Tant d’incertitudes, et que j’avais besoin, réellement besoin de parler avec lui. Mon frère et sa manie de voir des films, et sa manie de déranger PILE au moment où il ne faut pas. C’était bel et bien Max. Alors je proposais à Riley d’aller se promener. Et il semblait d’accord car on allait tous les deux dehors. « A plus, Max » dis-je en plantant un baiser sur la joue de mon frère et suivant Riley dehors. Ma main toujours dans la sienne, un peu plus loin de la maison, sur l’artère principale, j’étais heureuse. Tout simplement heureuse. Et je ne pensais même pas à lâcher sa main. J’étais libérée. Vivre avec eux c’était pesant. Je les aimais. Mais c’était lourd. "Voilà ce que tu voulais. On est dehors que tous les deux. Riley et Eileen. Et t'avais envie de parler, moi de t'écouter alors je pense qu'on est sur la même longueur d'ondes, non?" je le regardais dans les yeux. Je haussais les épaules. « Je sais pas si on est sur la même longueur d’onde. Merci d’être la, merci de ne pas révéler mon secret. Mais … pourquoi ? Comment est ce que tu fais ? Tu sembles si sincère. Tu … comment, pourquoi. Je t’ai jamais rien demandé, je veux dire, surtout pas de prendre sa place. Je veux pas qu’ils sachent que je suis divorcée, mais sache que je n’ai jamais voulu que tu fasse tout ça. Je comprend pas comment tu le fais … je me répète je sais, mais … je comprend vraiment pas pourquoi tu le fais … » je baisse les yeux un peu honteuse. Je me sens ingrate d’accepter son aide comme ça. « Moi je peux rien faire pour toi en retour … j’ai rien à t’offrir. Riley … » je le regarde et caresse doucement et inconsciemment du pouce sa main toujours dans la mienne « J’aime pas quand t’es Stanley. Je préfère Riley. J’ai besoin de Riley. » je détourne un peu le regard. « Je suis désolée de t’emprisonner dans tout ça. On devrait peut être leur dire la vérité ? Après tout je suis une grande fille … je devrais peut être enfin faire face à mes problèmes … je veux pas t’entrainer là dedans … je suis sincèrement désolée Riley … » je baissais les yeux sentant les larmes poindre un peu mais je respirais un grand coup. « Mais j’veux quand même de toi dans ma vie. » je crois que quelque part j’avais peur que lui aussi parte … un jour. Tout le monde part … non ?


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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mar 25 Nov - 23:34

Riley & Eileen

Comme un coup asséné à la poitrine. Encore, encore et encore, jusqu'à la fin. C'était sa vie désormais et s'il y avait eu un temps où Riley avait tenté de la combattre, il avait décidé il y avait déjà bien longtemps de cela que rien ne valait plus la peine que de se laisser aller à ce que le destin voulait faire de sa personne. Il n'était pas spécialement malheureux pourtant, non, Riley ne l'était jamais vraiment à vrai dire. Jusqu'ici, il s'estimait chanceux: la santé était là, il paraîtrait que celle de sa famille l'était également et même s'il avait perdu le travail de sa vie, il n'avait pas abandonné l'idée folle d'accomplir ses rêves. S'il était déjà un chef, le jeune homme était persuadé qu'il pouvait encore faire meilleur que cela, il pouvait être bien meilleur qu'à Paris, il avait suffisamment d'espoir pour l'avenir et cela semblait le faire avancer, même si la route était parsemée d'embûches et ses jambes encore frêles. On n'était jamais sûrs de rien dans cette vie, clairement pas où le lendemain nous emmènerait, encore moins avec qui et où toute cette histoire terminerait mais il y avait quelque chose que rien ni personne pouvait retirer à tout un chacun: l'espoir, le rêve, l'enchantement. Il n'y avait pas forcément besoin de croire en une force divine ou occulte pour comprendre que la vie n'était jamais terminée tant que les poumons arrivaient à traiter l'oxygène qui les alimentait et le coeur à pomper le sang béni jusqu'aux autres organes vitaux. Tout le reste n'était que fioritures: le chagrin, le deuil, un amour perdu, une âme sans but ou ambition... Tout cela était amené à changer. Un jour, on est au fond du gouffre et le lendemain, on ouvre l'oeil sur un ciel bleu et éclatant où le soleil aurait vaincu toute trace des nuages d'antan. On était capable de se remettre de tout: d'une mort, d'une perte et d'un chagrin d'amour. Oui, le temps faisait son oeuvre et personne n'avait besoin d'une autre personne pour subsister en tant que tel. On avait le droit de vouloir une autre âme mais avoir besoin de quelqu'un, était-ce une réalité? Pas forcément, non. Il n'y avait rien de plu beau qu'un amour partagé, il n'y avait rien de plu beau que de vouloir quelqu'un et non d'en avoir besoin. Riley n'avait pas besoin de son frère et étrangement, il n'avait pas besoin d'Eileen, il avait envie d'elle, c'était là où résidait toute la différence. Pendant des années, le cuisinier avait cru que l'oxygène arrêterait de le nourrir sans son frère jumeau dans les parages, sans elle qui voulait bien de lui mais non... Riley s'était fourvoyé. Il avait très bien vaincu, il avait eu plusieurs petites amies, il avait ri, souri, vécu et de la plus belle des manières, au jour le jour, sans attendre quelque chose de spécial de la vie. C'était le cours de toute une vie: on naissait, on trébuchait parfois mais on se relevait toujours jusqu'à l'ultime chute, celle qui vous procurait votre dernier souffle, le plus douloureux mais le plus resplendissant. Riley n'aurait probablement rien à regretter le jour où son souffle vital le quitterait finalement, rien sauf peut être une chose... Avoir vécu dans l'ombre, sans essayer d'obtenir ce qu'il voulait et non ce dont il avait besoin. Lorsqu'il était avec Eileen, Howing ne pensait jamais à ce que cela ferait de l'avoir enfin, de pouvoir la respirer, la sentir et surtout la ressentir tout entier. Il pensait toujours à ce que Stanley avait été pour elle et l'était encore, quelque part dans sa poitrine enchanteresse. Riley était un peu aliéné de se faire autant de mal de manière constante mais s'il oubliait ce simple fait durant une nanoseconde, il n'était pas tout à fait sûr de tenir le coup bien longtemps. Il avait toujours désiré Eileen comme le ciel désirait le soleil pour se sentir souverain, c'était probablement la seule vérité inoubliable, quelque part, en lui, pour toujours et à jamais. Mais asseoir cette assertion était un autre histoire: il ne le voulait pas parce que souffrir était quelque chose qui l'angoissait bien plus que de ne rien obtenir de la vie. Oui, Riley était prêt à vivre un centenaire, simplement à la regarder, la vouloir, vivre pour elle, dans son ombre à elle après avoir été celle de Stanley. Ce n'était pas si important pour lui: ce n'était pas un besoin, mais une envie et la différence était essentielle, marquante et non triviale.

Et la Terre continuait de tourner. Rien que cela rendait heureux Riley, il était amplement satisfait de ce que le monde lui offrait, même si pour beaucoup d'autres, ce ne serait probablement pas suffisant. Il n'avait plus vraiment de famille ni de travail mais il avait la sensation que ces pertes constantes avaient la saveur d'un nouveau départ, d'un éternel recommencement plutôt qu'une fin en soi. Il était dans une nouvelle vie, entouré de gens qu'il ne demandait qu'à connaître... Riley n'était pas seul et même si c'était le cas parfois, il pouvait toujours compter sur le souvenir de son frère pour le remettre sur le rail. Ils étaient toujours deux et Riley avait la douce impression qu'ils seraient toujours deux, une seule âme dans deux corps quasi identiques. C'était probablement une vérité difficile à entendre pour Riley qui avait toujours rêvé d'être le capitaine de son propre destin mais il avait fini par l'accepter, du moins, aujourd'hui, cela semblait être le cas puisque même si Stanley serait toujours présent comme un éléphant dans la pièce, Riley se doutait que son visage n'apparaîtrait pas dans le décor sans qu'on ne l'y ait invité au préalable. Eileen l'autorisait à être lui même, c'était déjà une petite victoire même si Riley n’était toujours pas confiant sur la marche à suivre. Il l'avait suivi jusqu'ici sur un coup de tête clairement aléatoire, il avait perdu son travail et plus rien ne semblait fonctionner dans le bon sens à Paris alors il avait pris l'avion et le reste avait été relégué au second plan. Peut être que c'était un appel désespéré de sa part pour gagner le coeur de la jeune blonde ou bien il était vraiment tombé dans la folie pure et simple. Dans les deux cas, Riley ne semblait pas comprendre le message que son cerveau avait voulu lui donner, il se contentait d'être là, mettre son masque de Stanley dès le réveil et essayer de le retirer le soir venu. Rien de plus. C'était pourtant dur lorsqu'on lui demandait expressément de retirer son armure de Stanley, surtout en plein jour, il n'y était pas habitué et une bonne partie de lui ne le souhaitait pas vraiment...Être Stanley, c'était encore être avec lui, c'était combler un manque qui devrait persister pour toujours. Et à jamais. Pour cela aussi. "Je sais bien que c'est moi qui me suis ramené comme une fleur sans que tu me le demandes au préalable... Et je suis très content d'être là d'ailleurs, je ne regrette pas le voyage ou quoique ce soit. Je m'en fiche pas mal que ce ne soit qu'un jeu puéril pour que ta famille soit heureux. Je suis très bien comme ça, en Stanley et quand on est que nous deux, je suis Riley tout de même et ça aussi, ça me convient bien. Tu as un mélange des deux et je pense qu'il faut que tu l'acceptes... Pour le moment, puisque de toute évidence, on n'a plus le choix maintenant qu'on a descendu la pente du mensonge." Et effectivement, Riley ne mentait pas. Cela semblait clairement malsain vu de l'extérieur mais il était très heureux de sa situation. Être Stanley lui donnait l'impression d'exister à part entière, ce qu'il n'avait jamais pu réellement avoir en étant lui même et même si c'était un jeu ridicule, il ne voulait pas quitter son rôle. Pas encore en tout cas. Que ferait-il de sa vie s'il n'avait plus son masque, s'il n'avait plus son jumeau? Riley devrait alors accepter qu'il était seul, que Stanley l'avait abandonné et il serait probablement malheureux, aussi surprenant que cela puisse paraître. "Un jour ou l'autre, il faudra que t'arrêtes de sous estimer ta valeur... T'es importante. Capitale même.. Si ce n'était pas pour lui, c'est... Et ce sera pour quelqu'un d'autre." Et se taire à nouveau. Riley n'osait jamais véritablement prodiguer des conseils, lui qui n'avait pas la vie dont il avait rêvé étant gamin mais lorsqu'il entendait de telles inepties, il s'y sentait forcé. Par amour. Toujours par amour.

Être une personne à part entière requérait des efforts que Riley n'était pas encore réellement prêt à faire apparemment. Lorsqu'il était Stanley, il oubliait out ce qu'il avait manqué en tant que Riley et quelque part, c'était une excuse suffisante pour qu'il continue le manège. Il était bien ainsi, déguisé, jamais vraiment dévoilé, jamais connu même. Ce jeu ne durerait qu'un temps et déjà un souffle de rébellion grognait dans sa poitrine... Être Stanley, c'était devenir un monstre ou quelque chose y ressemblant, ce qui n'était clairement pas dans les valeurs et principes du plus jeune jumeau. Riley savait déjà qu'il ne pourrait pas survivre à ce manège des plus machiavéliques, il en deviendrait fou, il ne se supporterait plus. Et quelque part, Riley était rassuré d'être invité à sortir de cette maison encore étrangère pour lui. Redevenir totalement lui même pendant un instant alors qu'il regardait brièvement le frère d'Eileen les laisser s'éclipser, comme des adolescents pris en faute. Mais peut être que c'était le cas, peut être que tout ce que Riley tâchait d'accomplir n'était qu'une faute qui les blesserait tous deux, quelle certitude avait-il réellement? Aucun, définitivement. Arrivés sur le chemin, Riley écouta Eileen, sentant sa douce main se refermer sur la sienne, prête à la rattraper si elle tombait quand elle ne voulait lui offrir qu'une tendre affection qu'il n'arriverait probablement jamais à refuser. Riley la regardait en souriant: il n'avait toujours pas besoin d'elle, non, mais il la désirait toujours. Pour toujours et à jamais. Et chaque mot glissé l'enveloppait dans une alcôve doucereuse, un cocon chaleureux qui le rendait vivant, lui procurait une sensation d'intense liberté, si cette sensation avait encore un sens pour lui et le monde alentour. C'était elle. Eileen. "Pourquoi? Parce que t'étais seule Eileen quand t'es partie. Que tu m'as pas laissé le choix de te faire rester... Et Paris sans toi, c'est plus Paris. J'avais plus rien là bas, j'ai même perdu mon travail en cours de route et j'avais plus besoin d'être là bas et une majeure partie de moi savais que t'avais besoin de moi, de ton bout de Paris, à Buffalo. Voilà pourquoi en majeure partie." De Paris à Buffalo, il n'y avait toujours eu qu'un seul pas. C'était écrit dans leurs lettres, c'était écrit dans les yeux de Riley, dans sa main qui n'allait de pair qu'avec celle d'Eileen. "Mais j'ai besoin de rien, je veux pas que tu m'offres quoique ce soit, en retour. Je veux être là, avec toi, c'est tout." Parler n'était pas ce dont il était le plus friand et son talent était uniquement culinaire. Pourtant, il devait toujours lui répondre, au moins à elle, à défaut des autres âmes de cette Terre. "On fera comme tu voudras, tu le sais. Si tu veux tout arrêter, je te suivrais et ça n'empêchera pas qu'on restera amis et qu'on continuera de se voir, Eileen. Ce sera juste différent... On aura plus nos vies liées aussi étroitement, on sera deux... Au lieu d'un. Ca n'empêchera jamais Paris de rester à Buffalo. C'est tout." La rassurer ou devenir totalement fou. Les deux étaient liés maintenant qu'il avait parlé. Maintenant qu'il l'avait aimé. Pour aujourd'hui et à l'infini.
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Eileen S. Howing
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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mer 26 Nov - 0:55

 someone like you
Rileen

Tout était tellement compliqué, dans la vie. Dans ma vie … tout était trop compliqué. Pourquoi est ce que tout était trop compliqué comme ça. Est ce que j’avais fait quelque chose pour mériter ça ? Pourtant j’avais bien brossé mes dents trois fois par jour. J’avais fini mes légumes même si je ne voulais pas. J’avais été bonne élève, et respecté ce que mes parents voulaient que je fasse, je n’avais pas été chiante, même une bonne sœur pour Max. Alors pourquoi ? Est ce que j’avais fait quelque chose de mal ? J’en savais rien. Et je devenais folle. Je le savais. J’en étais consciente. Je ne savais plus où j’allais. Je ne savais plus ce que je faisais. Je n’avais plus de but en définitive. Je ne savais pas ou j’allais mais j’y allais. Est ce que c’était une bonne idée ? Est ce que j’allais vers le bien ? Vers la salvation ? Où est ce que je continuais vers un endroit plus sombre, vers un endroit où je ne trouverai qu’encore plus de folie. J’étais perdue, je le savais au moins, enfin … comment ne pouvais-je pas m’en rendre compte. J’étais comme bloquée sur place. Je ne pouvais plus atteindre le passé … puisqu’il était passé. Mais je le voyais encore. Je voyais Paris, l’école. Et puis bien sûr Stanley, le mariage … et le divorce surtout, je voyais que le divorce. Je peinais à me souvenir des bonnes choses avec lui. Est ce que je n’y arrivais réellement pas ou est ce que je ne voulais pas m’en souvenir, telle était la question. Et puis il y avait Riley. Il y avait lui qui au début avait été froid et même désagréable. Et il y avait lui qui avait fini par s’adoucir, par … entrer dans ma vie, dans mon intimité. Quand on y réfléchit bien … les deux frères avaient eu un chemin inversé, J’avais connu Stanley seule, et le tableau était coloré et vif, j’étais heureuse et lui aussi, et c’était devenu plus monochrome quand Stanley s’était dissipé de ma vie Riley avait commencé à y figurer. D’abord doucement, comme des petites touches de pinceaux. Comme des petites touches de couleurs dans le noir putride, dans le noir liquide qui s’insinuait dans tous les pores de ma peau. Ce noir goudron qui se répand sur mon âme comme une marée noire. Ses sourires ont percé des trous dans la boite ou j’étais enfermée, et les couleurs sont revenues en même temps que le soleil. Ses mots ont chassé les nuages. Sa présence a ramené de la couleur dans ma vie. Et il était dans mon présent. S’il venait à en partir, je retomberais dans le goudron, je retomberai dans la vie sans saveur et sans couleur. Aveugle ou aveuglée. Inutile. C’était ce que j’étais. Inutile. Sinon il ne serait pas parti. Sinon j’aurai eu le métier que je voulais. Et pourtant, pas de mari à l’horizon, pas de métier ou de reconnaissance artistique non plus. Il n’y avait que la poussière de Buffalo. Les cris émerveillés des parents à propos d’un mensonge réchauffé que je leur sert depuis déjà six ans. Leur volonté d’entendre les gazouillis d’un enfant. Et la douleur que ça me procure. Le manque. Pas le manque de lui, non. Je l’ai éradiqué de moi. Mais le manque de futur justement, ce trou béant en moi. Dans mon cerveau. Mon absence de vision pour ce qui va venir, ce qui va se passer. Et la seule certitude que chacun de mes pas me rapproche un peu plus de la chute, du bord de la falaise. Du jour ou Riley lui aussi en aura marre de jouer les anges gardien. Du jour ou je retrouverai la mélasse noire gluante. On vit de la poussière à la poussière. Et c’était définitivement vers la poussière que je me dirigeais.

Sa présence était salvatrice, et il ne pouvait même pas se douter à quel point. Ma présence était empoisonnée et je ne pouvais pas me douter à quel point. J’étais toxique, j’étais mauvaise. Et il était toujours là, j’étais toujours là. Et je devrais comprendre. Ou peut être que je le comprenais sans m’en rendre compte. Mais alors il faudrait que je m’en rende compte. Que j’ouvre les yeux sur lui. Sur nous. Pourquoi serait il toujours là ? Je me posais définitivement trop de questions. C’était certain. C’était … malvenu aussi. Et pourtant je ne pouvais pas faire autrement. J’avais besoin de lui, et je m’accrochais à lui comme s’il était la dernière chose qui me restait. Et dans un sens. C’était vrai. Il était la dernière chose qui me restait. Il était le seul à me connaître (presque) à cent pourcent. Il était le seul qui en tout cas me connaissais le mieux à ce jour. Peut être un peu mieux que moi même parfois. Et je savais que je l’aimais. Mais est ce que je l’aimais comme on doit aimer son beau frère ? Je n’en savais rien. Avec toutes les questions que je me posais voyez vous, celle ci je ne me la suis jamais posée ! Etrange. Mais pourtant je ressentais de l’amour pour lui. J’étais attachée à lui. Et j’avais besoin de lui. Il était celui qui était le plus proche de moi, celui qui me comprenait toujours, celui qui essayait toujours en tout cas de me comprendre. Il … ne me quitterait pas. Pourtant j’étais partie, mais il était revenu. Est ce qu’inconsciemment j’avais voulu qu’il vienne, oui bien sûr, j’avais besoin de lui. J’étais heureuse. J’étais heureuse avec lui. Qu’il mente ou pas, il était Riley, et je ne le prendrai jamais pour Stanley, je savais tellement à quel point ils étaient différents même s’ils avaient le même visage.

"Je sais bien que c'est moi qui me suis ramené comme une fleur sans que tu me le demandes au préalable... Et je suis très content d'être là d'ailleurs, je ne regrette pas le voyage ou quoique ce soit. Je m'en fiche pas mal que ce ne soit qu'un jeu puéril pour que ta famille soit heureux. Je suis très bien comme ça, en Stanley et quand on est que nous deux, je suis Riley tout de même et ça aussi, ça me convient bien. Tu as un mélange des deux et je pense qu'il faut que tu l'acceptes... Pour le moment, puisque de toute évidence, on n'a plus le choix maintenant qu'on a descendu la pente du mensonge." je souriais doucement. Il était la et c’était ce qui comptait, c’était vrai. Mais j’aurai aimé qu’il puisse être lui même. J’aurai aimé qu’il n’ait pas à devoir se faire passer pour un autre, pour Stanley, mais c’était malheureusement le cas. Je baissais les yeux. « Je suis contente que tu sois là Riley. Je sais pas ce que je ferai sans toi » murmurais-je sans oser le regarder dans les yeux. Je ne pouvais pas comprendre, et je ne comprendrai probablement jamais ce qui liait des jumeaux, je n’en avais pas. Il y avait des informations qui me manquaient. Des choses que je ne pouvais pas mesurer et prendre en compte dans l’équation. « Merci » soufflais-je doucement en levant les yeux vers lui. "Un jour ou l'autre, il faudra que t'arrêtes de sous estimer ta valeur... T'es importante. Capitale même.. Si ce n'était pas pour lui, c'est... Et ce sera pour quelqu'un d'autre." je soupirais et hochais négativement de la tête. Pour quelqu’un hein … « Si tu le dis » dis-je en haussant les épaules. Peut être avait il raison. Et peut être pas.

Nous avions besoin de sortir. C’était sûr. Echapper un petit peu à cette prison qu’était la maison de mes parents. Je pris sa main et allais avec lui dehors. J’étais bien avec lui. J’avais toujours été bien avec lui. Je ne lâchais pas sa main, j’aurai pu, mais je ne voulais pas, j’étais mieux comme ça, j’étais mieux avec lui. J’avais toujours été mieux avec lui ! "Pourquoi? Parce que t'étais seule Eileen quand t'es partie. Que tu m'as pas laissé le choix de te faire rester... Et Paris sans toi, c'est plus Paris. J'avais plus rien là bas, j'ai même perdu mon travail en cours de route et j'avais plus besoin d'être là bas et une majeure partie de moi savais que t'avais besoin de moi, de ton bout de Paris, à Buffalo. Voilà pourquoi en majeure partie." je le regardais. Ses mots résonnaient dans ma tête. Paris. Buffalo. Ces mots résonnaient dans ma tête. Tournoyaient comme s’ils avaient des ailes au dessus de moi et je les observais. Est ce que ? « Tu as perdu ton travail ? » dis-je surprise « Pourquoi est ce que tu ne me l’a pas dit ? » dis-je doucement en sachant très bien que j’avais perdu le mien et que je ne le lui avais pas dit non plus. C’était assez mal venu de ma part mais on s’en fout. Je le savais. Je continuais à le regarder à l’observer. Il était beau dans le clair de lune. Ses yeux brillaient dans le noir et en sa présence je me sentais toujours rassurée. « Mon bout de Paris à Buffalo » les paroles semblaient bizarres. Elles semblaient aussi évidentes. Est ce que … "Mais j'ai besoin de rien, je veux pas que tu m'offres quoique ce soit, en retour. Je veux être là, avec toi, c'est tout." je me mordais la lèvre en le regardant. « Mais … » soupirais-je décontenancée. « Je … si il y a bien quelque chose que je peux faire pour toi » je m’arrêtais. « Je suis sûre. Tout le monde a besoin de quelque chose, tout le monde peut apporter à quelque chose. Tu m’apportes de la tendresse, de l’amour et de la force … » je prenais sa deuxième main et me postais devant lui. « Je suis sûre que je peux t’apporter quelque chose. » je plongeais mes yeux dans les siens. « Laisse moi t’être aussi bénéfique que tu l’es pour moi. Laisse moi te rendre la pareille. J’ai honte d’être la seule à recevoir dans l’histoire … » je m mordais la lèvre et le laissais continuer à parler. "On fera comme tu voudras, tu le sais. Si tu veux tout arrêter, je te suivrais et ça n'empêchera pas qu'on restera amis et qu'on continuera de se voir, Eileen. Ce sera juste différent... On aura plus nos vies liées aussi étroitement, on sera deux... Au lieu d'un. Ca n'empêchera jamais Paris de rester à Buffalo. C'est tout." ça me brisait le cœur. Je ne voulais pas être séparée de lui. Je ne pourrais pas être séparée de lui. Il avait pris trop d’importance pour moi. Il était beaucoup trop important à présent. Je ne pouvais pas. Je ne … est ce que ? J’écarquillais les yeux et serrais ses mains un peu plus fort. Est ce que je comprenais bien. Est ce que j’étais en train de réaliser ce qui avait été sous mon nez depuis … quelques heures. Ces lettres. Ces … « Ca n’empêchera jamais Paris de rester à Buffalo … » répétais-je doucement, en prenant bien le temps de prononce tous les mots. Je le regardais cherchant des réponses dans ses yeux. « Riley ? » je détaillais chacun des traits d son visage. Son sourire timide. Ses yeux luisants dans le noir. Sa mâchoire solide. « Est ce que … » je fronçais les sourcils. Je le détaillais encore. L’idée se formant dans ma tête n’était pas encore à l’état de mot. Riley … sa manière d’utiliser Buffalo. Et Paris … ces mots … je n’avais jamais entendu personne les utiliser de cette manière. Est ce que ça pouvait être possible. Est ce qu’il pouvait être ? Doucement je me penchais sur lui, de plus en plus, le temps me semblait arrêté. Il s’égrenait à une lenteur infinie, et l’espace entre lui et moi s’amenuisait tout aussi lentement. Je n’étais pas sûre de ce que je faisais. Mais finalement mes lèvres attinrent leur but. Leur destination. Les siennes. Elles se frôlèrent quelques secondes, et puis « Est ce que tu es le Paris de ma Buffalo ? » murmurais-je tout contre ses lèvres, les touchant à peine, sentant son souffle sur moi. Je fermais les yeux. Est ce que je m’étais vraiment trompée à ce point là sur les frères Howing ?

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MessageSujet: Re: Someone like you. + Rileen [OVER] Mer 26 Nov - 2:17

Riley & Eileen

L'espoir faisait surface, cet espoir indomptable et destructeur qui avait balayé tous les aspects de sa charmante personnalité. L'humour? Cela faisait des années qu'il n'avait pas dit une seule plaisanterie. La naïveté? Il avait abandonné l'idée après avoir voulu se jeter sous les roues de la voiture de son frère peu de temps après son départ. Le pire de tout... L’honnêteté? En plus d'avoir menti à tous ses proches, il s'était menti à elle même. Riley continuait encore. Il n'avait pas le tempérament ou le sang froid de son jumeau, toujours hors pair, il avait voulu enfouir ce jeune homme innocent, pur, drôle et charmant au fin fond de son être pour ne pas mettre fin à ses jours les plus tendres. Il avait perdu cette partie de lui même, il y a fort longtemps et il n'avait pas pu le supporter. Quelque part, il ne le supportait toujours pas. Riley. Riley, qui était Riley? Il n'en savait trop rien à vrai dire. Eileen effaçait tous ses doutes si aisément. Pour lui, elle représentait cet espoir, ce doux parfum qui venait vous taquiner les narines au réveil pour vous faire ressentir toute la beauté du monde. En réalité, votre réveil assommait votre espoir d'une journée libérée à vagabonder dans la sauvage nature. Eileen, sa rédemption, sa plus grande peur, son espoir perdu de nouveau. Sa Buffalo avait perdu toute foi en cours de route, elle manquait clairement de confiance en elle aujourd'hui. Était-ce par sa faute? Avait-il détruit tous ses désirs en la laissant aux mains de Stanley? A en juger par ses paroles, Riley jugeait que tous ses efforts étaient inutiles. Son charme naturel, ses yeux pétillants et son sourire électrisant ne feraient pas leur effet. Comment en était-il arrivé à ce genre de conclusions erronées? Tout de suite, Riley se sentait attirée par cette détresse évidente. Pourtant, cela faisait des années qu'il n'avait pas approché affectueusement quelqu'un, ou plutôt qu'il n'avait laissé quelqu'un l'approcher autant. Si seulement Eileen n'était qu'un quelqu'un, peut être cela aurait été moins complexe pour lui. Si elle n'avait pas été le Buffalo de son Paris. Pincement au coeur. Douleur à l'abdomen se répandant dans chaque particule de son corps. Que devrait-il faire ensuite pour qu'elle vive? L'aider à conquérir un inconnu? Il était de nouveau le gentil Riley, prêt à tout pour Eileen, toujours, sans rien attendre en retour. Jamais. Il était pathétique mais il devait remplir cette promesse: réparer ce qu'il avait brisé en Eileen le jour où il avait laissé Stanley la vaincre, la gagner contre lui, et cela passait par un sacrifice de tous ces souvenirs avec lui, de son envie permanente de la toucher même après une décennie. Comment cela était-il possible? Il ne ressentait jamais un manque, jamais. Du moins, Riley le pensais. Il n'avait jamais espéré revoir ses parents, il n'avait jamais voulu prendre son père dans ses bras et il n'avait certainement jamais désiré autant avant aujourd'hui sentir la chaleur enivrante d'Eileen. Son corps le trahissait comme cette fois où il avait failli perdre la foi, au bord du gouffre, seul dans un appartement vide, à l'agonie. Comment pouvait-il lui vivre ainsi, à ses côtés, en l'aimant de loin, désormais? Leurs chemins étaient étroitement liés et pourtant si discontinus que Riley ne savait pas comment gérer la situation et encore moins son coeur qui tambourinait dans sa cage thoracique durant l'entière conversation.

Amour. Futilité. Tout cela ne rimait à rien pour lui, en apparence, il oubliait. Riley, oui, toujours Riley. Il avait vécu presque la moitié de sa vie dans l'ignorance totale de ce qu'était un sentiment. A quoi bon ressentir lorsque toute émotion finissait en souffrance? Aujourd'hui, tout cela lui revenait en pleine figure. Ses émotions étaient décuplées et il ne pouvait pas maîtriser des choses qu'il n'avait jamais connues ou en tout cas pas frôlées ces dernières années. Cette conversation les menait clairement nulle part. Ressasser le sombre passé ne faisait qu'aggraver cette nostalgie destructrice. En cet instant, en regardant dans les yeux si profonds d'Eileen, Riley ne voyait que le reflet de ce passé si aguichant. Il avait la couleur du regret et de la passion. Oui, dix ans auparavant, Riley était persuadé qu'il aimerait toujours Buffalo de la manière la plus pure. Aujourd'hui, il n'avait plus foi en l'amour, plus vraiment en tout cas, le vrai amour. Qu'est ce que l'amour? Une torture de plus dans son monde. Son coeur avait été piétiné de nombreuses fois en très peu de temps: la disparition de son frère, les adieux muets de ses parents, Eileen et Stanley, l'espoir retrouvé lorsque son frère n'avait plus été là, la suite, la vie... La dernière personne que Riley avait aimé était bien Eileen, elle était la dernière personne qu'il avait vu, elle était la seule personne qu'il voyait encore, pour dire vrai. Voilà à quoi ressemblait leur passé, à tous les deux, une succession d'échecs, de mensonges, de malentendus, de la souffrance en série en somme. Depuis elle, Riley n'avait jamais réitéré l'expérience, son coeur ne l'aurait pas supporté. Il s'est contenté d'utiliser les femmes pour espérer être vivant même si c'était mal et il le savait. Il se complaisait dans ce rôle: la solitude, l'indifférence du sexe opposé et pourtant, Eileen était toujours dans son radar, elle le serait toujours, cela le tuait. Encore. Le cuisinier avait toujours senti sa présence, Eileen avait été une ombre derrière lui qu'il s'était empressé d'enfermer au fin fond de son esprit en jetant la clé. Tous ces efforts étaient vains. Dix années de froideur et d'insensibilité rangées au placard en l'espace d'une demie seconde. Il avait suffi d'un regard, d'un sourire et Riley le savait très bien même s'il ne le montrerait pas. Être blessé à nouveau causerait sa perte et plus encore... Pourtant, il était là et il lui parlait, en ayant mal de tout ce qu'il pensait en même temps. Stanley, elle, eux. Le tout tournait au coeur de ses neurones et il ne savait même plus où donner de la tête, c'était douloureux, tuant mais aussi enivrant et quelque part, délicieux. Parce que c'était eux deux et le monde autour. Rien d'autre.

"Sans moi? Je suppose que tu ferais une crise d'hystérie en  te battant avec ta mère alors que ton père et ton frère n'y comprendraient rien... Tu survivrais et très bien, juste différemment." Elle était forte et pour tout cela, Riley ne voyait qu'elle. Eileen, c’était tout ce qu'il rêvait, c'était tout ce que ses yeux voulaient. Elle ne le savait pas et au fond, Riley était satisfait que rien ne soit dévoilé. Ses émotions, c'était son jardin secret. "Mais de rien, c'est toujours un plaisir... Et crois moi, pour une fois. Me contredis pas." Et Riley lui souriait. Il lui offrait son monde du bout des lèvres, à chaque fois. Chaque parole. Chaque mot soufflé. Non, il n'avait besoin de rien, juste qu'elle soit heureuse, peu important les sacrifices qu'il devait opérer pour arriver à son but promis. Eileen ne pourrait probablement jamais comprendre à quel point Riley était tombé dans un précipice d'affection et de générosité la concernant, c'était devenu sa normalité, quelque chose qui ne pourrait plus changer. Il ne s'arrêtait pas de la regarder, sentant sa main, cette proximité qui le faisait souffrir autant qu'elle ne le rendait heureux. C'était le paradoxe de toute une vie: il pouvait l'aimer à l'infini mais la vouloir la plus loin possible pour abroger cette souffrance au fond de son coeur. Il vivait ainsi, Riley, dans le doute et l'incertitude, dans la peur du lendemain et la haine du passé, dans ce qu'il était et ce qu'il rêverait d'être dans le même temps. "Parce que c'était pas vraiment important. Il était temps que le changement vienne de toute façon. C'est qu'un travail, de toute manière." Même s'il avait cru pendant longtemps qu'il ferait sa vie dans la cuisine de ce grand restaurant parisien. Mais sans Eileen, il n'y serait jamais arrivé, c'était aussi quelque chose dont Riley avait conscience, c'était dans son coeur, dans ses pensées, dans son tout. Dans tout ce qu'il ne pouvait pas lui montrer alors qu'elle lui implorait de lui rendre ses cadeaux impromptus. Riley ne voulait rien. Ah si une chose... "Ce que tu peux faire pour me rendre la pareille... C'est sourire. Vraiment sourire et vivre. Être heureuse. C'est tout ce que je veux de toi." Il ne voulait pas faire de longs discours. S'il était là, après avoir traversé un océan, des montagnes de sentiments conflictuels, c'était pour qu'elle soit bien. Pour qu'Eileen soit celle qu'il avait toujours adoré, et quelque part, vénéré. Il ne voulait plus rien d'autre, il pouvait l'aimer de loin, la désirer d'une autre planète, tant qu'elle subsistait avec un sourire spontané sur le visage et un rire cristallin qui s'échappait de sa gorge. Riley n'avait même pas réalisé qu'il avait laissé échapper la vérité suprême. Paris. Buffalo. Buffalo & Paris. Les mots s'étaient échappés de sa gorge sans qu'il n'essaye de les rattraper véritablement. Il laissa le doute planer alors qu'il voyait dans le regard d'Eileen que le constat commençait à la frapper. Peut être qu'elle avait compris, peut être qu'il n'avait pas voulu qu'elle le sache, toutefois. Dans tous les cas, Riley ne dit rien. Il ne bougea pas. A aucun moment son regard ne relâcha celui d'Eileen. Aucun. Pas même lorsqu'il sentit sa deuxième main être prise en étau par la sienne, pas même lorsqu'il la vit s'approcher de lui, encore, encore et puis, oui, encore. Son souffle s'accéléra clairement lorsqu'elle se posta à quelques centimètres de lui. Riley ne dit rien. Toujours rien... Avant que les lèvres d'Eileen ne viennent attaquer les siennes. Il voulut répondre mais ne bougea pas réellement non plus. Le choc, certainement. La peur surtout. La mort dans l'âme toujours. Il ne voulait qu'une chose désormais... Que Paris brûle. Qu'il disparaisse à jamais et ce flot de haine s'étala dans ses pupilles alors qu'il se desserra de l'étreinte de la jeune femme. Est ce que tu es le Paris de ma Buffalo? Oui. Est ce que tu es le Paris de ma Buffalo? Pour toujours, oui. Mais Riley se recula, les sourcils froncés, les yeux embués. Elle ne pouvait pas comprendre avec quelle intensité il l'aimait. A quel point il la voulait... Mais c'était Paris qu'elle voulait. Pas Riley. Et Riley lui ne voulait pas Buffalo, mais Eileen. Toute entière. Celle que Stanley avait détruite et aimé, celle qu'elle avait été ces dix dernières années. Riley avait été Paris oui mais Paris n'était plus Riley et le cuisinier ne voulait pas qu'elle ne le voie que pour cela. Et il l'aimait, oui, il l'aimait. Il s'arrêta à un mètre d'elle, la regardant avec cette intensité particulière. Et finalement, il courut à nouveau vers elle, prit son visage entre ses mains et il lui offrit son âme entre ses lèvres. Sa vie était donnée dans ce baiser. Riley était persuadé que ce serait la seule fois de sa vie qu'il aurait le droit de l'aimer, de la désirer... Avant un adieu. Parce qu'il ne pouvait pas vivre dans l'ombre de Stanley, qu'elle avait aimé, de Paris que son âme innocente aimait encore probablement. Il voulait être aimé pour lui, tout lui et rien d'autre et Eileen n'était pas en mesure de lui donner cela, c'était tout ce qu'il pensait savoir, ce qui n'empêchait pas ses lèvres d'aimer les siennes comme tout son corps ne réclamait qu'elle. Riley se détacha légèrement de ses lèvres, ses mains toujours sur ses joues, lui murmurant. "N'en parle plus, s'il te plait. Oublie le. Paris. Oublie ça. Ne l'aime pas, lui, ou Stanley. Oublie ça. Oublie moi." Il l'aimait tellement qu'il ne pouvait pas faire face à ce qui venait de se passer. Riley attendrait Eileen, toujours, il le savait déjà et son "oublie moi" n'était rien d'autre qu'une promesse d'éternel... Parce qu'il espérait qu'un jour, Eileen finirait par le trouver, prêt à l'aimer, lui, Riley. Et personne d'autre. Mais en attendant, il devait la laisser là, il devait se laisser dériver dans son mal. S'oublier. Justement. Alors, il la lâcha, la regardant encore une demie seconde avant de s'enfuir. Ne regardant pas en arrière, pour ne pas avoir mal. Il la voulait. Tellement. Mais si elle n'était pas prête, il ne pourrait jamais se pardonner. Il la voulait toute entière et ce serait Eileen qui déciderait de la prochaine étape. C'était elle qui avait tous les droits sur son corps alors qu'il s'éloignait, en ne sachant clairement pas où ses jambes le portaient. Ailleurs, oui, mais son coeur, lui, était toujours avec elle, ses lèvres ayant le goût d'elle.
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Someone like you. + Rileen [OVER]

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